Le Jacques-Cartier
14:32 1 octobre 2019

Jeux Invictus 2020 – Revivre après un traumatisme

Jeux Invictus 2020 – Revivre après un traumatisme
Une partie de l’équipe canadienne à l'entraînement. (Photo Métro Média – Alain Couillard)

COMPÉTITIONS. Un total de 32 militaires à la retraite, provenant de plusieurs provinces canadiennes, ont participé récemment au 1er camp d’entraînement d’Équipe Canada au centre sportif de Valcartier en prévision des Jeux Invictus 2020 qui se dérouleront à La Haye, aux Pays-Bas du 9 au 16 mai. Les 500 athlètes représentant 19 nations ont tous la particularité d’avoir été libérés de l’armée pour divers traumatismes, qu’ils soient physiques, psychologiques ou à la suite d’une maladie pendant leur service.

La sergente à la retraite Nadia Duranleau veut dépasser ses limites physiques. (Photo Métro Média – Alain Couillard)

Quittant l’armée volontairement en 2011 à la suite d’une opération à la colonne vertébrale un an plus tôt, l’ex-sergente Nadia Duranleau voyait d’un très mauvais oeil se retirer pour raison médicale. Elle a commencé sa carrière comme cuisinière au 5e Bataillon de service mécanisé du Canada à la base militaire de Valcartier en 1990, pour ensuite remplir d’autres fonctions. Être choisie pour aller à ces jeux lui a redonné un but dans la vie. Sans détour, elle avoue que sa participation aux programmes de Soutien par les pairs et Sans limite, proposés aux militaires, lui ont sauvé la vie au sens littéraire du mot.

«Depuis 2011, à part travailler et m’occuper de mes enfants, je n’avais aucun conditionnement physique. Côté nutrition, c’était vraiment le laisser aller. J’étais une alcoolique alors le mélange de tout ça ne donnait pas un très beau produit.»
-Nadia Duranleau

Joe Kiraly s’occupe des communications de l’équipe canadienne (Photo Métro Média – Alain Couillard)

«J’étais une fille qui fonctionnait beaucoup avec des défis. C’est ce que ça me prenait pour me lever le matin. Depuis ma retraite, j’étais plus confortable assise sur mon sofa à prendre ma bouteille de vin tous les soirs et à regarder les autres.» Sobre depuis le 15 septembre 2018, sa remise en forme a débuté en novembre dernier, mais plus intensivement il y a à peine six mois. Ne se croyant pas en mesure physiquement de participer à ces jeux, elle a quand même tenté le coup. «Je vis constamment de la douleur chronique. Maintenant, je la comprends et je la contrôle assez bien. J’étais rendue au bout de mon processus de réhabilitation et il me manquait quelque chose pour compléter tout ça.»

Toutes les personnes intéressées au programme Invictus ont été informées en mai si elles étaient retenues ou non au sein de l’équipe canadienne pour représenter l’une des 10 disciplines de ces jeux. «À partir du moment où j’ai reçu ma lettre de confirmation jusqu’à aujourd’hui, je ne suis toujours pas descendue de mon nuage. Je suis gagnante à chaque petite étape que je réussis et je ne me permets pas de faire deux pas en arrière pour retourner d’où je viens.»

Inscrite en natation, l’ex-militaire a profité de cette 1re semaine d’entraînement en équipe pour déterminer si elle allait privilégier la nage sur le dos. «Je participe également à la compétition de rames. Au lieu de regarder ça avec des visières, je veux essayer toutes les disciplines en natation. J’ai eu assez de pression dans ma vie et je m’en mets le moins possible.» Elle est également membre de l’équipe de basketball en fauteuil roulant canadienne.

Les Jeux Invictus

Les conseils d’un entraîneur sont toujours appréciés (Photo Métro Média – Alain Couillard)

Initiés en 2014 par le prince Harry, à la suite de son expérience en Afghanistan, cette compétition multisports est réservée aux soldats et vétérans de guerre blessés et handicapés. Inspirés des Jeux paralympiques, ils tirent leur nom du poème Invictus de William Ernest Henley. «Il a reconnu l’importance d’utiliser le sport pour aider les militaires durant leur convalescente», commente l’ex-marine Joe Kiraly, gestionnaire des communications de l’équipe canadienne.

Les premiers jeux ont lieu à Londres en 2014 en utilisant notamment les sites des Jeux paralympiques d’été de 2012. Les autres se sont déroulés à Orlando en 2016, à Toronto en 2017 et en Australie l’an dernier. Joe Kiraly, ajoute que l’équipe canadienne aura des représentants dans les disciplines suivantes: le tir à l’arc, l’athlétisme, le cyclisme, l’aviron intérieur, la dynamophilie, le volleyball assis, la natation, le basketball en fauteuil roulant et le rugby en fauteuil roulant.

Une partie de l’équipe canadienne qui participera aux Jeux Invictus. (Photo Métro Média – Alain Couillard)

Commentaires 0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *