Culture
15:37 2 décembre 2019

Les heures de gloire de la lutte

Les heures de gloire de la lutte
Photo: (Photo Métro Média - Perrine Gruson)

Documentaire Les derniers vilains

DOCUMENTAIRE. Les derniers vilains plonge le spectateur à une époque où la lutte avait son émission québécoise hebdomadaire de grande écoute et où les lutteurs étaient de véritables mythes. Le réalisateur de Lac-Beauport Thomas Rinfret raconte l’histoire du vilain professionnel Paul «The Butcher» Vachon et de sa famille.

«Ça a été une aventure pour moi de suivre Paul. Ça avait quelque chose de familial», confie Thomas Rinfret, qui a suivi la vedette pendant plus de quatre ans et accumulé plus d’une centaine d’heures de matériel. «Je n’avais aucun scénario avant de tourner. Ça a été énormément d’observation», explique-t-il.

Le réalisateur n’était pas un admirateur de lutte, même s’il connaissait «Mad Dog» de nom. Il croit que c’est ce qui lui a permis de garder une distance nécessaire avec son sujet, même si au fil du temps, Paul Vachon est devenu son ami. «On m’a confié les rênes d’un souvenir commun», résume-t-il à propos du projet.

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Besoin social

La lutte de l’époque avait quelque chose de mythique. «Il y avait quelque chose de nécessaire: la société avait besoin de ses vilains pour se défouler. Ça répondait à un besoin social. On pouvait sortir sa rage», croit M. Rinfret qui identifie les années de gloire de la lutte comme réponse à une montée de la répression.

Le livre comme fil conducteur

«Paul avait écrit des livres en anglais. On voulait pouvoir s’en servir. Alors on a conçu ce livre, qui nous a permis de parler au je, de sauter du coq à l’âne avec les chapitres et d’entrer dans sa vie. […]  Le livre a été un outil pour passer le contenu», indique le réalisateur au sujet du recueil qui s’ouvre pour raconter l’histoire a laquelle on assiste, à la manière d’un conte.

La lutte comme décor

«Dans le film, la lutte est un décor. C’est plutôt une fin de vie à laquelle on assiste. On entre dans celle d’un vieillard. […] C’est une génération qui disparaît, un au revoir à cette période-là. C’était une époque très libre», souligne-t-il.

La fin de la vie parle autant au protagoniste Paul Vachon qui a dit après avoir vu le film: «maintenant je peux mourir», qu’à Thomas Rinfret qui a commencé le tournage sans avoir d’enfants et qui en a maintenant deux.

Rattrapé par le sport

L’ex-athlète de freeski lac-beauportois collaborera bientôt de nouveau avec Annick Charlebois, la scénariste de Les derniers vilains, sur un projet de film qui devrait parler de sport de près ou de loin. «On dirait que le sport me rattrape toujours», conclut-il.

Qui est «Mad Dog» Vachon?

Maurice «Mad Dog» Vachon est le grand frère de Paul Vachon. Il devient lutteur en 1950 au Québec puis en Oregon où on lui donne le surnom de Mad Dog. À cinq reprises, il obtient le titre de champion du monde poids-lourds de l’AWA (American Wrestling Association)  et deux fois champion du monde par équipe de l’AWA d’abord avec son frère Paul Vachon puis avec Verne Gagne. Il met un terme à sa carrière en 1986. Il a été intronisé au Temple de la renommée de la WWE (World Wrestling Entertainment) le 27 mars 2010. Maurice Vachon, atteint de diabète et confiné depuis quelques années à un fauteuil roulant, est décédé le 21 novembre 2013.

 

 

 

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