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14:00 30 novembre 2007 | mise à jour le: 30 novembre 2007 à 14:00 Temps de lecture: 4 minutes

Le premier ministre russe rencontre Charest et Harper pour discuter d’énergie

Le premier ministre russe, Viktor Zubkov, était de passage à Ottawa cette semaine où il a rencontré les premiers ministres Stephen Harper et Jean Charest. La question de l’approvisionnement en gaz naturel des deux éventuels ports méthaniers du Québec devait y être abordée.

La société russe Gazprom, premier exploitant et exportateur mondial de gaz naturel, pourrait bien se laisser séduire par la possibilité d’accéder au marché nord-américain via le Québec.

La société, sous contrôle étroit du Kremlin, envisage l’exploitation prochaine des réserves gazières de la péninsule du Yamal et du gisement Chtokman dans la mer de Barents. Ces deux territoires renferment certains des plus grands gisements de gaz naturel du monde.

Outre la possibilité d’écouler tout ce gaz en Europe via des gazoducs, le marché nord-américain est potentiellement très attrayant pour Gazprom.

La visite du premier ministre russe à Ottawa cette semaine n’est pas étrangère à ces projets. Selon l’agence de presse russe RIA Novosti, le but de ce voyage est d’améliorer les relations commerciales entre les deux pays et de discuter précisément des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) russe en Amérique du Nord.

Sans vouloir élaborer sur ce qui pourrait filtrer de ces rencontres, Gaz Métro, partenaire dans Rabaska, fait confiance aux premiers ministres pour faire valoir son projet. «Le gouvernement du Québec a déjà donné son aval à notre projet et on peut imaginer qu’il est sensible à notre cause, indique Frédéric Krikorian, porte-parole chez Gaz Métro. De notre côté, on s’assure toujours que les interlocuteurs soient bien informés et puissent porter nos intérêts lors de telles rencontres.» Un représentant de Rabaska était d’ailleurs présent lors de la rencontre entre M. Charest et M. Zubkov.

Rabaska fait déjà la cour au géant russe du gaz naturel Gazprom pour assurer son approvisionnement en GNL. Martin Imbleau, vice-président au développement, à l’approvisionnement gazier et au transport chez Gaz Métro, partenaire dans Rabaska, déclarait à l’agence Reuters en marge d’une conférence à Moscou que «Gazprom pourrait devenir un partenaire important dans Rabaska.»

L’un des arguments que M. Imbleau a fait valoir à Gazprom est que Rabaska représente une alternative moins coûteuse que les États-Unis, car moins loin, pour avoir accès au marché nord-américain.

Le gaz russe n’est toutefois pas l’unique possibilité envisagée par Rabaska. «Nous sommes en discussions avec différents partenaires, affirme M. Krikorian. Les Russes ne sont pas les seuls.»

Les relations d’affaires avec Gazprom restent d’ailleurs soumises aux aléas politiques en Russie. Des géants comme Shell l’ont appris à leurs dépends dans les dernières années et ont dû, sous la pression du Kremlin, réduire leur participation dans d’importants projets d’exploitation pétrolière au profit de Gazprom.

Cacouna également dans la course

Cette visite du premier ministre Zubkov pourrait aussi contribuer à la conclusion d’un partenariat entre Pétro-Canada et Gazprom concernant l’implantation d’une usine de GNL sur les bords de la mer Baltique près de Saint-Pétersbourg.

Gazprom détiendrait 51% des parts dans ce projet de 3,5 G$ qui devrait produire annuellement 5M de tonnes de GNL dès 2013. Advenant un accord, Pétro-Canada pourrait compter sur ce gaz pour approvisionner le port méthanier de Gros-Cacouna et son usine de regazéification d’une capacité de 3,6M de tonnes par année.

Une décision devrait être prise par Gazprom d’ici quelques semaines et c’est pourquoi Pétro-Canada fonde beaucoup d’espoirs sur la rencontre de cette semaine à Ottawa.
À l’occasion d’une conférence sur l’énergie tenue récemment à Moscou, Graham Lyon, vice-président au développement international chez Pétro-Canada, s’est dit prêt à toute éventualité.
«Si nous pouvons compter sur ces 3,6M de tonnes, nous serons très heureux, a-t-il commenté. Par contre, si ce projet ne voit pas le jour, Pétro-Canada est déjà en négociations avec d’autres partenaires éventuels, dont Woodside Energy en Australie.»

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