Communaute
13:00 20 juin 2018 | mise à jour le: 20 juin 2018 à 13:00 temps de lecture: 4 minutes

Les Filles du Roy mises à l’honneur

Le centre Aux Trois Couvents de Château-Richer a procédé au dévoilement d’une plaque commémorative, le 10 juin, rappelant l’histoire des 23 Filles du Roy qui se sont établies ou ont été de passage sur la Côte-de-Beaupré entre 1663 et 1673.

Les bénévoles de l’association personnifiant chacune une Fille du Roy.

Photo Métro Média – Alain Couillard

«Château-Richer fait partie du berceau de l’Amérique et fut le premier village de la côte. Nous trouvions pertinent d’y afficher cette plaque», soutient Sylvie Asselin, initiatrice de ce projet et membre de la Société d’Histoire des Filles du Roy (SHFR). Elle rappelle d’ailleurs que ces femmes représentent une période importante de la naissance de la Nouvelle-France et qu’elles sont à l’origine du développement de la Côte-de-Beaupré.

Sylvie Asselin, responsable de l’événement commémoratif, et Irène Belleau, présidente de la Société d’Histoire des Filles du Roy.

Photo Métro Média – Alain Couillard

«Mon ancêtre matrilinéaire, Marguerite Hyardin, est arrivée en 1665 et elle a épousé Nicolas Verieul (famille Veilleux). Elle s’est installée ensuite à Sainte-Anne-du-Petit-Cap, d’où mon attachement pour la côte, (aujourd’hui, cette terre fait partie de Beaupré).» Le couple a eu 9 enfants et 54 petits enfants.

Ces filles à marier, reconnues aujourd’hui comme des Mères de la Nation, arrivaient avec une dot royale, sous la gouverne de Louis XIV afin d’aider à peupler la colonie qui était en déclin à cette époque. Environ 761 filles, arrivées à Québec de 1663 à 1673, ont donné naissance à 4359 enfants.

«Bien qu’elles soient passées sous silence trop souvent dans l’histoire, notre mandat est d’en trouver d’autres et de les faire connaître au grand public. Il faut rappeler leur contribution à bâtir le pays car elles sont les mères de nos grands-mères.» Mme Asselin confie que ce projet touche tout autant la communauté de la Côte-de-Beaupré puisque plusieurs familles souches découlent de la région. «Les gens se reconnaissent dans leur racine profonde et recherchent souvent à marcher sur la terre de leurs ancêtres.»

Sylvie Asselin personnifie Marguerite Hyardin

Photo Métro Média – Alain Couillard

Rappel historique

Danielle Pinsonneault, l’une des fondatrices de la SHFR, forme aujourd’hui les femmes intéressées à personnifier une Fille du Roy et à raconter sa vie. «Elles suivent des cours un samedi par mois, de janvier à juin. Chacune d’elles fabrique son costume à partir de croquis de l’époque. Elles apprennent le parcourt de leur vie et pourquoi elles ont quitté la France.»

La formatrice rappelle que la véritable colonisation ne s’amorcera qu’en 1634 avec l’arrivée de plusieurs familles ayant répondu à l’invitation de Robert Giffard pour venir s’établir dans la Seigneurie de Beauport. Mme Pinsonneault raconte que la première traversée, en 1663, qui amena à Québec une trentaine de Filles du Roy, a duré quatre mois. Beaucoup de passagers sont décédés pendant cette traversée à cause de diverses maladies et du scorbut.

«Elles étaient maigres et sales à leur arrivée. Plusieurs avaient les joues creuses et elles portaient toutes le même linge depuis le départ. En 1663, on retrouve de 6 à 14 hommes pour une femme, selon le lieu. Ces filles, qui étaient prises en charge par les Ursulines, parvenaient à se marier entre un et quatre mois après leur arrivée en Nouvelle-France.

Sans union, les hommes n’avaient pas droit à la concession d’une terre en bois d’boutte à défricher. Cette promesse était pourtant alléchante, car elle leur permettait de devenir un habitant, un titre fort enviable à l’époque, ce qui était impossible en France pour des gens du commun.

Un poster rappelle l’importance de ces femmes oubliées par l’Histoire.

Photo Métro Média – Alain Couillard

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