Société
14:04 1 mai 2015 | mise à jour le: 1 mai 2015 à 14:04 temps de lecture: 5 minutes

Carrière à Saint-Tite-des-Caps: levée de boucliers

CARRIÈRE. Une séance d’information a eu lieu hier soir à Saint-Tite-des-Caps pour expliquer à la population où en était rendu les démarches pour tenter de mettre fin ou de déplacer la carrière de granit en cours d’aménagement dans le TNO de Sault-Au-Cochon, une occasion pour les citoyens de faire part de leur opposition et de leur indignation face à ce projet.

Une centaine de personnes ont pris part à cette rencontre lors de laquelle le préfet de la MRC, Jean-Luc Fortin, le maire de Saint-Tite-des-Caps, Majella Pichette, et la députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Caroline Simard, ont fait le point. Les Entreprises Jacques Dufour et Fils ont débuté les travaux pour une carrière de granit de 25 hectares qui serait située à environ 1,5 km du lac Saint-Tite et 2 km du Sentier des Caps. Des travaux de déboisement ont débuté la semaine dernière pour l’aménagement du chemin devant relier la carrière à une route privée, qui elle débouche sur la 138.

Retour en arrière. Les Entreprises Jacques Dufour et Fils ont obtenu leur permis en 2013 pour cette carrière de pierres. Suite à l’épisode du Cap-Brûlé il y a 10 ans, une soustraction minière avait été établie sur la Côte-de-Beaupré de façon à ce qu’aucune nouvelle carrière ne puisse être aménagée tout en permettant à celles déjà présentes de poursuivre leurs activités. Cette soustraction comportait cependant une exception: un territoire se trouvant autour d’une carrière de sable déjà existante dans le TNO de Sault-Au-Cochon. C’est pour cet endroit que les Entreprises Jacques Dufour et Fils ont obtenu leur permis en remplissant tous les critères exigés.

Opposition

Autant les politiciens de la région que les citoyens sont toutefois opposés à ce projet. «Je n’ai rencontré personne qui était en faveur», a fait valoir Mme Simard. Des démarches sont donc en cours pour faire cesser les travaux. Depuis 2013, le ministre des Ressources naturelles a le pouvoir de révoquer un bail. Mais pour ce faire, il doit avoir un dépôt de documents faisant la démonstration d’un intérêt régional. Raison pour laquelle la MRC a entamé les procédures pour créer dans le secteur un parc régional.

M. Fortin indique toutefois que les démarches pour remplir les documents et faire le dépôt officiel, qui impliquent plusieurs ministères, peuvent prendre jusqu’à deux mois. Et comme l’entrepreneur dispose de tous les permis nécessaires, rien ne l’empêche de poursuivre les travaux entre-temps. La suite des démarches pour la création en bonne et due forme d’un parc régional peut quant à elle prendre des années.

Il sera possible de révoquer le bail si le ministre le décide suite au dépôt de ces documents, mais il faudra alors que l’entrepreneur soit dédommagé ou relocalisé. M. Fortin fait remarquer que les évaluations pour le dédommagement qui sera octroyé à l’entrepreneur pour le dossier du Cap-Brûlé sont encore en cours et qu’il est question de plusieurs millions de dollars.

Pour ce qui est de la relocalisation, Mme Simard indique que les terrains publics sont très rares dans le secteur. Elle avait donc demandé l’été dernier à la municipalité de Saint-Tite-des-Caps d’identifier des terrains privés susceptibles d’accueillir une telle carrière. Aucun terrain n’a toutefois été ciblé.

La MRC a proposé aux Entreprises Jacques Dufour et Fils de relocaliser leur carrière plus à l’est, tout près de la frontière de la MRC de Charlevoix. Ce dernier est revenu avec une contre-proposition située plus vers le sud de l’emplacement actuel, donc plus près du Sentier des Caps et sur une portion du territoire assujetti à la soustraction minière de surcroît.

«Il y a des avenues envisagées, mais il est minuit moins une. C’est malheureux qu’on ait attendu qu’ils arrivent avant d’en arriver là. Il n’y a pas de solution facile et immédiate», déplore Mme Simard, qui indique avoir posé des dizaines d’actions dans ce dossier depuis son entrée en fonction.

Levée de boucliers

Plusieurs citoyens ont empressé les élus présents de multiplier les actions pour que les travaux cessent le plus rapidement possible, eux qui sont notamment inquiets pour le bruit, la circulation et les dommages à l’environnement. «La population est contre, les politiciens sont contre, les gens du secteur du récréotourisme et de l’environnement sont contre. Ils ne prennent pas en considération les gens», a déclaré une citoyenne au sujet de l’entrepreneur.

Un autre citoyen a remis en question l’éthique de l’entrepreneur, qui a débuté les travaux en sachant que des démarches étaient en cours pour déplacer cette carrière. «Des discussions sont en cours et pendant ce temps, il coupe la forêt jour et nuit. […] Il n’y a pas juste la légalité, il y a la morale aussi», a-t-il souligné.

Les politiciens poursuivent leurs actions afin de trouver une solution à court terme pendant que les démarches pour la création d’un parc régional sont toujours en cours.

Estimant que ses propos avaient été trop partiellement rapportés par L’Autre Voix lors d’une entrevue réalisée l’année dernière, Guillaume Dufour, des Entreprises Jacques Dufour et Fils, a préféré ne pas commenter.

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