Société
19:23 14 avril 2015 | mise à jour le: 14 avril 2015 à 19:23 temps de lecture: 5 minutes

20e anniversaire du départ des Nordiques: rencontre avec Maurice Filion

SOUVENIRS. 25 mai 1995. C’est officiel: les Nordiques de Québec n’existent plus. L’équipe qui deviendra l’Avalanche du Colorado a été vendue pour 75 M$ américains au groupe Comsat Communication de Washington. C’était il y a 20 ans. Au cours des prochaines semaines, le Beauport Express vous propose une série d’articles à la mémoire de l’équipe.

Personnage incontournable de l’histoire des Nordiques de Québec, Maurice Filion a débuté avec l’équipe comme dépisteur en chef en 1972 après avoir occupé le poste d’entraîneur des Remparts de Québec de la Ligue de hockey junior majeur du Québec pendant les trois années précédentes. Il se retrouve aussi derrière le banc des Nordiques à la suite du départ précipité de Maurice Richard qui quitte son poste après seulement trois jours. Mais la vraie place de Maurice Filion, c’est le poste de directeur-gérant qu’il occupera de 1974 jusqu’en 1990. Rencontre avec cet homme sympathique qui se rappelle plein de souvenirs.

En entrevue à son domicile de Charlesbourg, l’homme de hockey de 83 ans souligne que ses premiers plus beaux moments ont été dans l’Association mondiale de hockey (AMH) au terme de la saison 1976-1977 lorsque l’équipe remporte la Coupe AVCO contre les Jets de Winnipeg au Colisée de Québec, quatre ans seulement après leur entrée.

«Je me rappelle de cela comme si c’était hier. Les supporteurs avaient apporté du vin et du champagne et célébraient notre championnat tous ensemble dans les gradins. C’était la grande fête. C’était formidable. Le gardien Serge Aubry avait réalisé toute une performance devant les filets. Au hockey, les gardiens exceptionnels font les équipes exceptionnelles. Ce sont eux qui donnent le ton au match», affirme M. Filion.

Ses deuxièmes plus beaux souvenirs, il les a vécus dans la Ligue nationale de hockey (LNH) lorsque les Nordiques font un pas de géant en battant les Canadiens de Montréal pour une première fois en séries éliminatoires en 1982 grâce au brio, cette fois, du gardien Daniel Bouchard.

«Daniel a fait des Nordiques de Québec une équipe représentative qui figurait parmi les meilleures de la ligue. Tu ne peux pas gagner une Coupe Stanley avec un gardien ordinaire. C’est un poste clé et on le voit aujourd’hui avec les brillantes performances de Carey Price avec les Canadiens», ajoute M. Filion.

Des joueurs et des ambassadeurs exceptionnels

À savoir quels sont les meilleurs joueurs qui ont porté les couleurs des Nordiques dans l’AMH et la LNH et qui ont été aussi d’excellents ambassadeurs pour le hockey auprès des amateurs, Maurice Filion énumère les noms de Réal Cloutier, Marc Tardif, Michel Goulet, Peter Stastny, Pierre Lacroix, Serge Bernier et Alain Côté.

L’ancien directeur-gérant ne peut toutefois pas passer sous silence le passage du défenseur étoile Jean-Claude Tremblay, acquis des Canadiens de Montréal.

«Jean-Claude a été sans contredit le joueur clé, la pierre d’assise, qui a marqué les débuts de la franchise à Québec. Il avait un talent exceptionnel et du temps de glace comme il le voulait. À cette époque, il pouvait gagner environ 100 000$, soit quatre fois plus que la moyenne des autres joueurs. Ses passes étaient toujours sur la palette et même quand il tenait son bâton d’une seule main personne n’était capable de lui enlever la rondelle».

Les moments les plus difficiles

Maurice Filion a aussi vécu des moments difficiles, notamment, lorsqu’il a échangé le fougueux Dale Hunter à Washington en retour d’un choix de repêchage. «Dale s’était toujours donné à fond autant au Colisée que sur la route, mais il était blessé à un genou et le médecin doutait qu’il puisse revenir avec son plein potentiel. On s’était entendu avec les Capitals pour obtenir Joe Sakic à leur tour de repêchage quand il serait disponible et ça a marché. Une chance pour moi, car sans cela les supporteurs de Québec m’auraient sorti de la ville!», assure l’octogénaire.

Il note aussi un autre dur moment quand il a accepté, à leurs demandes, de se départir de Peter Statsny et de Michel Goulet. «Les Nordiques étaient en période de reconstruction et moins performants. Peter et Michel voulaient gagner une Coupe Stanley, alors je les ai laissés aller. J’ai trouvé les gens de Québec patients à cette époque et c’est désolant pour eux, car tout le travail qui a été fait a été récolté par l’Avalanche du Colorado qui a remporté la Coupe Stanley un an après le départ de Québec».

À propos du retour éventuel d’une équipe de la LNH à Québec dans le nouvel amphithéâtre, M. Filion espère qu’il s’agira d’un club déjà établi, parce que ce sera mieux que de recommencer à zéro.

«Si c’est une équipe de l’expansion, il faudra s’armer de patience, car les premiers pas seront très difficiles et ça prendra plusieurs années pour avoir un club performant».

La semaine dernière: 20e anniversaire du départ des Nordiques: l’histoire d’une passion pour le hockey

La semaine prochaine, les Nordiques toujours payants pour les commerçants.

Groupe Québec Hebdo

 

Articles similaires

Commentaires 0

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *