Le Quebec Express
15:44 6 juillet 2021 | mise à jour le: 6 juillet 2021 à 15:44 Temps de lecture: 4 minutes

Premières parties et 5 à 7 au théâtre

Premières parties et 5 à 7 au théâtre
Photo: /Capture d'écran - Google StreetviewLe théâtre La Bordée proposera de nouvelles formules, même sans abonnement.

Saison. Les théâtres ont vécu de nombreuses difficultés depuis mars 2020. Fermés la grande majorité du temps, ils ont quand même dû se creuser la tête pour offrir quelque chose au public. La Bordée proposera des formules novatrices pour sa programmation à venir, qu’elle espère en présentiel et avec une jauge non réduite. Au menu, 5 à 7 théâtraux et premières parties de spectacles principaux, entre autres.

Un théâtre en pandémie, comment ça garde la tête hors de l’eau? «C’était un peu compliqué, confie Michel Nadeau directeur du La Bordée. Les mesures changeaient à chaque deux ou trois semaines. On s’est d’abord mis comme priorité de préserver les emplois au maximum. On a reporté les spectacles qui ne pouvaient pas avoir lieu et on a offert des captations vidéos».

Préparer la saison 2021-2022 n’a pas été non plus de tout repos pour l’administration du théâtre qui a dû jongler avec toujours une grosse part d’incertitude. «Le plus important c’était de garder le lien avec nos abonnés. On a produit des balados, des lectures publiques, on a été très actifs», explique M. Nadeau.

La vidéo n’est pas l’avenir du théâtre

Est-ce que les captations vidéos sont là pour rester? Oui, pour un moment, selon Michel Nadeau. Pour lui cependant, cela ne représente pas la voie d’avenir du théâtre, qui est un lieu fait de rencontres. Si La Bordée fera des captations de quatre des cinq productions qu’elle produit elle-même, c’est grâce aux aides gouvernementales pour le numérique. «Les séances de tournage, si on veut vraiment les adapter à la vidéo, c’est assez dispendieux», explique-t-il.

S’il affirme que les captations vidéos ne renouvelleront pas le genre, le directeur les considère toutefois comme «pratiques». Pour lui, cette façon de consommer le théâtre à la maison a également permis de rejoindre un nouveau public, comme les familles avec des tout-petits, qui sortent moins le soir.

Nouveautés

Forte de sa volonté d’innover, l’administration du théâtre présente une programmation pleine de nouveautés. La principale? Des 5 à 7 théâtraux, inspirés du concept écossais A play, a pie and a pint, et amenés au Québec grâce au Théâtre de la Manufacture. Ces 5 à 7 proposent une pièce de 45 à 60 minutes avec une consommation et un goûter léger pour la somme de 20$. Pour Michel Nadeau, cette nouvelle formule permettra de rejoindre des travailleurs qui pourront s’offrir une petite sortie en sortant du travail, sans repasser par la maison. «Le but, c’est de créer une habitude. On a aussi un mandat de théâtre populaire. Le théâtre, ce n’est pas nécessairement une grande sortie», explique-t-il.

Également, La Bordée proposera des premières parties, à l’image des courts-métrages diffusés avant le film principal dans les cinémas, de temps à autre ces dernières années. Samuel Corbeil, auteur et metteur en scène du projet, a rencontré des jeunes adultes de 18 à 20 ans afin de les interroger sur la manière dont ils imaginaient le monde en 2070. À partir de ces entretiens, il a écrit cinq courtes scènes de science-fiction d’environ sept minutes qui seront jouées avant chacune des productions par des comédiens et comédiennes d’expérience qui incarneront ces mêmes jeunes adultes dans un futur lointain. «C’est une forme qu’on essaie. On verra si ça fonctionne».

En plus des cinq pièces produites par La Bordée, trois autres seront accueillies, produites par d’autres compagnies.

Pas d’abonnement

En raison de l’incertitude toujours de mise avec la Covid-19, le théâtre n’offrira pas la possibilité de s’abonner. Les abonnés des saisons précédentes pourront toutefois se réclamer du tarif préférentiel à l’achat de billets. Michel Nadeau se dit relativement optimiste quant à l’avenir du théâtre, malgré les embûches des 18 derniers mois. Tester de nouvelles avenues, rejoindre d’autres publics… C’est le lot d’un art à qui on demande sans cesse de se renouveler.

 

 

 

Articles similaires

Commentaires 0

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *