Le Quebec Express
09:10 11 juin 2021 | mise à jour le: 24 mai 2021 à 10:21 temps de lecture: 4 minutes

Entre hommage et renaissance

Entre hommage et renaissance
Photo: Sophie WilliamsL’artiste a particulièrement écouté la musique de Patrick Watson durant son combat.

MUSIQUE. Sophie Williams a dévoilé sa nouvelle chanson Danser sous la Pluie, tiré de son second album qui paraîtra en 2022. L’occasion pour la chanteuse de rendre un délicat hommage à ses amies et de revenir sur sa victoire contre le cancer.

«En mars 2020, au début de la pandémie, j’ai reçu un diagnostic du cancer du sein. Et comme je ne pouvais pas être entourée en chimiothérapie à cause des mesures sanitaires, c’est la musique qui m’a accompagnée», confie-t-elle. Commence alors un long combat contre la maladie dont elle sortira victorieuse. Durant le processus, l’artiste se lie d’amitié avec deux femmes, toutes deux atteintes par le cancer. Elles seront malheureusement emportées par la maladie. Un moment particulièrement éprouvant pour la chanteuse. «Leurs décès m’ont fait aussi mal que l’annonce de ma maladie. Ça a soulevé toutes sortes de questions, qu’est ce qui fait que moi je m’en sors et pas elles ?», s’interroge la résidente de St-Sauveur.

Un constat d’impuissance qu’elle choisit de symboliser en musique. «C’est tellement venu me chercher. J’étais très touchée et en tant qu’artiste, quand je vis des émotions, j’écris et je compose», explique-t-elle. Un exutoire qui aboutira sur la naissance de Danser sous la Pluie, une chanson hommage à ses amies disparues.

Souvenir et révérence

«Mon inspiration pour ce titre vient de Véronique [son amie]. Elle était discrète et s’exprimait au sujet de sa maladie sur une page Facebook privée qui s’appelait Véronique et apprendre à danser sous la pluie. J’ai trouvé ça beau.»

C’est donc un titre teinté de souvenir et d’hommage pour ces deux femmes qui annonce la préparation de son second album. «Ça a été ma façon à moi de garder leur lumière en vie. On me disait tellement que le cancer du sein on s’en sort, c’est vrai, mais, force est de constater que moi j’en ai connu deux pour qui ça n’a pas été le cas», rappelle-t-elle avec émotion. Une complicité et une sororité face à l’épreuve de la maladie qui ont également poussé l’artiste à composer avec «urgence» de la musique.

Les chroniques de Sophie Williams retracent son parcours contre le cancer du sein.

«J’ai appris à prendre le temps de vivre, la pression est redescendue car je m’en suis sortie. J’ai été très chanceuse et je remercie la science. Je suis maintenant en pleine forme pour chanter et faire des vidéo clips.»

La nécessité de créer

«À cette annonce, j’avais une chanson en cours pour mon fils et là je me suis dit si je ne passe pas au travers de mon cancer, il faut absolument que les chansons que j’ai soient vues comme une urgence de créer. Au moins que la chanson que j’ai faite pour mon fils soit enregistrée et qu’elle soit sur l’album pour qu’il puisse y avoir accès», détaille-t-elle.

À travers l’écriture, l’artiste a eu l’occasion de se confier, d’y trouver du réconfort mais aussi d’instaurer une tribune de parole qui lui permettait de se protéger émotionnellement. «La deuxième étape, qui est la plus difficile, c’est d’annoncer la maladie aux proches. Le problème, c’est qu’à chaque annonce, la réaction de la personne en face implique pour soi de revivre le moment. C’était plus facile pour moi de l’écrire.» Attachée aux mots, Sophie Williams a accompagné son parcours de chroniques. Elle souhaiterait dans l’avenir matérialiser ses témoignages pour «en faire quelque chose.»

Accompagnée depuis ses débuts par son ami Benoît Pinette plus connu sous le nom de Tire le coyote, la sortie de son album au nom évocateur, La saison du désordre, est prévu pour janvier 2022.

 

 

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