Société
19:56 9 janvier 2014 | mise à jour le: 9 janvier 2014 à 19:56 Temps de lecture: 4 minutes

Quel avenir pour le compostage communautaire à Québec ?

Craque-Bitume s’inquiète du devenir de ses activités de compostage communautaire. Alors que la Ville de Québec a diminué de moitié son aide financière en trois ans, l’organisme peine à trouver d’autres sources de financement.

Dès ces débuts en 2003, la population s’est investie dans ce projet de compostage communautaire. Chapeautée par l’organisme Craque-Bitume, cette idée connaît un véritable succès avec actuellement huit sites bien implantés dans les quartiers Saint-Roch, Saint-Sauveur et Limoilou. Un autre site de compostage est présent dans la Haute-Ville, géré par le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste.

«Aujourd’hui, on a une participation qui excède la capacité d’accueil. Nous ne pouvons plus accepter de nouvelles demandes depuis juillet dernier», explique Louis Guillemette, agent de développement en compostage urbain chez Craque-Bitume.

Manque de ressource financière

La philosophie de Craque-Bitume est la cogestion des sites. «Nous demandons aux gens de participer au brassage du compost une fois par saison et aux corvées qui ont lieu deux fois par année, entre autres, parce que la Ville nous appuie peu financièrement», poursuit-il.

Alors que l’organisme était soutenu financièrement par la Ville de Québec, cette dernière avait coupé en décembre 2012 son aide financière pour finalement revenir sur sa décision en janvier 2013.

«En 2011, on recevait au-delà de 40 000 $ d’aide de la Ville. En 2012, elle nous a octroyé une aide de 32 000 $. L’an passé, elle l’a baissée à 20 000 $. En trois ans, on a perdu la moitié de notre financement. Les aides vont crescendo vers le bas alors que la demande augmente. En ce moment, nous avons zéro financement pour toute notre partie valorisation des matières résiduelles, engagement citoyen et sensibilisation. Tout ceci n’est plus reconnu», déplore l’agent de développement.

La Ville de Québec justifie cette réduction par la mise en place de son projet d’usine de biométhanisation. «Pour nous, il ne s’agit pas de favoriser l’un par rapport à l’autre, mais bien d’une approche complémentaire afin de rapprocher des sites de compostage des résidences qui ne seraient pas éligibles aux différentes collectes», explique-t-il.

Des démarches ont également été entreprises en 2012 auprès de Recyc-Québec. «On n’a toujours pas de réponse. Si Recyc-Québec appuierait notre côté sensibilisation et que la Ville continuerait à nous verser une aide pour la gestion des matières résiduelles, ça nous permettrait de répondre à la demande des gens. C’est la responsabilité de la Ville de gérer les matières résiduelles, c’est à la Ville de s’occuper de ça. On pourrait faire payer les participants, mais si c’est aux citoyens de financer le compostage, il me semble que ça va à l’envers. C’est sûr, on a aussi encore l’option de diminuer l’encadrement, mais nous avons déjà coupé un poste l’an passé Pour 2014, on ne sait pas ce qui nous attend», s’inquiète-t-il.

Des projets

Malgré ces incertitudes qu’à l’avenir du compostage communautaire, les membres de Craque-Bitume continuent de garder espoir.

Depuis l’arrêt, en janvier 2013 par la Ville de son projet-pilote de collecte de restes de table auprès de 3 800 résidences de Limoilou, Craque-Bitume constate que la demande pour le compostage communautaire augmente dans ce secteur. Afin de répondre à cette demande, l’organisme souhaiterait ouvrir d’autres sites comme à Maizerets, par exemple et agrandir des sites existants comme celui de l’École de Cirque de Québec.

Craque-Bitume espère trouver, comme l’an passé, de nouveaux partenaires financiers afin de garder ouverts les neuf sites où 500 citoyens de Saint-Jean-Baptiste, Limoilou, de Saint-Roch et de Saint-Sauveur se rendent depuis plusieurs années pour porter leurs restes de table et récupérer du compost gratuitement.

Neuf sites de compostage communautaire

– Limoilou : les sites de compostage sont situés au parc Ferland, à l’École de Cirque de Québec et au parc Cartier-Brébeuf.

– Saint-Sauveur : les bacs de compostage communautaire sont à l’église Saint-Malo, au Patro Laval et à l’église Sacré-Cœur.

– Saint-Roch : les sites de compostage se trouvent à l’îlot fleuri et à l’église de Notre-Dame-de-Jacques-Cartier.

– Haute-Ville : le compostage communautaire se déroule au parc Richelieu.

Avantages du compostage communautaire selon Louis Guillemette

– Participation citoyenne.

– Aucun camionnage puisqu’il se fait uniquement par l’implication des membres.

– Le compost revient aux participants.

– Un compost de meilleure qualité par rapport au compost industriel.

Le Québec Express, membre du Groupe Québec Hebdo

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