Économie
14:25 18 février 2008 | mise à jour le: 18 février 2008 à 14:25 temps de lecture: 3 minutes

Travailler entre ciel et terre

Qui, à part Spiderman, peut bien gagner sa vie suspendu au bout d’une corde du haut des édifices? Au Québec, c’est plutôt rare, mais Franck Le Gleut et Frédéric Audette ont bien l’intention de développer ce marché par l’entremise de leur compagnie, Vertika.

Tout juste de retour de New York où Vertika vient de compléter une installation spectaculaire au Guggenheim Museum, Franck Le Gleut explique en quoi consiste son travail.
«Nous effectuons des travaux sur cordes en hauteur et dans des espaces clos. Cette technique permet d’éviter d’avoir recours à des échafaudages encombrants ou à des nacelles.»

Au Guggenheim Museum, Vertika devait hisser et suspendre neuf automobiles au plafond de la rotonde formant ainsi les étapes de la chute d’une voiture dans le vide. Cette oeuvre de Cai Guo-Qiang est la version verticale d’une installation que l’artiste a présentée à l’Espace Shawinigan du Musée des beaux-arts du Canada en 2006. «Comme la structure ne permettait pas l’utilisation de poulies, on a fait appel à nos services pour installer les voitures.» Suspendus au plafond, les membres de l’équipe ont pu réaliser le travail sans affecter la solidité de la rotonde du musée.

Dans la version plus industrielle de son travail, M. Le Gleut effectue en général des travaux d’inspection et de maintenance. «Vertika est spécialisée dans les secteurs de l’ingénierie lourde, la construction, l’événementiel. Par exemple, dans l’industrie navale, nous effectuons l’inspection aux ultra-sons des ballasts et réservoirs de navires-citernes.»

Les travaux sur cordes, ou rope access, sont très demandées partout dans le monde, mais encore peu connus en Amérique du Nord. Franck Le Gleut, qui compte à son actif plus de 10 000 heures de travail sur cordes, y voit un marché en émergence. «Ici, on utilise encore beaucoup les échafaudages et les nacelles. Nous, ce qu’on dit aux entrepreneurs, c’est d’opter pour notre méthode qui est plus sécuritaire et beaucoup moins coûteuse. Ils sauvent sur la location de l’équipement, le temps de montage et le temps d’intervention. Nous pouvons généralement installer les cordes et les ancrages en seulement une heure.»

Les rénovations qu’a subies le Château Frontenac illustrent bien les avantages de cette technique, selon M. Le Gleut. «Comme les toits du Château ne permettaient pas un accès par le haut, l’entrepreneur a installé une nacelle ancrée par la base face à l’entrée principale, ce qui déparait l’entrée et était bruyant. Notre technique permet l’accès par le haut et, à la fin de la journée, il ne reste aucun équipement visible.»

Si les mentalités sont longues à changer, M. Le Gleut et son partenaire croient que l’idée fait son chemin auprès des ingénieurs. «Lorsqu’on leur présente la différence de coûts, ça devient plus facile de les persuader.»

Avec un pied-à-terre à Québec et un autre à Montréal, la compagnie Vertika devrait suspendre de plus en plus de travailleurs entre ciel et terre.

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