Société
00:00 6 août 2013 | mise à jour le: 6 août 2013 à 00:00 Temps de lecture: 3 minutes

Lac-Mégantic: des pompiers de Boischatel en première ligne

Constatant l’ampleur de la tragédie à Lac-Mégantic, des pompiers du Service des incendies de Boischatel sont allés prêter main-forte bénévolement pour participer à l’extinction et aux recherches.

Jean-Michel Corriveau, Simon Rochefort, Jean-François Grenier, Sylvain Lachance, Nicolas Gilbert, Frédérick Garneau, Maxime Forcier et Étienne Duschesne ont tous pris part aux opérations les jours suivant le déraillement. En apprenant la nouvelle, Maxime Forcier et Nicolas Gilbert ont pris la décision de partir sur-le-champ. Ils sont arrivés à Lac-Mégantic le dimanche, alors que le déraillement avait eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi. «Nous sommes partis sur un coup de tête. On s’est dit go, on y va, on va offrir notre aide à la caserne là-bas», explique M. Forcier.

Le capitaine Jean-François Grenier a ensuite contacté le chef des pompiers à Lac-Mégantic pour offrir une équipe complète avec un officier. Ils sont arrivés sur les lieux le mardi pour participer aux recherches au Musi-Café, un endroit où plusieurs personnes ont perdu la vie. Les pompiers de Boischatel ont continué le travail le mercredi, la tâche de fouiller les décombres leur étant confiée puisque leurs collègues de Lac-Mégantic connaissaient plusieurs victimes.

Travail exigeant

Avec la chaleur et les émanations de pétrole, le travail des pompiers n’était pas de tout repos. Étant donné que le centre-ville était considéré comme une scène de crime, ils se devaient d’être méthodiques et de travailler en collaboration avec les autres experts sur les lieux, comme une anthropologue, des coroners et des médecins légistes. Ces hommes ont dormi parmi les sinistrés, qui leur ont partagé plusieurs témoignages.

Tous ces pompiers de Boischatel ont de l’expérience sur le terrain, mais c’était la première fois qu’ils se retrouvaient sur une telle scène, comme la forte majorité des intervenants. Ils racontent que tout le monde sur le terrain souhaitait trouver les victimes le plus rapidement possible pour permettre aux proches de faire leur deuil.

Les huit pompiers ont été marqués par l’expérience. «On pouvait voir les verres à moitié pleins sur les terrasses et les portes des maisons ouvertes après que les gens aient pris la fuite. Plus rien n’a bougé après. C’est comme si une bombe était tombée», se rappelle M. Grenier. Jean-Michel Corriveau raconte que la scène évoquait des images de la Deuxième Guerre mondiale. «C’était surréaliste comme scénario», ajoute-t-il.

Solidarité

«Il est possible qu’ils nous rappellent et c’est certain que nous irons», affirme M. Bélanger, ces collègues étant tous du même avis. Le mouvement de solidarité qu’ils ont constaté les a touchés. «Le mouvement qui s’est fait pour héberger, nourrir et vêtir tout le monde, ça s’est fait dans des délais presque impossibles. Tout le monde a été généreux», explique M. Forcier.

S’il arrivait encore quelque chose de majeur, les pompiers de Boischatel répondraient présent. «Tu veux donner ton coup de main, tu veux être là», assure M. Bélanger. «Être pompiers, c’est quelque chose de cœur. On ne fait pas ça pour l’argent, mais pour pouvoir aider le monde dans le besoin», soutient M. Gilbert. «Nous y avions été bénévolement parce qu’on voulait vraiment être là», conclut M. Rochefort, qui a pris une journée à ses frais pour pouvoir être là.

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