Économie
11:25 10 août 2008 | mise à jour le: 10 août 2008 à 11:25 Temps de lecture: 4 minutes

Vers une cinquième génération chez Canots Légaré

Le terme entreprise familiale prend tout son sens chez Canots Légaré qui fête cette année ses 100 ans d’existence. Jean Légaré prépare lentement mais sûrement la cinquième génération à prendre la relève de la petite cabane à canots qui est devenue une véritable institution dans la région.

De la petite cabane à canots qu’Anna Reid avait fait construire en 1908 pour entreposer les canots des résidents de Château-d’Eau au centre spécialisé en sports de pagaye qu’est devenu Canots Légaré, il en a coulé de l’eau dans la Saint-Charles.

Quand William Légaré prend la relève de sa belle-mère, Mme Reid, il ajoute à la location de canots à l’entreposage en acquérant une cinquantaine de canots. Son fils, Henri, double la flotte lorsqu’il prend la relève de son père et commence à vendre des canots aidé de son fils Jean.

C’est ce dernier qui transformera Canots Légaré en l’entreprise dynamique et innovante qu’elle est maintenant devenue. «Au début des années 90, mon père n’avait plus le goût de s’occuper de l’entreprise et d’ailleurs, il n’en restait plus grand-chose. Qu’une vingtaine de canots usés à la corde et un édifice en tout aussi mauvais état, raconte Jean Légaré. J’avais le choix de fermer boutique ou de tout rebâtir. Tant qu’à faire, j’ai continué.»

Il rachète donc quelques canots, fait des rénovations et peu à peu, Canots Légaré devient une référence dans le domaine des sports de pagaye au Québec. «Ça m’a redonné la piqûre de reprendre l’entreprise. Je me suis souvenu de mon enfance.»

C’est alors que se pose l’un des choix les plus difficiles qu’a eu à prendre Jean Légaré. «À l’époque, j’étais aussi propriétaire d’une imprimerie. Alors que les affaires progressaient rapidement avec Canots Légaré, c’était de plus en plus difficile avec l’imprimerie. J’ai décidé de vendre et de me concentrer sur les canots.»

Jean Légaré qualifie cette décision de meilleur coup de sa vie «avec celle de me marier», ajoute-t-il en riant. Il souligne avec fierté qu’il est la première génération de Légaré à vivre de ce commerce à l’année longue. «En cinq ans, le chiffre d’affaires de Canots Légaré a rattrapé celui de mon imprimerie. D’ailleurs en une seule journée, nous faisons le même chiffre qu’en une saison complète lorsque j’ai repris l’entreprise. Pour couronner le tout, je travaille à longueur de semaine avec des gens souriants et des filles en bikini!»

Le dilemme du transfert intergénérationnel

Dans quelques années, ce sera au tour des enfants de Jean Légaré de prendre la relève. Déjà, Jean-William, Benjamin et Gabrielle s’intéressent au commerce et y travaillent régulièrement.

«J’aimerais bien leur transmettre tout ça, confirme-t-il. Ils croient au potentiel de l’entreprise. Par contre, le transfert est difficile en raison du coût d’achat. D’un côté, je ne veux pas étouffer mes enfants avec le coût d’acquisition, et de l’autre, il ne faut pas que je démolisse mon fonds de pension.»

Ce dilemme est vécu par nombre d’entreprises familiales québécoises. Parmi les diverses façons d’aborder ce problème, Jean Légaré a choisi de transformer son entreprise en fiducie familiale. Ainsi, les revenus de l’entreprise peuvent être fractionnés entre les bénéficiaires selon des modalités déterminées à l’avance. De cette façon, on peut éviter l’endettement occasionné par l’achat de l’entreprise par les enfants, sans priver le propriétaire de la valeur de son bien.

Que des produits québécois ou presque

Canots Légaré offre la location, la vente et la réparation de canots et de kayaks en eaux calmes. S’ajoutent la vente de l’équipement et le développement et la commercialisation de sièges de canots d’eau vive et des stabilisateurs Duo-Flo.

«Nous n’offrons que des produits québécois ou canadiens, précise Jean Légaré. Les Québécois sont les meilleurs au monde en sports de pagaye, alors pourquoi acheter de l’équipement étranger? On a amplement de quoi flotter ici!»

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