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16:46 18 novembre 2020 | mise à jour le: 18 novembre 2020 à 16:46 temps de lecture: 4 minutes

Un premier site de consommation supervisée en février dans Saint-Roch

Un premier site de consommation supervisée en février dans Saint-Roch
Photo: /Archives Métro Média

Implantation.  Le CIUSSS de la Capitale-Nationale et la coopérative de santé SABSA pour la clientèle marginalisée ont fait l’annonce d’une prochaine implantation d’un premier Site de consommation supervisée (SCS) dans la Capitale. C’est d’ailleurs dans les locaux actuels de SABSA que prendront place les cinq cubicules prévus pour la consommation supervisée, forçant du même coup la relocalisation de la clinique communautaire.

Le site de consommation supervisée se situera au 60, rue Saint-Vallier Est, dans les locaux actuels de la coopérative de solidarité. «SABSA sera donc relocalisée, toujours dans Saint-Roch au 265, rue de la Couronne», exprime Amélie Bédard, directrice générale de SABSA.

Les employés actuels de SABSA quitteront les lieux à la mi-janvier et il est prévu que l’entrepreneur aménage rapidement les locaux pour que l’ouverture du site de consommation et d’injection se fasse au courant de février 2021.

L’endroit pourra accueillir une quinzaine de consommateurs de drogues dures, répartis dans les cinq cubicules, une aire d’attente et un espace de répit, hors contexte pandémique.

Le CIUSSS dégagera 500 000$ pour l’implantation de l’infrastructure, mais recevra une allocation via le Fonds de lutte aux opioïdes. Six nouveaux employés travailleront au SCS, dont une infirmière, des pair-aidants et des intervenants communautaires.

«Un endroit parfait»

Pour Sébastien Lévesque, représentant de L’ADDICQ (Association pour la défense et l’inclusion des personnes qui consomment des drogues du Québec), le fait que le nouveau site prenne place à la coopérative SABSA ne pouvait mieux tomber. «À mon avis, l’endroit est parfait.  […] C’est déjà un endroit qui est fréquenté par les utilisateurs de drogues, donc c’est déjà connu», fait valoir M. Lévesque.

Il juge qu’il était urgent d’avoir un tel service à Québec. «S’il y a une seule personne qui s’injecte, on a besoin d’un SCS». Pour lui, c’est une excellente nouvelle, puisque cela incitera les consommateurs à avoir une bonne hygiène, et s’injecter de façon sécuritaire. La docteure Anne-Frédérique Lambert-Slythe, spécialiste en maladies infectieuses, est du même avis. Un tel site diminue selon elle les pratiques à risque et garde le contact avec la clientèle qui peut y recevoir des conseils.

M. Lévesque croit que l’achalandage se fera peu à peu, entre autres grâce au bouche-à-oreille et au fait que les organismes comme Point de repère réfèreront les gens à la clinique.

Et l’acceptabilité sociale?

Dès le 3 décembre, une assemblée publique aura lieu afin que les citoyens fassent part de leurs préoccupations. Des rencontres individuelles et des assemblées de voisinage sont également prévues.

Comment fonctionne un site d’injection supervisé

On utilise le terme Site de consommation supervisée plutôt que d’injection supervisée car les consommateurs de drogues pourront s’injecter de la drogue, mais aussi en inhaler. Ces sites s’adressent aux personnes utilisatrices de drogues dures dont les conditions de vie sont précaires (itinérance, dépendance, problème de santé mentale, prostitution de rue). Ce sont celles qui s’injectent le plus fréquemment en public qui sont les plus susceptibles d’être à l’origine des tensions liées à l’occupation des espaces publics et qui sont peu rejointes par les services de santé traditionnels. Ce sont également celles qui présentent le plus de risques de succomber à une surdose, de contracter et de transmettre des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) (VIH, VHC, en particulier), et d’être en état d’intoxication dans les espaces publics.

Le dernier recensement de 2011-2012 estimait environ 900 usagers de drogues dures dans la Capitale. «Bien sûr, cela ne veut pas dire que ces 900 personnes n’ont pas de place sécuritaire pour consommer et iront au SCS», précise cependant Dre Anne-Frédérique Lambert-Slythe.

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