Culture
15:02 17 décembre 2019 | mise à jour le: 17 décembre 2019 à 15:02

Olivier-Elzéar Mathieu, pionnier de l’éducation à l’Université Laval

Olivier-Elzéar Mathieu, pionnier de l’éducation à l’Université Laval
Photo: (Photo gracieuseté)

ÉGLISE. Un historien émérite de l’Université Laval, Jacques Mathieu, vient de sortir une biographie sur la vie d’Olivier-Elzéar Mathieu, avec lequel il n’a aucun lien de parenté. De son enfance dans le Saint-Roch de la fin du 19e siècle à son archevêché à Régina, en passant par ses années en poste à l’Université Laval, la carrière du religieux est racontée en majorité par le biais de sources premières qui reprennent des textes originaux.

L’historien Jacques Mathieu n’a pas eu de difficulté à trouver des sources et des références pour parler du saint homme, puisque sa vie est très documentée. Les sources originales, souvent reprises textuellement sans guillemets «pour mieux préserver l’esprit et le contexte qui ont présidé à l’écriture», donnent parfois une impression étrange puisque c’est le Canadien français de la fin des années 1800 qui y est transcrit.

L’éducation à cœur

Olivier-Elzéar Mathieu naît en 1853 dans Saint-Roch, où se situe la maison familiale. Il étudie au petit séminaire de Québec, comme ses frères, où il est remarqué pour ses bons résultats. Ses études se poursuivent ensuite au grand séminaire. Bachelier en théologie puis professeur de philosophie, il devient recteur de l’Université Laval en 1899. Auparavant préfet des études et ayant sous sa responsabilité plusieurs rôles de gestion, il innove dans plusieurs programmes de formation de l’institution d’enseignement supérieur. Il propose par exemple que l’apprentissage du latin soit reporté en sixième année et recommande un professeur d’arithmétique à toutes les classes supérieures. L’homme d’Église modifie également en profondeur le contenu des cours de philosophie.

En plus des innovations pédagogiques, le recteur de l’université joue un rôle de médiateur lorsque des disputes apparaissent entre membres du personnel.

Expansion des Canadiens français dans les Prairies

Lorsque Olivier-Elzéar Mathieu arrive à Régina en 1911, il est accueilli par 2500 catholiques, qui représentent à peine 1/5e de la ville. Parmi ses plus grandes réalisations dans les Prairies, l’évêque a été à l’initiative de la construction de la nouvelle église-cathédrale catholique de Régina et a consolidé le Collège français de Gravelbourg, ce dont il est très fier. Olivier-Elzéar Mathieu est décédé en 1929 à Régina. Toute sa vie, il a maintenu des relations cordiales avec les autorités politiques, ce qui aura été utile à ses réalisations.

Plongée dans l’histoire

Cette biographie de Jacques Mathieu est un outil précieux pour en apprendre davantage sur l’histoire du religieux, qui a voué sa vie à l’éducation et à l’amélioration des Canadiens français à l’Ouest.

On y apprend les apports du religieux dans diverses sphères, son ouverture et sa tolérance. Les extraits de <@Ri>Le mal social<@$p> et de <@Ri>Un sujet de méditation: la danse et les bals<@$p> sont particulièrement croustillants à lire, montrant à la fois l’ouverture sociale de l’évêque et sa peur du pêché originel. «Tout conspire à tromper les sens : musique énervante, mouvements voluptueux, luxe des décorations, mise indécente des personnes, manières libres, absence de retenue dans le langage», écrit-il.

Le livre de l’historien Jacques Mathieu est publié aux éditions Septentrion. 

 

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