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20:30 12 juin 2008 | mise à jour le: 12 juin 2008 à 20:30 temps de lecture: 5 minutes

Vol avec les Snowbirds : inoubliable!

Moi qui croyais pratiquer le plus beau métier du monde, j’ai perdu mes illusions cette semaine dans le ciel de Québec. En quelques instants, dès que le Snowbird à bord duquel j’étais embarqué eût rejoint la formation de neuf appareils, j’ai compris que le capitaine Denis Beaumont, mon pilote, exerçait un métier exceptionnel. Jouer dans la Ligue nationale de hockey? Être pilote de Formule Un? C’est bien… Mais gagner sa vie à faire de la haute voltige à bord d’un CT 114 Tutor, c’est mieux!

À quelques jours du Spectacle aérien international de Québec, une poignée de chanceux journalistes ont pu s’envoler à bord des appareils des différentes formations invitées. C’est avec les Snowbirds que j’ai eu la joie de vivre cette expérience hors du commun.

Bien que les appareils utilisés par les Snowbirds, des CT 114 Tutor, soient moins puissants que les F-18 ou les F-16 américains, on doit tout de même s’assurer que les règles de sécurité sont respectées. J’ai donc commencé ma journée avec un cours complet sur les manoeuvres d’éjection et de sortie rapide du cockpit.

Sous les bons soins du caporal Guy Palin, technicien d’équipement de survie, j’ai répété les gestes à suivre: oxygen 1-2-3, lap belt, laniard, QRB, left shoulder, up ! Rien à voir avec la ceinture de ma voiture! D’ailleurs, un pilote des Thunderbirds n’a pu s’envoler avec les Snowbirds, puisque pendant ces procédures, il a tiré sur la mauvaise sangle et mis son équipement hors service…

Ensuite, un examen médical, un lunch rapide, la remise de l’équipement et finalement, le breffage, où j’ai été désigné pour monter à bord de l’appareil numéro 5 du capitaine Denis Beaumont, originaire de Loretteville. Celui-ci en est à sa troisième et dernière année avec les Snowbirds et s’occupe de l’entraînement des nouveaux pilotes.

Une vingtaine de minutes plus tard, je me retrouve bien harnaché à mon siège à quelques instants de réaliser un rêve de jeunesse. Le capitaine Beaumont prend place à mes côtés et, après avoir complété les manoeuvres d’usage, me demande si je suis nerveux. Non! Impatient, excité, fébrile décriraient mieux mon état.

Sur la piste, le capitaine Beaumont me prévient de ne pas m’attendre à être écrasé dans mon siège au décollage. Le Tutor n’a pas besoin de mettre toute la gomme pour s’envoler. En fait, ma poussée d’adrénaline quand l’avion quitte le sol est sûrement supérieure à celle du réacteur. C’est lorsque notre appareil met les gaz pour rejoindre la formation que je ressens véritablement mes premiers G. Au cours du vol, nous atteindrons environ 3 G, suffisamment pour que mon dos ait l’impression, dans la soirée, d’avoir déménagé un ou deux pianos.

Pas de looping ou de tonneau pendant les 30 minutes du vol, mais suffisamment de figures pour apprécier pleinement l’habileté des pilotes et entrevoir les possibilités qu’offre ce type d’appareil. Car, il faut le souligner, les Tutor des Snowbirds permettent d’effectuer un réel ballet aérien, très différent de ce que les avions plus puissants présentent.

Si je dois retenir une seule chose de cette expérience, c’est à quel point les neuf appareils volent près l’un de l’autre et combien les manoeuvres de chaque pilote sont synchronisées. Le Tutor du capitaine Beaumont occupe la position à la pointe arrière du <@Ri>Big Diamond<@$>, la formation classique des Snowbirds. Ainsi, je vois devant moi tous les avions. La queue de l’appareil juste devant le nôtre s’approche à quelques pieds de notre cockpit, tandis que les ailes de ceux qui nous entourent sont aussi près.

Au moindre commandement du leader, les appareils obéissent immédiatement en parfaite coordination.

Pas si parfaite aux yeux d’un expert cependant, puisque le capitaine Beaumont me fait remarquer que le numéro 9 a un peu tardé dans sa manoeuvre. Il s’attend à ce que le pilote le souligne lui-même lors du debriefing. Cette précision des gestes est cruciale, non seulement pour la qualité du spectacle, mais aussi pour la sécurité des pilotes.

Alors que nous effectuons des figures plus audacieuses au-dessus du fleuve à la hauteur de Saint-Jean-Port-Joli, le leader donne l’ordre de rentrer à l’aéroport. Un gros orage arrive rapidement du nord-ouest et il semble que ce ne soit pas la meilleure des idées que de voler quand des éclairs tombent. Les enseignements du caporal Palin n’auront heureusement pas à être mis en pratique.

De retour au hangar, les pilotes viennent tour à tour saluer leurs invités et s’enquérir de notre appréciation du vol. Malgré les milliers d’heures de vol que chacun compte à son actif, ils semblent tous aussi heureux que moi de cette demi-heure passée dans le ciel de Québec. Quelle belle façon de gagner sa vie!

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