Communaute
13:14 23 octobre 2008 | mise à jour le: 23 octobre 2008 à 13:14 temps de lecture: 4 minutes

Composter en gang

Dans un monde idéal tout le monde composterait chez soi. On éviterait ainsi de promener nos déchets putrescibles sur des centaines de kilomètres simplement pour, en fin de compte, les amener à un site où ils pourront se décomposer. En ville, cet idéal est d’autant plus difficile à réaliser.

Éco-Quartier, une initiative du Centre Jacques-Cartier de Québec est un collectif de jeunes citoyens des quartiers centraux de Québec animés par les enjeux environnementaux. Le collectif s’est donné comme mission de favoriser un engagement du citoyen face à l’environnement.

L’implantation de sites de compostage communautaire dans les quartiers du centre-ville est un exemple d’actions en ce sens de l’organisme.

La meilleure façon de gérer les matières putrescibles serait de les décomposer sans transport. Mais au centre-ville, les parcelles de terrain des résidences sont petites, lorsqu’elles existent, et il n’est pas toujours réaliste d’y aménager un composteur. Huit sites de compostage collectif ont donc été mis sur pied par le collectif dans Saint-Roch, Saint-Sauveur et Limoilou. Pour chaque site, entre 30 et 45 ménages utilisent ces points de dépôt pour les matières putrescibles. Les composteurs sont installés sur des terrains centraux et accessibles, de commissions scolaires, communautés religieuses ou Patros, qui acceptent de les héberger.

Le plus dur: trouver des sites pour les composteurs

«Lorsqu’on approche des organisations pour y implanter un composteur, l’enthousiasme varie énormément d’un endroit à l’autre.

Certaines organisations ne se sentent pas concernées alors que d’autres acceptent immédiatement», relate Marie-Josée Renaud, animatrice-responsable en compostage communautaire.
Pour Fernand Lacombe, curé de 74 ans, responsable de la paroisse Saint-Malo dans Saint-Sauveur, le choix n’a pas été difficile. «Je suis favorable à l’environnement. Les boites sont là depuis près de deux ans et ça ne cause pas de problèmes. D’autres fabriques ont peut-être dit non parce qu’elles n’aiment pas se faire déranger», évalue-t-il.
«Même à la Ville de Québec, au début, on ne nous encourageait pas beaucoup», continue Mathieu Boyd, agent de liaison de l’organisme sur le projet compostage.
La Ville de Québec souhaite portant instaurer la collecte des matières putrescibles sur l’ensemble de son territoire d’ici 2012. Tout compost produit par les citoyens eux-mêmes est de la matière putrescible de moins à récolter pour la Ville. Pour chacun des huit sites, c’est 1,5 tonne de matière qui est détournée du compostage industriel.
«Le compostage industriel sur d’immenses sites n’est pas l’idéal; mais il est nécessaire. Dans l’état actuel des choses, c’est la moins pire des solutions. Il y a par contre toute sorte de mesures qui pourront être prises pour le rendre plus écologique», estime M. Boyd.

Nombreuses initiatives

L’organisme vend aussi des composteurs domestiques (75$) et communautaires (125$) en bois, fabriqués à la main.

Un programme de la Ville de Québec permet de récupérer la moitié de ce montant. Il faut par contre être patient. «Ça peut prendre plusieurs mois avant d’obtenir son remboursement», a pu constater Mme Renaud.
Un groupe d’achat et d’échange de vers pour vermicompostage, un programme de soutien au compostage collectif en coopérative et un jardin collectif comptent parmi d’autres actions mises de l’avant par l’organisme. De nombreuses formations gratuites sur différents thèmes liés à l’environnement et l’alimentation sont également offertes. La prochaine porte sur l’éthique, alimentation et environnement. Elle est prévue mardi prochain aux locaux de l’organisme de Limoilou. Pour plus d’information: http://www.eco-quartier.org.
Dans le cadre de la huitième édition de la Semaine québécoise de réduction des déchets (SQRD), Éco-Quartier tenait «portes ouvertes», mardi dernier, dans ses locaux de la 12e rue à Limoilou.(Québec Hebdo)
Québec Hebdo

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