Société
22:00 2 février 2016 | mise à jour le: 2 février 2016 à 22:00 temps de lecture: 4 minutes

La confiturerie Tigidou continue de pousser

DESTINATION. Dans un décor figé dans le temps – et dans le froid de l’hiver – Vincent Paris nous ouvre la porte de la confiturerie Tigidou, mise sur pause pour l’hiver, un lieu un peu mythique que sa conjointe Catherine Trudel et lui ont acquis depuis déjà trois ans, et qui continuent de croître.

Depuis leur ouverture, le couple de sorciers de l’Île d’Orléans ont trouvé leur niche dans la confection de concoctions aux saveurs de l’île. Les deux insulaires d’origine, de retour à leur terre natale après plusieurs années d’exil, se spécialisent dans l’élaboration de confitures fraîches, produites à l’aide des récoltes de petits fruits des villages environnants. «On tente d’être les premiers produits de transformation avec l’appellation Savoir-Faire Île d’Orléans, raconte le propriétaire des lieux, Vincent Paris. On a devancé avec une appellation d’origine certifiée Île d’Orléans.»

La formule est simple pour le couple de passionnés: des fruits cueillis la journée même, du sucre de canne biologique, du citron frais et des herbes et épices récoltées à même le jardin, et dont les effets quasi médicinaux produisent un réconfort immédiat. «J’ai un chef cuisinier qui m’avait dit un jour que pour faire la meilleure recette, ça prenait d’abord les meilleurs ingrédients, raconte Vincent Paris. C’est ce qu’on s’efforce de reproduire ici.»

Nouveaux volets à l’entreprise

Désormais bien enracinée dans sa terre, au haut de sa grande butte donnant sur le chemin royal, la confiturerie verra un nouveau volet s’ajouter à son offre de services dès cet été: un espace café où les visiteurs pourront déguster les confitures accompagnées de croissant, de fromage ou même de crème glacée. «On avait plusieurs visiteurs qui nous disaient qu’ils auraient aimé pouvoir rester plus longtemps, rapporte Vincent Paris. On va aménager l’intérieur et la cour extérieure pour leur permettre de s’installer où bon leur semble.» Les plans sont prêts, il ne reste plus qu’à trouver les investisseurs qui vont embarquer avec eux dans le projet.

Plusieurs idées de produits trottent toujours dans la tête de ces deux sorciers. Vincent Paris pense notamment à des produits distillés qui peuvent être réalisés avec des petits fruits de l’île d’Orléans. «On pense entre autres à un genre de porto aux framboises, explique-t-il. On voudrait aussi aller vers des sirops qui pourraient être ajoutés à des cocktails.» Le désormais célèbre bar à confitures, ainsi que l’écomusée et les chambres à louer sont quant à eux toujours en opération.

Des sorciers, vraiment?

Depuis des lunes, on appelle les natifs de l’Île d’Orléans des Sorciers, raconte Vincent Paris. «Il y a plusieurs histoires qui mènent à cette appellation, relate-t-il. Pour nous, c’est surtout en rapport avec ce qu’on peut faire avec les herbes et les épices qui poussent dans notre jardin. On travaille avec plusieurs plantes appelées à tort des « mauvaises herbes ».» Bardane et laiteron, aussi connus sous le nom de toque et pissenlit, font partie du menu.

D’autres histoires se cachent encore derrière la grange que ce sont procurée le couple. «C’était la terre d’un médecin, qui la céda à l’époux de sa fille, raconte l’Insulaire. Celui-ci transforma la grange pour en faire une résidence de retraite pour la Société des Chevaliers de Saint-François-d’Assise. Ces hommes partaient en toge dans les champs pour aller prier à une petite église qu’ils s’étaient construite dans une grotte. Ça l’a marqué l’imaginaire des fermiers aux alentours!»

 

Québec Hebdo

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