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20:53 15 octobre 2009 | mise à jour le: 15 octobre 2009 à 20:53 temps de lecture: 3 minutes

Un tout autre combat

«Je vais marcher à nouveau un jour. Peut-être avec une canne, mais je vais le faire», affirme avec conviction le sergent Patrick Bédard, soigné à l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ) depuis son rapatriement de l’Afghanistan.

La vie du militaire du 12e régiment blindé du Canada basé à Valcartier a complètement basculé le 13 avril dernier. Alors qu’il effectuait une mission canadienne en terre afghane, Patrick Bédard a subi d’importantes blessures lorsque le véhicule dans lequel il prenait place a roulé sur un engin explosif. Depuis, il a subi de nombreuses chirurgies à la hanche et à la jambe droite, en plus de suivre un traitement de réadaptation. Un cheminement ardu et complexe, exigeant une patience soutenue de la part des soldats blessés. «Au départ, mes orteils bougeaient à peine, mais depuis quelques jours, je marche à nouveau lors de mes exercices. Le personnel nous donne des défis et nous pousse pour que l’on réussisse. Les progrès sont incroyables», se réjouit le militaire et père de deux enfants.

L’IRDPQ, constitue un passage obligé pour les soldats de Valcartier blessés gravement. Depuis 2008, le Programme de réadaptation physique des Forces canadiennes est en place afin de fournir un service national standardisé aux militaires blessés. Sept bases canadiennes ont été jumelées à un centre spécialisé. À Valcartier, par exemple, une entente de partenariat a été conclue avec l’IRDPQ dans le but d’accorder des soins de niche. L’objectif principal du plan est de permettre aux bénéficiaires de retrouver le plus rapidement leurs capacités physiques antérieures et si possible, le métier qu’ils exerçaient avant l’accident.

Plus de 150 membres des Forces canadiennes ont bénéficié des services à l’échelle nationale depuis le début du conflit en Afghanistan en 2003, dont une vingtaine à Québec. De ce nombre, une infime partie retournera au combat, selon le lieutenant-colonel Markus Besemann, citant les statistiques américaines. Seulement 2,8% des soldats américains blessés sont de nouveau actifs et 12% retournent à d’autres occupations. Une situation qu’accepte le militaire Patrick Bédard. «Je dois mettre une croix sur plusieurs activités que j’aimais, comme le jogging. Je ne pense pas retourner au travail pour l’instant. Je me concentre uniquement sur mes exercices de réadaptation», explique-t-il.

Le commandant Étienne Aubé, blessé en juillet alors qu’il marchait sur un engin improvisé lors d’une mission dans la province de Kandahar, vit une situation semblable. L’homme de 28 ans, amputé partiellement à la jambe et en attente d’une prothèse, avoue que certaines étapes ont été plus difficiles que d’autres. «L’aide que les spécialistes nous apportent à l’institut, nous motive. J’ai bon espoir de retrouver ma forme physique», affirme le commandant Aubé.

Comparativement à la clientèle civile régulière du centre, les spécialistes ont observé que les patients provenant du milieu militaire démontrent une ténacité et une condition physique supérieure. «Les militaires sont jeunes et en forme, ils récupèrent plus rapidement», témoigne une physiothérapeute attitrée au programme des personnes amputées, Andrée Tremblay. La plupart du temps, les membres des forces dépassent les attentes des experts. «Les soldats au centre ont même une motivation pour les civils qu’ils côtoient lors des ateliers de réhabilitation», conclut le médecin-chef à Valcartier, major Serge Blier.

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