Société
14:40 2 décembre 2013 | mise à jour le: 2 décembre 2013 à 14:40 temps de lecture: 4 minutes

Le père Noël en mission

Après les Galeries de la Capitale et Benjo, Gilles Dussault est le père Noël de la parade de Québec. Il en a fait du chemin depuis l’époque où il était monteur de structures d’acier un peu partout dans le monde. Un parcours atypique, mais au fond, connaissez-vous un père Noël n’ayant pas une feuille de route singulière?

C’est un concours à la radio il y a près de 17 ans qui a fait naître la fibre du personnage en Gilles Dussault. Le résident de Sainte-Brigitte-de-Laval s’était fait complimenter pour son costume original et sa barbe. Depuis cette époque, elle a blanchi davantage, une bonne chose au bout du compte.

Rencontré quelques jours seulement après que son cortège ait sillonné lentement les rues de la ville, le souvenir est frais en mémoire. Des histoires, il en a. Des livres imposants, remplis de témoignages, le prouvent. Chacune des pages a accueilli une confidence ou un moment marquant vécu par le père Noël alors qu’il officiait notamment chez Benjo. Le rythme laissait le temps aux enfants d’immortaliser à l’encre noire ce face-à-face. «J’étais dans la vitrine avec mes grands livres», se souvient-il.

Maintenant, il est installé tout en haut du char allégorique. Il est la vedette de la Parade des jouets, réservé en dessert, fermant la marche. «Ce n’est pas la même approche, la proximité est bien différente», constate le professionnel du métier. Il participe également à la fête Château de Noël de Rivière-du-Loup en se promenant dans les différents commerces. Justement, une septuagénaire a marqué sa visite à un point tel où il a laissé les musiciens poursuivre et il s’est arrêté pour discuter. La dame en larmes s’apprêtait à vivre son premier Noël sans son défunt mari. «Si on ne prend pas le temps de jaser et écouter, il ne se passe rien», fait-il valoir.

Questionné sur l’effet qu’il a sur les gens, M. Dussault conçoit que la symbolique varie. Pour les enfants, il représente la magie des cadeaux. Quant aux adultes, il signifie davantage un moment de bonheur et d’amour. «C’est de la manière dont j’agis, mon approche», croit celui ayant reçu par le passé le titre médiatique Roi des pères Noël. La clé : prendre le temps, laisser les belles histoires se réaliser. «Si tu savais les problèmes qu’il y a, c’est énorme. Je voudrais bien être millionnaire», lance-t-il en faisant valoir qu’il tenterait d’en régler une bonne partie.

Des rencontres, il peut en énumérer des centaines. Par exemple, il ne peut passer sous silence la miraculée du Lac-Saint-Charles. La petite fille dans le coma s’est éveillée lors du passage du père Noël à son chevet. Ce sont toutes des petites histoires humaines touchantes. Avec plusieurs de ces personnes, il a gardé contact. Il visite beaucoup d’enfants malades afin de leur faire vivre cet entretien magique avec le personnage à l’habit rouge, et ce, même si ce n’est pas Noël. Avec les années, père Noël s’est procuré de nombreux costumes pour s’adapter aux saisons. Il en compte huit dans son sous-sol.

«C’est à l’année, note M. Dussault. Comment dire non?» Comme une mission, il recommence chaque année. La motivation : les précieuses rencontres. Parfois, l’idée de la retraite traverse son esprit. Il faudrait bien qu’il trouve un remplaçant. Puis, une visite auprès d’un enfant malade change ses plans et Gilles Dussault met de côté le projet de ranger ses tenues festives.

Fait inusité: Ce père Noël a une préférence pour les Whippets au chocolat avec son verre de lait.

Pour plus de photos ou lire les autres articles de la série Profession : père Noël allez sur http://www.lejacquecartier.com

Le Jacques-Cartier, membre du Groupe Québec Hebdo

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