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21:15 26 avril 2018 | mise à jour le: 26 avril 2018 à 21:15 temps de lecture: 3 minutes

Aide fédérale de 1,45M$ au projet de rétablissement de l’anguille

Le Conseil de la Nation huronne-wendat obtient une aide financière de 1,45 M$, répartie sur cinq ans, pour rétablir l’habitat de l’anguille d’Amérique dans plusieurs bassins versants se jetant dans le Saint-Laurent.

Konrad Sioui expliquant l’importance de l’anguille au député fédéral Joël Lightbound.

Photo TC Media – Alain Couillard

Le projet, qui cible particulièrement 29 bassins versants au Québec, inclut ceux de la Jacques-Cartier, Cap-Rouge et Saint-Charles, est sous la gouverne du Bureau du Nionwentsïo (BN) de Wendake. Pour le Grand chef Konrad Sioui, ce rétablissement revêt un caractère ancestral majeur, «l’anguille a toujours été une partie prenante de notre mode de vie, de notre alimentation et de notre respect. Aujourd’hui, on célèbre une chose importante, ce sont les Hurons-wendat qui ramènent l’anguille.»

Le biologiste et directeur du BN, Louis Lesage, a dénoncé la construction de barrages et la modification de l’habitat du poisson. Il rappelle que la population d’anguille du haut Saint-Laurent et du lac Ontario a diminué d’environ 97% de ce qu’elle était dans les années 80. «L’objectif du projet à long terme est de l’augmenter dans le bassin hydrographique du Saint-Laurent incluant l’estuaire et le golfe. Son succès repose sur l’engagement de nos partenaires envers le rétablissement de cette espèce en péril. Nous les remercions pour leur appui.»

L’anthropologue, Jean-François Richard, précise que parmi toutes les richesses telles l’agriculture, la chasse, la pêche, le trappage et la récolte des végétaux sauvages, l’anguille a toujours figuré au premier plan, «ce que confirme certains récits des missionnaires Jésuites et du Récollet, Gabriel Saguard, dans les années 1620.» Une fois adulte, elle n’a pas de prédateur à l’exception du béluga qui en fait son met de choix.

Il raconte que certains récits des jésuites, dans les années 1640, mentionnaient que près de 100 000 anguilles pouvaient être capturées par année, dans le Saint-Laurent, soit par harpon, par filet ou à la ligne. «Ce que les Français ont nommé la Pointe à Puiseau, au 17e siècle, fut sans contredit le lieu de pêche à l’anguille le plus fréquenté par les Hurons-wendat près de la mission des Jésuites de Sillery et au pied de la chute de la rivière Akiawenrahk (Saint-Charles).»

Aide financière fédérale

Pour le député de Louis-Hébert à la Chambre des communes et Secrétaire parlementaire du ministre des Finances, Joël Lightbound, le plan de protection des océans du gouvernement fédéral, l’accès des anguilles d’Amérique et de ses habitats de croissance et d’alimentation a été considérablement réduit depuis les années 1950. Avec une durée de vie de 20 ans, elle se déplace sur des milliers de kilomètres, de la mer des Sargasses, vers nos cours d’eau et nos rivières avant de retourner à la mer.»

Cette installation permet à l’anguille de contourner un barrage ou un obstacle sans une intervention humaine.

Photo gracieuseté – Philippe Berthiaume

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