Le Quebec Express
11:47 10 septembre 2021 | mise à jour le: 10 septembre 2021 à 14:36 Temps de lecture: 4 minutes

Garder Le Local ouvert

Garder Le Local ouvert
Photo: Photo Métro Média Perrine Gruson

Depuis décembre 2020, Le Local centre-ville a ouvert ses portes, dans le but d’offrir un lieu sécuritaire aux personnes marginalisées. Il a pris place dans le sous-sol de l’église Saint-Roch, à la place du Rendez-vous centre-ville, anciennement opéré par Lauberivière, fermé au début de la pandémie et créant alors un bris de service. Malgré le succès du lieu, la survie du Local est menacée, faute de financement.

À l’automne passé, le fédéral a octroyé un fonds d’urgence qui a pu servir à la mise en place du Local, un projet dont Geneviève Quinty, directrice générale du PIPQ (Projet intervention prostitution Québec) est l’instigatrice, avec l’appui des organismes du coin. Dès lors, le sous-sol de l’église Saint-Roch a fait peau neuve. Peinture fraîche, table de billard, cuisine accueillante ont fait leur apparition alors que la clientèle vulnérable n’avait plus de lieu où de retrouver dans un contexte sanitaire difficile.

«L’essentiel est dans le contact humain, dans l’accueil et la présence», explique Benoît Le Pape, coordonnateur du Local, qui se veut un lieu d’acceptation à haut seuil de tolérance. Dans le jargon, cela signifie que les personnes intoxiquées ou en psychose y sont accueillies. «Les trois premiers mois ont été difficiles. Il faut pouvoir créer des liens signifiants. Nous, on se colle aux besoins des gens. Si certains veulent dormir, on met des matelas», mentionne M. Le Pape qui met de l’avant que cela est parfois difficile de voir si la personne n’est pas en surdose mais qu’elle a simplement sommeil.

Besoins à long terme

Le Local a pu ouvrir ses portes à Noël passé, presque en même temps que le couvre-feu. «On a construit un avion en plein vol», illustre Geneviève Quinty. Le lieu appartient à tous ceux qui le fréquentent et les gens de la rue aident les intervenants à définir le cadre. «On le voyait venir, qu’il y aurait de tels besoins. On a vu la détérioration du tissu social», précise-t-elle. Même si la pandémie a fait ressortir l’isolement, les problèmes de santé mentale et de toxicomanie, ces enjeux resteront à long terme. «J’aimerais mettre sur pied un comité de pérennisation avec le CIUSSS, la Santé publique, la Ville de Québec», espère la dg. Les deux gestionnaires souhaitent ardemment que le gouvernement provincial participe financièrement au Local. «C’est une responsabilité vis-à-vis de la population itinérante. Le besoin existait avant la pandémie. Ce n’est pas un luxe».

Financement

Le Local devait initialement opérer jusqu’à la mi-juin. Toutefois, sur le plancher, les besoins sont là et vont rester, même si la pandémie s’éloigne peu à peu. Pour poursuivre ses activités en septembre, Le Local avait besoin de 35 000$. Un montant que les subventions fédérales ne peuvent pas égaler.

«Ce qui coûte cher? C’est le staff. Il y a une gestion de climat à faire et ce cadre de gestion nécessite qu’il y ait toujours au moins cinq personnes [intervenants et pair-aidants] sur le plancher», explique Mme Quinty. «Ça prend plus de ressources humaines à la fois, parce qu’il y a toujours une gestion du risque et du climat».

Le personnel n’est pas rémunéré par le CIUSSS, mais bien par l’organisation du Local elle-même. «Le CIUSSS agit comme un bailleur de fonds. Il gère l’argent qui vient du fédéral», explique le coordonnateur.

Vision

Le Local se veut un endroit où, quel que soit l’état de la personne qui arrive, elle est considérée avec humanité. Elle pourra manger et dormir. «C’est un lieu où tu n’es pas stigmatisé». Le Local veut se coller aux besoins formulés par les personnes qui le fréquentent elles-mêmes. «On ne peut pas savoir mieux qu’eux ce qu’ils désirent». Un comité de membres devrait voir bientôt le jour.

Pour participer à la campagne de financement: www.gofundme.com/f/sociofinancement-pour-le-local-centreville

 

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