Culture
14:26 2 septembre 2020 | mise à jour le: 2 septembre 2020 à 14:26 temps de lecture: 4 minutes

Christine St-Pierre se confie dans ses mémoires

Christine St-Pierre se confie dans ses mémoires
Photo: (Photo gracieuseté)

INTROSPECTION. Forte d’une impressionnante carrière de journaliste et de femme politique, Christine St-Pierre a décidé de partager avec le grand public sa vie personnelle et professionnelle dans une autobiographie intitulée Ici Christine St-Pierre: de l’école de rang au rang de ministre.

Le décès de sa sœur, morte d’une cirrhose, et la défaite des libéraux aux élections provinciales de 2018 l’ont amenée à faire le point. «Le décès de ma sœur m’a particulièrement ébranlée, puis la perte de pouvoir des libéraux. J’avais un autre vide et un deuil à faire. J’avais aussi plus de temps», relate-t-elle.

Avec cette autobiographie, Christine St-Pierre souhaite montrer qu’«on peut partir de très loin, mais que rien n’est impossible». Pour cette petite fille d’agriculteurs, élevée dans un milieu rural, le succès et même le pouvoir étaient dans les années 1960 des concepts lointains.

Journalisme et politique

Mme St-Pierre a eu une carrière de plus de 30 ans à Radio-Canada, et sa longue feuille de route ferait rêver les étudiants actuels des programmes de journalisme. Elle a été recherchiste, journaliste au judiciaire, correspondante à Washington, entre autres. «Mais ce qui m’a fait le plus grandir, c’est la politique. C’est enivrant, on y vit des montagnes russes, mais surtout de grands moments de bonheur», soutient-elle. Malgré un certain détachement propre au travail de journaliste qui aide à rester près des faits, elle est arrivée en politique avec une vulnérabilité et des maladresses. «La carapace n’était vraiment pas là. Je n’avais pas développé certains réflexes nécessaires. […] Quand vous faites une gaffe, vous mettez toute une équipe dans l’embarras. Ça a été un apprentissage». Parmi les moments qu’elle qualifie de marquants dans sa carrière de femme politique, elle donne comme exemple, la Loi sur le patrimoine culturel, modernisée alors qu’elle était ministre de la Culture et des Communications. «Souvent, le travail pour faire avancer un dossier est très long alors il y a vraiment beaucoup de satisfaction quand cela aboutit», affirme-t-elle.

Une tragédie

Si l’alcoolisme de son père n’est qu’effleuré à quelques reprises dans le livre, on sent que Christine St-Pierre  a trouvé cela très pénible. Lors de l’entrevue, elle raconte que la dépendance à l’alcool est une tragédie qui détruit les familles. Sa sœur décédée en 2018 était d’ailleurs atteinte du même trouble. «À l’époque, on ne comprenait pas que c’était une maladie. Je n’étais pas prête à m’épancher là-dessus, je n’ai pas été capable d’aller plus loin émotivement. Mais c’est quelque chose de marquant pour une famille, ça nous a tous laissé des séquelles énormes», confie-t-elle.

Trouver le ton

Pour écrire, Christine St-Pierre a été aidée par son ami et ancien collègue de Radio-Canada Marc Gilbert. Avant de rédiger son livre, la députée a dû chercher un style et une facture qui lui correspondaient. «Je voulais que le livre soit accessible au grand public», explique-t-elle. Pourquoi? «Très peu de femmes politiques ont écrit sur leur carrière politique. J’espère pouvoir en attirer d’autres et montrer comment ça se passe. J’espère que d’autres trouveront cela inspirant», fait valoir celle qui ne se dit pas prête à prendre sa retraite et qui se souhaite de rester alerte et ouverte sur le monde.

Ici Christine St-Pierre vient de paraître aux Éditions du Septentrion. Christine St-Pierre versera ses droits d’auteur à la Fondation Paul-Gérin Lajoie pour chaque livre vendu.

 

 

 

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