Société
20:53 23 septembre 2013 | mise à jour le: 23 septembre 2013 à 20:53 Temps de lecture: 4 minutes

«Le Centre jeunesse, c’est une deuxième famille» – Marie-Ève

Cédric et Marie-Ève, tous deux 18 ans, ont des rêves et pensent à leur avenir, comme n’importe quel jeune de leur âge. Pourtant, leur enfance a été parsemée d’embuches. L’un comme l’autre, ils ont passé une partie de leur vie dans des centres jeunesse ou des familles d’accueil.

Cédric n’a jamais connu son père. À 8 ans, il est pris en charge par la protection de la jeunesse. «Ma famille vivait des difficultés. Je ne pouvais plus rester avec eux, je ne pouvais plus vivre avec un petit frère autiste et un grand frère qui s’isolait beaucoup», relate le jeune homme.

C’est sa mère qui fera cette demande de prise en charge. Une décision que Cédric a longtemps eu du mal à comprendre et à accepter. «Mes premières années ont été difficiles. Je me demandais pourquoi j’étais là. Au début, j’étais très agressif. Ça m’a pris beaucoup de temps pour me rendre compte que ma mère était une personne qui m’aimait beaucoup pour avoir fait ce qu’elle a fait. Je me suis rendu compte que je m’en sors mieux que mes frères, j’ai eu une bien plus belle enfance qu’eux», raconte-t-il avec nervosité.

Cédric sera placé dès le début dans un foyer de groupe du Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire. Il y trouvera une écoute auprès des différents intervenants. Petit à petit, il a découvert des affinités avec des éducateurs. Il a su surmonter les obstacles et aujourd’hui, il entrevoie l’avenir avec optimisme. «Les éducateurs ont été un substitut à mes parents. Ça ne remplacera jamais de vrais parents, mais ils m’ont appris à avoir confiance en moi. Il m’ont montré que j’étais capable d’évoluer dans la société», confie-t-il.

Majeur, Cédric vit dans son propre appartement dans Saint-Roch. Élève de secondaire 5, il espère poursuivre ses études pour devenir biologiste ou informaticien. «J’ai aujourd’hui tous les outils en main pour bien avancer dans la vie», conclut-il avec un large sourire.

Chaque enfant, une histoire

Chaque signalement rapporté à la Direction de la protection de la jeunesse est un cas à part. Chaque enfant a sa propre histoire, son propre vécu.

Marie-Éve présentait des difficultés relationnelles et comportementales. Elle avait 11 ans lorsqu’elle a été prise en charge par le Centre jeunesse de Québec – Institut universitaire. Ses parents éprouvaient des difficultés à encadrer l’adolescente pour lui permettre de se développer sainement.

Marie-Éve a séjourné en familles d’accueil, en centre de réadaptation et en foyer de groupe. «J’ai essayé de retourner vivre chez mon père, mais j’avais un conflit de loyauté avec ma belle-mère. Ça n’a pas marché. Et du côté de ma mère, il y avait des conflits d’intérêts entre nous deux. On n’était pas capable de s’entendre. Pour moi, c’était mieux de rester au Centre jeunesse», détaille-t-elle.

Marie-Éve a appris à se construire loin de ses parents. «J’en ai beaucoup voulu à mon père parce que je ne comprenais pas pourquoi je ne pouvais pas rester avec lui. Ça m’a pris beaucoup de temps pour comprendre que ce n’était pas qu’il ne m’aimait pas, mais qu’il n’avait pas les moyens de m’aider dans mes problèmes de comportements. Le Centre jeunesse, c’est une deuxième famille. Si je ne l’avais pas eu, je ne saurais pas où je serai aujourd’hui», poursuit la jeune maman d’une petite fille de cinq mois.

Marie-Ève voit encore ses parents, de temps en temps. Dans son appartement de Limoilou, elle poursuit ses études. Actuellement en secondaire 5, elle aspire à devenir infirmière ou éducatrice auprès des jeunes vivants des difficultés.

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Le Québec Express, membre du Groupe Québec Hebdo

Marie-Ève et Cédric ont vécu une enfance difficile. Grâce au centre jeunesse, ils ont su reprendre le dessus et aujourd’hui, ils ont des rêves et des ambitions. 

(Photo Isabelle Le Maléfan)

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