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15:15 13 juin 2019

Agrile du frêne: nouvelle méthode pour endiguer la progression

Agrile du frêne: nouvelle méthode pour endiguer la progression
Photo: (Photo Métro Média - Perrine Gruson)Les ravages de l'agrile du frêne.
Le parasitoïde se transmettra par le biais de bûchettes infestées.

VERDURE. Un relâchement de parasitoïdes aura lieu mi-juin au Parc du Bois-de-Coulonge dans le cadre d’un projet de recherche sur la lutte à l’agrile du frêne en concertation avec les trois paliers de gouvernement. Si cette approche complémentaire du biopesticide TreeAzin déjà disponible sur le marché prend la forme d’un projet de recherche, elle devrait lutter efficacement pour contrer l’agrile du frêne. C’est du moins ce que démontrent les encourageants résultats d’une recherche similaire menée aux États-Unis.

Originaire d’Asie, ce minuscule insecte du nom scientifique de Tetrastichus Planipennisi va pondre ses œufs directement au travers de l’écorce de l’arbre, dans la larve de l’agrile du frêne. «Il le dévore littéralement de l’intérieur», précise Véronique Martel, chercheure en entomologie. Ce tout petit prédateur qui ressemble à une guêpe est un ennemi naturel de l’agrile du frêne, déjà bien présent sur le continent asiatique puisque l’agrile vient d’Asie lui aussi. Il est inoffensif pour les humains et les animaux.

Méthodologie

Des bûchettes infestées du parasitoïde sont apposées sur les frênes concernés. 1500 femelles seront lâchées au début de l’été et la même opération sera répétée à la fin de l’été.

Comment détecter les arbres où l’agrile est présent? «On installe des pièges tout en haut de la canopée avec des produits olfactifs et de couleur verte, qui attirent spécifiquement l’insecte», indique Robert Lavallée, chercheur scientifique en gestion des ravageurs forestiers.

L’impact de l’initiative se verra au bout de trois ans, pour être sûr que le parasitoïde est bien établi et voir si ça a fonctionné.

Pour le moment, aucun frêne du Parc du Bois-de-Coulonge n’a été abattu. «Ça va être difficile de déterminer la suite. Les moribonds vont être enlevés, ceux qui ont des défauts majeurs dans la structure, par exemple», explique Étienne Casgrain, responsable des espaces verts à la Commission des champs de bataille nationaux.

Facteur limitant

Robert Lavallée montre le piège à agrile.

Si le relâchement de parasitoïdes se fait au Parc du Bois-de-Coulonge, les responsables espèrent que ceux-ci iront envahir le terrain adjacent, les Plaines d’Abraham. Cette méthode de contrôle de l’agrile pourrait se faire ailleurs si des municipalités le demandaient. «On a cependant un facteur limitant : la production du parasitoïde. On produit les femelles ici au Canada mais ça prend du temps et des installations», fait savoir Mme Martel.

«On ne peut pas éradiquer l’agrile mais on veut diminuer sa croissance», a-t-elle rappelé, puisqu’il n’existe effectivement aucun moyen pour se débarrasser de l’agrile adulte.

Le seul conseil à donner à échelle humaine pour prévenir l’infestation est le suivant: «Ne transportez surtout pas de bois de camping. Laissez ça sur place», avertit M. Lavallée en rappelant par-là que l’agrile se déplace par le bois de chauffage.

Quoi faire avec son frêne?

Un frêne qui vous inquiète sur votre terrain? On peut le traiter (sans permis) ou l’abattre (avec délivrance d’un permis sans frais) selon son état.

L’outil de lutte contre l’agrile du frêne actuellement disponible pour la population est le biopesticide TreeAzin. La Ville offre un tarif préférentiel aux résidents touchés. Le produit est injecté dans le tronc et s’attaque aux larves. Répété aux deux ans, il permet de diminuer la population d’agriles et prolonge la vie des frênes de 15 à 20 ans.

Pour toutes les ressources disponibles concernant les frênes résidentiels, consultez le site internet de la Ville de Québec à la page Agrile du frêne ou composez le 311.

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