Société
21:49 29 avril 2015 | mise à jour le: 29 avril 2015 à 21:49 temps de lecture: 4 minutes

Le devoir de mémoire de William Webb

HISTOIRE. Passionné d’histoire, William Webb est parti sur les traces de son arrière-grand-père qui a participé au débarquement de Normandie en 1944. Réalisé dans le cadre du programme d’éducation internationale à l’école Saint-Jean-Eudes, ce projet lui a permis de prendre la pleine mesure de l’engagement des Canadiens dans la Seconde Guerre mondiale.

Pendant plus d’une heure, William Webb vous racontera la campagne de Normandie du North Shore Regiment (Nouveau-Brunswick) dont David Webb faisait partie. Le débarquement sur la plage de Saint-Aubin-sur-Mer, les Canadiens prenant presque par surprise les Allemands qui les attendaient ailleurs. La lente et difficile marche de l’armée pour libérer les villes et villages de l’occupation nazie. Pour son arrière-grand-père, la mission s’arrêtera dans le coin de Fontaine-La-Seuray, sur l’explosion d’une mine dont il sera le seul survivant.

Au fil de son récit documenté dans un journal de bord, le jeune homme de l’Île d’Orléans interpellera à l’occasion son père pour un détail à préciser. Il y a un an, ni William ni Andrew Webb n’en connaissaient beaucoup sur la Deuxième Guerre. Maintenant, ils vous parlent sans peine de stratégies, armes, inventions et aberrations sur et en-dehors des champs de bataille.

Sur le terrain

«C’est plus une reconstruction qu’une transmission», dira le père qui n’a pas connu son grand-père David, décédé avant sa naissance. Du reste, l’ancien volontaire n’était pas bavard sur sa vie dans les tranchées, que William et Andrew ont donc reconstituée à partir de moult lectures. La visite sur le terrain leur a permis de mettre des images sur des mots. Certes, certains lieux sont devenus méconnaissables en raison notamment du développement touristique, mais le champ de bataille se laissait encore saisir sur des routes de campagne, où des bunkers intacts agissent d’ailleurs comme témoins du passé.

William n’en revient toujours pas: «Les Allemands avaient la vue sur les Canadiens à des kilomètres de distance, bien avant qu’on commence même à penser à tirer», signale-t-il en montrant les photos de grandes plaines nues qu’il a découvertes en chemin. Comment ont-ils alors réussi à vaincre l’ennemi? «La stratégie, la chance… On était des combattants», répond-il avec conviction.

Un pèlerinage riche en rencontres

Roger et Raymonde étaient d’ailleurs là pour le lui rappeler. Ils avaient 14 ans lorsque leur village, Mesnils-Patry, a été libéré par le régiment de David Webb. Aujourd’hui âgés de 92 ans, ils n’ont pas oublié. «Leur vie est consacrée à remercier les Canadiens», confirme William qui parle de ces «deux personnages» avec effusion. Son père et lui étaient les premiers représentants du North Shore Regiment à croiser leur route, et ils ont été reçus comme de raison dans leur «vieille ferme normande typique» où plusieurs Canadiens sont passés.

À William, ils ont remis une assiette conçue en 1994 pour commémorer les 50 ans de la libération de Mesnils-Patry. Le jeune homme a maintenant comme mission de se rendre au Nouveau-Brunswick pour en faire don au North Shore Regiment.

En décidant de suivre les traces de son arrière-grand-père, William ne s’imaginait pas jusqu’où son projet d’école le mènerait. Après une entrevue dans un média local français et une autre à Radio-Canada, le finissant de Saint-Jean-Eudes se réjouit de pouvoir parler d’Histoire à un plus grand nombre de gens possible.

Souvenirs de Normandie – William Webb

– «Roger et Raymonde. C’est des personnages. À 92 ans, ils sont super actifs.»

– «Le nombre de bunkers intacts répandus ici et là. On en a vu quatre dans des champs de fermiers.»

– «La géographie des lieux, les plaines, les vallées…: les Allemands avaient l’avantage lorsqu’on s’est fait rentrer dedans.»

Membre du Groupe Québec Hebdo

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