Société
13:40 25 juillet 2014 | mise à jour le: 25 juillet 2014 à 13:40 temps de lecture: 4 minutes

Le consulat général de France vend son bâtiment

IMMOBILIER. Le consulat général de France à Québec a mis son bâtiment historique en vente au coût de 3M$. Il occupe la «Maison Kent», l’une des plus anciennes bâtisses de la Ville située au 25, rue Saint-Louis, depuis 1980. Le déménagement pourrait être prévu pour l’été prochain.

Le consulat général souhaite déménager dans des locaux plus modernes. D’après les informations obtenues, il pourrait s’installer dans l’édifice J-A-Tardif situé près de l’hôtel Le Concorde au 500, Grande Allée Est. Il s’agirait d’une location d’espace.

Situé aux abords du château Frontenac, le bâtiment qui abrite le consulat général de France dispose d’une douzaine de stationnements, approximativement 38 pièces dont 24 bureaux, ascenseur. Le revêtement de la toiture date de 2007 et le système de chauffage est récent. Sur le site du promoteur Perry Wong, chargé de la vente, on peut noter que l’édifice est «vendu sans garantie légale aux risques et périls de l’acheteur».

Le bâtiment «où nous sommes aujourd’hui nécessiterait des travaux très importants de sécurisation et de modernisation. Le consulat ne répond plus aux missions d’un consulat général, il est peu fonctionnel et difficile d’accès. L’immeuble dans lequel nous allons nous installer sera plus proche du centre politique et administratif de Québec et il répondra aux normes de sécurité. On va déménager pour le meilleur», confie Yasmine Berthou, attachée de presse au consulat général de France à Québec.

Une vente contestée en France

En France, cette décision est contestée. Frédéric Lefebvre, député des Français vivant en Amérique du Nord, a saisi le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. «La «Maison Kent» fait partie du patrimoine historique du Québec. Il s’agit de l’une des plus anciennes maisons de la ville et je me permets de vous rappeler que c’est en son sein qu’a été signée la capitulation de la ville de Québec aux Britanniques en 1759. Elle est donc emblématique de la relation unique qui unit nos deux peuples. […] Je vous demande […] de renoncer à cette vente», peut-on lire dans son courrier daté du 23 juillet dernier.

Le groupe parlementaire France-Québec à l’Assemblée nationale a également réagi à cette annonce. «Cette maison fait partie du patrimoine historique du Québec. Renoncer à ces locaux chargés d’histoire sera interprété comme un désengagement de la France à l’égard du peuple québécois», rapporte le quotidien français Le Figaro.

De son côté, le consulat général de France à Québec explique que «la commission interministérielle chargée d’émettre un avis sur les opérations immobilières de l’État à l’étranger a émis un avis favorable au principe de la vente des locaux du consulat général à Québec. La vente va se faire», confirme Yasmine Berthou.

Un peu d’histoire

Ce bâtiment historique a été construit en 1648 par Denis Duquet. Appelé la «Maison du Duc de Kent», cet édifice est l’un des plus anciens de Québec et doit son nom au Prince Edward, duc de Kent et père de la reine Victoria, dont elle fut la résidence officielle de 1791 à 1794.

Au fil des années, la maison a eu de nombreux propriétaires dont une trentaine de personnages historiques comme la veuve du gouverneur d’Ailleboust, les Chartier de Lotbinière, Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay, le prince Edward, duc de Kent, Jacob Mountain, Jean-Olivier Perrault, les Juchereau Duchesnay ou les Taschereau.

C’est dans cette bâtisse que Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay, responsable de la défense de la Haute-Ville, a signé la capitulation de Québec après la Bataille des Plaines d’Abraham en septembre 1759.

La maison a été classée monument historique en 1952 par le gouvernement du Québec. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985.

Données techniques

Année de construction: 1648

Dimensions du bâtiment: 10.97 x 23.78 mètres

Superficie habitable: 1 056 mètres carrés

Superficie du terrain: 830.50 mètres carrés

Évaluation (municipale) en 2014 : 2 530 000$

Taxes annuelles : 7 393$

Dépenses annuelles : 24 535$

Le Québec Express, membre du Groupe Québec Hebdo

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