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20:27 27 février 2009 | mise à jour le: 27 février 2009 à 20:27 Temps de lecture: 5 minutes

Un dernier salut avant l’Afghanistan

Environ 2000 militaires étaient réunis, ce matin, pour un dernier grand rassemblement avant le déploiement des troupes de Valcartier en Afghanistan, qui se fera de la mi-mars à la fin avril. La mission s’étalera sur sept mois, le retour étant prévu pour octobre.

Au total, c’est 2750 Canadiens qui prennent part à cette mission, dont 1640 sont basés à Valcartier. Parmi eux, la caporale Delisle partira pour la première fois en territoire afghan. La jeune femme appréhende ce périple avec des sentiments partagés entre la joie et la peur. «J’ai hâte, parce que ça fait 10 mois qu’on s’entraîne pour cette mission. En même temps, il y a des craintes, parce qu’on va se retrouver en condition précaire. Ce n’est pas un terrain de jeu, fait-elle remarquer. Mais en même temps, c’est [cette crainte] qui va nous garder sur le qui-vive.»

Le but de la mission demeure toujours d’enseigner aux militaires afghans «ce qu’on connaît», comme l’indique la caporale, afin qu’ils deviennent indépendants. C’est de leur montrer à pêcher, au lieu de leur donner du poisson, comme dit le proverbe.

Il peut sembler difficile de faire cet exercice, car les afghans parlent rarement anglais, la langue utilisée dans le cadre de la mission. Des traducteurs sont donc là pour faciliter les échanges entre les troupes étrangères et l’armée afghane.

Les soldats ont d’ailleurs reçu des formations sur la culture afghane. «C’est un choc culturel et les habitudes ne sont pas les mêmes. Par exemple, si on se donne rendez-vous, on aurait l’habitude d’arriver un peu avant l’heure prévue. Eux, ils arrivent quand ils sont prêts et il est bien possible qu’ils ne soient pas là à l’heure.»

La caporale Delisle arbore le béret rouge, un signe qui l’identifie à la police militaire. Leur objectif en sol afghan sera de s’occuper des détenus et de faire du mentorat pour la police afghane, une police qui ne ressemble pas beaucoup à la police civile qu’on connaît au Québec, puisque très proche de l’armée.

Le plus dangereux, dans cette mission, c’est certainement les déplacements. Car les bombes artisanales et mines antipersonnelles jonchent les routes dans le but de faire le plus de dommage aux militaires étrangers. «De front, ce n’est pas un danger, car ils savent qu’on est plus forts qu’eux», d’indiquer la caporale, confiante. Ils s’en prennent plutôt aux véhicules, car les soldats deviennent ainsi plus vulnérables face aux attaques ennemies.

Son de cloche semblable pour le bombardier chef Bernier, de l’artillerie. Lui aussi a bien hâte de partir pour cette mission, qui suit un entraînement d’un an. «Ceux qui reviennent nous donnent beaucoup d’informations, mais la crainte de l’inconnu demeure quand même», souligne-t-il. Toutefois, les nouveaux véhicules 16 tonnes qui attendent les militaires à leur arrivée en Afghanistan et qui les mèneront vers leur lieu de travail pour les mois à venir rendent confiant le militaire. Comme il a confiance en son matériel, il peut mieux se concentrer sur d’autres éléments de la mission que le transport, un moment crucial et risqué.

Son rôle sera de donner un appui aux attaques d’infanteries par des forces indirectes comme l’éclairage du ciel, le lancement de fumigènes ou d’explosifs. Des tirs qui peuvent être très prêts des troupes basées aux premières lignes. «On s’est exercé en Alberta avec de vrais obus, avec des gars à l’avant. Ça tombe à une centaine de mètres d’eux, et ils peuvent donc voir l’effet réel des tirs.» En Afghanistan, les hommes à l’avant s’assurent aussi que les tirs des artilleurs soient précis et qu’on évite les dommages collatéraux.

Pour les familles, le départ est un moment parfois douloureux, et l’incertitude s’installe. Les soldats dépêchés au Moyen-Orient ont toutefois accès à Internet, ce qui facilite la communication avec les proches. Le Centre de la famille de la base de Valcartier aide aussi les familles à surmonter quelque problème que ce soit, le temps que le père – ou la mère – ne revienne.

Sur place lors du rassemblement, la ministre Josée Verner, qui est allée deux fois en Afghanistan, a témoigné du travail d’équipe qui se fait sur place, tout en indiquant que nous pouvons tous en être fiers.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a invité les gens à ne pas écouter les antimilitaristes. «Vous allez combattre des barbares qui ferment des écoles, qui détruisent des vies, qui avilissent des femmes, a-t-il rappelé. Nos concitoyens vous considèrent comme des braves.»

Les militaires arriveront donc, dans quelques semaines, à Kandahar, le territoire où sont déployés tous les militaires canadiens.

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