Culture
15:41 2 décembre 2019

La lutte, une histoire de famille

La lutte, une histoire de famille
Photo: (Photo gracieuseté)

CRITIQUE. À la frontière entre réalité et mythe, le documentaire Les derniers vilains place dans l’arène des personnages plus grands que nature et pourtant toujours ancrés dans la vraie vie.

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Les derniers vilains raconte l’histoire de la famille Vachon et ses célèbres lutteurs, Maurice «Mad Dog», Paul «The Butcher», Vivianne et Luna Vachon. Parti de l’histoire de Paul The Butcher, ultime survivant des lutteurs de carrière des Vachon, Thomas Rinfret livre un documentaire épique et rempli d’humanité.

Personnage magnifié et en même temps si ordinaire, Paul Vachon se confie avec pudeur et fierté sur sa vie de lutteur. Ses heures de gloire, notamment avec son frère, ses drames familiaux (mort de sa fille Luna, son rôle de père particulièrement absent) sont montrés. Thomas Rinfret nous transporte dans un Québec à l’aube du nationalisme, dans des salles où le public pouvait se défouler et cracher sur son vilain préféré, tout en partant de l’histoire personnelle de son personnage central: Paul.

Sorte de conte où on est transporté aux confins de la fiction et de la réalité, Les derniers vilains plaira autant aux amateurs de lutte qu’au public moins initié. Le réalisateur réussit d’ailleurs un coup de maître: mêler l’anecdote individuelle et la grande histoire dans un ensemble bien ficelé. Le moment le plus émouvant du documentaire est assurément lorsque le fils de Paul Vachon, André, raconte avec réserve et une douleur qu’il n’arrive pas à dissimuler l’amour qu’il porte à son père malgré son indiscutable absence.

Les derniers vilains c’est aussi ça, un drame familial, puisqu’à cause de sa carrière internationale, Paul Vachon a délaissé sa famille, en écorchant au passage ses enfants.

Le documentaire parle aussi de la vie, de la vieillesse, de la maladie et de la mort. Le célèbre lutteur est à la fois une vedette du corps à corps et comme n’importe quel vieillard anonyme qui porte en lui le fardeau des années qui ont passé, ses joies et ses souvenirs. Il avance le dos courbé à l’aide d’une marchette.

Même avec une carrière à l’international, il reste bien peu de choses à l’humain à la fin de sa vie, à part une valise de souvenirs qui mérite parfois d’être mise à nu.

En quelques mots

-Public: Fans de lutte à l’ancienne. Nostalgiques des heures de gloire de la lutte. Tous ceux qui aiment se faire raconter des histoires.

-Les + : L’humanité montrée derrière le personnage mythique. Les illustrations de Marc Tellier, de style gravures dans le livre qui sert de trame narrative.

Les derniers vilains sortira en salles le 6 décembre.

 

 

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