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17:59 9 janvier 2019

La lutte pour un logement abordable toujours actuelle

La lutte pour un logement abordable toujours actuelle
Photo: (Photo - Deposit Photos)Quebec city rooftops, winter cityscape with snow, in Quebec Province, Canada.

SOCIAL. Dans son livre Lutter pour un toit, l’auteur engagé François Saillant fait le récit de douze luttes sur le logement qui se sont déroulées au Québec de l’après-guerre jusqu’à aujourd’hui.  Le logement abordable est un combat qui n’a pas cessé, à Québec comme ailleurs. Deux de ces batailles ont eu lieu dans le quartier Saint-Jean-Baptiste de Québec, le premier à la fin des années 1970 et le second dans la décennie 2000.

Porte-parole du FRAPRU (Front d’action populaire en réaménagement urbain), François Saillant est à la retraite depuis 2016, ce qui lui a permis de prendre du recul sur les événements. Il a alors pu concrétiser le projet d’écriture des luttes qui lui tiennent à cœur.

«J’ai voulu illustrer une variété de problématiques. Soit ce sont des luttes qui ont marqué leur époque, soit elles revêtent un aspect exemplaire, ou encore elles témoignent d’un projet d’envergure», indique l’auteur.

L’ex porte-parole du FRAPRU croit que les défis sont multiples, encore aujourd’hui. La gentrification des quartiers populaires est un danger réel pour les personnes qui vivent dans des logements abordables. Les hausses de loyer, la diminution de la qualité de vie y sont des conséquences directes. La croissance de la location d’appartements aux touristes (Airbnb) est aussi un enjeu qui risque de dénaturer les quartiers et diminuer l’offre locative.

Pour le militant, la question du logement social ou abordable, que ce soit par les coopératives d’habitation ou par des logements à loyer modéré, doivent échapper à la logique du profit. «Si les autorités se constituent une réserve suffisante de bâtiments réservés au logement social, c’est un filet de sécurité.  Transformer des logements existants en coopérative d’habitation pourrait être une solution. L’ancienne boucherie Bégin [une bâtisse à l’abandon qui aurait dû être démolie en mars dernier pour faire place à des condos], sur la rue Saint-Jean, est un endroit où on pourrait faire du logement social, par exemple», suggère M. Saillant.

À cause de la gentrification des quartiers centraux populaires, les résidents peuvent subir une hausse des loyers.

Personne à l’abri

«La classe moyenne, souvent propriétaire, a tendance à croire que les problèmes de logements sont ceux des autres, donc, pourquoi payer? Je crois qu’ils ont tort. Personne n’est à l’abri de problèmes financiers, d’un divorce, d’une séparation, d’un problème de santé majeur. Le logement abordable est une protection dont tout le monde pourra éventuellement jouir, conclut M. Saillant.

Un pan historique important

Dans son chapitre Saint-Gabriel de force, François Saillant raconte qu’en 1978, le quartier Saint-Jean-Baptiste, à Québec, est le théâtre de plusieurs luttes dont celles contre la démolition de la rue Saint-Gabriel, une opération d’envergure qui visait la démolition de nombreux logements par l’administration municipale.

C’est finalement grâce à l’intervention du ministre fédéral des Travaux public, André Ouellet, qu’une coopérative d’habitation a pu voir le jour.

De la même façon, l’auteur raconte  comment la population du quartier Saint-Jean Baptiste s’est battue contre la démolition de l’îlot Berthelot et va même jusqu’à l’occuper dans le contexte contestataire de l’Après Sommet des Amériques en 2002. Après des mois de lutte, un projet de coopérative d’habitation y est finalement né.

Ces deux événements ont été abondamment relayés par les médias de l’époque et ont fortement marqué l’histoire du Centre-ville et sa population.

Encore aujourd’hui, les problèmes de logement font souvent les manchettes. Citons il y a quelques semaines un combat entre la Ville et un propriétaire qui négligeait l’entretien et la salubrité de son bloc du quartier Vanier, laissant ses occupants dans de mauvaises conditions d’hygiène. La Ville a finalement pu forcer le propriétaire à faire des travaux de réfection.

En 1978, la population du quartier s’était fortement mobilisée pour conserver son droit à un toit.

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