Communaute
11:30 21 octobre 2007 | mise à jour le: 21 octobre 2007 à 11:30 temps de lecture: 4 minutes

La cuve de bois: pour prendre un bon bain à l’ancienne

Par temps venteux ou pluvieux, quoi de mieux qu’un bon bain chaud? La salle de bain est souvent la pièce que l’on tarde à rénover, celle dressée en dernier sur la liste des priorités. Pourtant, au nombre d’heures passées dans ce lieu de relaxation, une petite retouche n’est pas un luxe. D’autant plus qu’une foule d’articles innovateurs sont proposés au consommateur. Vous aimez le bois? Eh bien, en plus du plancher, vous pouvez maintenant songer à y installer une baignoire en bois. Si, si!

Depuis près de deux ans, Jocelyn Belleville fabrique de beaux bains sur pieds tout en bois. Élégance et étanchéité garanties. Après avoir fabriqué des bateaux pendant plus de 15 ans, cet ébéniste de Sainte-Émélie-de-L’Énergie s’est dit que sa technique de fabrication pouvait très bien s’appliquer aux éléments de la salle de bain. «Ça faisait longtemps que j’avais ce rêve», raconte M. Belleville. Il y croyait malgré l’avis sceptique de son entourage. Dans son esprit, la faisabilité ne laissait aucun doute. Une logique de fabrication similaire. «Il faut simplement procéder à l’envers, explique M. Belleville. Pour un bateau, il ne faut pas que l’eau entre, alors que pour le bain, il ne faut pas que l’eau sorte.»

L’ébéniste était convaincu qu’il réussirait à trouver preneur pour des éléments d’une telle beauté. Après tout, la tendance est aux matières naturelles. Un retour aux valeurs sûres? «Je n’ai rien inventé. Les Japonais avaient des bains en bois, il y a de cela plusieurs siècles», rappelle-t-il.

Lorsqu’il fabrique un bain, M. Belleville utilise exactement les mêmes matériaux et produits que pour ses bateaux. Après avoir assemblé les planches de bois, il met une toile de fibre de verre puis une fois mouillée, il y ajoute de l’époxy et ainsi elle devient transparente. Il mettra de huit à dix couches d’époxy, comme pour un bateau. Des couches assez épaisses de façon à cacher la toile pour les premières couches. Ensuite, au fil des couches successives, il sable entre chacune d’elles.

Travailler avec l’époxy demande une attention toute particulière. La température de la pièce ne doit jamais être en bas de 22 degrés et le taux d’humidité ne doit pas monter au-delà de 50 %. Mais Jocelyn Belleville est un homme consciencieux. Pour lui, rien ne peut battre le «west system epoxy» même si le produit se vend quatre fois plus cher que les autres marques. L’économie de temps vaut son pesant d’or quand une création exige une centaine d’heures de travail. Et Jocelyn Belleville travaille seul sans aucun employé pour le seconder.

L’étape de finition s’effectuera de la même manière que pour une carrosserie : application de polyuréthane comme poly (clear). Un procédé qui rend le bain imperméable et très résistant. «Il ne faut pas qu’il y ait le moindre défaut. Il faut qu’il soit glacé comme une vitre. C’est comme si je sauçais le bain dans la vitre», explique l’ébéniste de Sainte-Émélie. Pour l’entretien, aucun problème. Le bain de bois se nettoie exactement comme son cousin d’acrylique.

Styles variés

Jocelyn Belleville propose ses bains en différents modèles. L’un des plus populaires est bien sûr le tonneau avec ses attaches métalliques tel un baril. Dernièrement, l’entrepôt du Bambou, de Montréal, lui a commandé un bain fabriqué avec le bambou pour son salon démonstrateur. Il est donc possible de demander l’essence de bois que l’on désire.

M. Belleville fait aussi des comptoirs de lavabo de même que des douches. Il est parfaitement capable d’adapter le modèle désiré par le client. Dans ce cas, il commandera les portes et fenêtres à la compagnie qui fabrique le même modèle en acrylique qui lui fournira aussi le plan. Avec ses bains, Jocelyn Belleville fait preuve d’originalité. Selon lui, il est le seul au Canada à le faire. Des commandes, il en a plein les bras. Même les grands salons liés à l’habitation ou à la décoration s’intéressent à ses œuvres. Après tout, la fine ébénisterie tient aussi de l’œuvre d’art.
* (Collaboration spéciale Reine Côté)

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