Communaute
21:00 19 février 2015 | mise à jour le: 19 février 2015 à 21:00 Temps de lecture: 3 minutes

Un Saint-Ferréolais et un Orléanais à l’origine d’un quartier d’exception

PATRIMOINE. La rue du Petit-Champlain à Québec a été nommée la rue la plus remarquable du Canada en 2014. Mais sans le travail de l’architecte Jacques de Blois, qui a longtemps résidé à Saint-Ferréol-les-Neiges, et de l’homme d’affaires Gérard Paris, résident de l’Île d’Orléans, un tel titre aurait été bien difficile à obtenir.

Rencontrée à son logement à Beaupré, la femme de M. de Blois, Claudette de Blois, raconte que son mari et son partenaire, tous les deux décédés, ont entrepris la revitalisation du secteur en 1976, en faisant l’acquisition d’un édifice appartenant à Perfection Corset. «Le quartier à l’époque était délabré, certains endroits étaient insalubres», se souvient Mme de Blois.

Les deux partenaires ont ensuite acquis d’autres bâtiments dans le secteur au fil des années pour les rénover. «La plupart des bâtiments étaient inoccupés à l’époque. Quand il y avait des gens, ils quittaient le temps des travaux pour revenir s’y établir à la fin», indique Mme de Blois.

Chaque édifice réservait son lot de surprises, pas toutes agréables. La femme de l’architecte se souvient d’un bâtiment tellement insalubre que les travailleurs en sortaient le cœur au bord des lèvres alors que les passants prenaient soin de prendre leur distance par rapport à cet endroit.

Certaines découvertes avaient de quoi étonner, comme les mâts de bateaux qui servaient de soutien au plancher d’une maison, témoins du passé de l’industrie maritime du secteur.

Patrimoine

Plusieurs constructions étaient couvertes d’un parement de briques, qui, une fois enlevé, révélait une façade avec fenêtres et portes en bois que MM de Blois et Paris ont entrepris de rénover. Et comme ce genre de travaux a son prix, les deux ont mis la main à la pâte plus souvent qu’à leur tour.

L’ampleur de la tâche était importante. D’autant plus que certaines résidences, construites à même le sol, n’avaient aucune fondation, nécessitant le coulage de béton. «Il n’y avait pas deux endroits pareils. Ils avaient beaucoup d’imagination», indique Mme de Blois.

En 1983, le quartier compte une trentaine de logements, une cinquantaine de boutiques et d’ateliers aménagés et occupés, six cafés et restaurants. La résidente de Beaupré se souvient particulièrement de la vie qui animait l’endroit. «C’était un endroit vivant, avec de la marmaille partout. Plusieurs artisans étaient musiciens, alors on sortait de grandes tables, les gens amenaient quelques choses qu’ils avaient dans leur frigo et c’était la fête jusqu’aux petites heures», raconte Mme de Blois, qui avoue ne plus reconnaître cette ambiance familiale sur la rue du Petit-Champlain. Son mari et elle ont quitté le quartier en 1988 pour s’établir à Saint-Ferréol-les-Neiges.

Plaque commémorative

Une plaque de bronze sera apposée au 75, rue du Petit-Champlain, où a vécu la famille de Blois, pour rendre hommage à Jacques de Blois et Gérard Paris. Une façon pour la ville de saluer l’audace et l’engagement de ces deux hommes à l’origine du quartier Petit-Champlain.

Quartier Petit-Champlain

1985

Fondation de la coopérative des artisans et commerçants

27

Immeubles dont sont collectivement propriétaires les membres de la coopérative

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