Communaute
14:00 26 août 2007 | mise à jour le: 26 août 2007 à 14:00 temps de lecture: 4 minutes

Une baie orange aux mille et une vertus

L’argousier, ce petit fruit orange aux propriétés antioxydantes, rempli de vitamine C et bénéfique pour les traitements de la peau gagne à être connu.

C’est pourquoi la Ville de Québec a été l’hôte de la 3e édition du congrès international sur l’argousier, du 12 au 16 août, organisé par l’Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF) de l’Université Laval. Près de 135 experts venant de 12 pays ont participé à ce congrès, afin de discuter des dernières tendances de ce fruit orange.

Originaire du continent européen et de l’Asie, l’argousier aurait été implanté il y a 50 ans par un groupe de mineurs étrangers ayant travaillé dans la région de Malartic, en Abitibi.
«Les mineurs ont laissé des graines, ce qui a donné lieu à un site naturalisé d’argousier. Les dépôts miniers sont propices à la croissance de la plante, indique Martin Trépanier, agronome du Centre de recherche en horticulture de l’Université Laval.

Les plantations commerciales au Québec n’auraient débuté qu’en 1998, suite à l’initiative du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). L’année suivante, un projet de recherche a été mené à l’île d’Orléans. En 2001, l’Association des producteurs d’argousier du Québec a été créée, afin de mieux faire connaître la baie orange.

Mais pour les Européens, les Asiatiques et les Scandinaves, l’argousier n’est pas un secret. Sophie Banville, coordonnatrice des communications à l’Institut des nutraceutiques de l’Université Laval, a commenté: «L’argousier est utilisé depuis des siècles dans les traditions médicales, pour les alcools et autres produits. (…) C’est très bon pour les gens qui ont des problèmes de peau. Il y a des médicaments faits à base d’argousier qui sont utilisés pour traiter les grands brûlés», fait-elle valoir.

Mais c’est l’huile d’argousier qui détient le haut du palmarès; elle aide notamment à la régénération de la peau ainsi qu’au traitement d’affections de peau tels l’eczéma et le psoriasis.

De son côté, M. Trépanier note qu’il n’y a pas d’usine de transformation au Québec pour que le fruit soit modifié en huile. «On fait du démarchage; des recherches ont aussi été faites à l’Université Laval», indique-t-il.

Un autre produit dérivé est l’Armagh’ousier, un alcool pouvant être servi comme apéritif ou digestif, nommé en l’honneur du fruit et de la région qui le transforme en alcool. «Ce ne sera pas pour cette année dans les SAQ; il faut aller le chercher chez le producteur, au domaine Les 3 collines; il peut livrer aussi. C’est vendu en bouteilles de 375 ml et ça doit être servi froid», précise l’agronome.

Industrie au fort potentiel

L’industrie de l’argousier au Québec ne fait actuellement pas de grandes vagues, mais possède un bon potentiel de croissance. «Ce sont les producteurs qui décident de l’implanter. Au Canada, on a la chance d’avoir une bonne capacité technologique. On peut se permettre de développer ça de manière organisée dans toutes les phases de son implantation.»

Rappelons que la baie orange, ayant un goût se rapprochant entre la pomme et l’ananas, ne pousse pas à l’état sauvage.

Près de 45 producteurs de partout au Québec (Matane, Dunham, Normandin, Nicolet, Armagh…) cultivent la baie orange, se déclinant en une quarantaine de variétés. Selon M. Trépanier, les différences à noter sont le moment du mûrissement, le contenu en huile, en sucre, le goût. «Certains fruits sont très acides et ne sont donc pas destinés au marché du frais», précise l’agronome.

On retrouve le fruit notamment dans certains magasins d’aliments naturels.

Plus d’information au http://www.argousier.qc.ca

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