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00:30 2 juin 2016 | mise à jour le: 2 juin 2016 à 00:30 temps de lecture: 4 minutes

La ténacité des équipes d’urgence lui sauve la vie

911. Charlotte Martel a eu la chance de sa vie il y a un peu plus de deux ans: alors qu’elle venait de perdre connaissance dans son condo du Mont-Sainte-Anne, quatre ambulanciers et quatre agents de la Sûreté du Québec sont venus à son secours avant qu’il ne soit trop tard.

L’histoire s’est passée un 4 décembre 2013. Charlotte Martel et son conjoint, Raymond Cloutier, résidents de Sainte-Foy, étaient partis à leur condo, situé dans le complexe Le plateau au Mont-Sainte-Anne, pour passer un week-end en ski. «Ça faisait quelques jours que j’avais un mal de gorge, raconte la dame. Je ne voulais pas que mon mari s’empêche d’aller skier à cause de moi, alors nous sommes partis à notre condo.» Celui-ci décide donc d’aller skier, alors que sa femme, qui disait se sentir plutôt bien, reste chez eux.

L’état de Mme Martel dégringole toutefois rapidement. Sentant sa gorge se serrer, elle compose les services d’urgence pour recevoir de l’aide. «J’avais l’impression que j’étouffais, raconte-t-elle. J’ai essayé d’ouvrir la porte-fenêtre pour reprendre mon souffle.» À ce moment, la femme tombe dans les vapes, sans avoir le temps de prévenir le répartiteur au bout du fil de son emplacement.

Devant un appel non fondé, sans adresse, les équipes d’urgence décident d’aller quand même vérifier ce qu’il en est. «Quand on est arrivé là, il y avait plusieurs dizaines de logements à vérifier», raconte une des ambulancières présentes lors du sauvetage, Josiane Lapierre. Avec ses collègues Simon Drouin, Jean-François Poirier et Diane Verreault, ainsi que Jérôme Baillargeon de la SQ de la Côte-de-Beaupré, ils ont commencé leurs recherches.

Travail d’équipe sur tous les plans

Le répartiteur, resté au bout du fil, devait tendre l’oreille pour les aider à retrouver Mme Martel. «Comme le combiné était toujours ouvert, ils ont cogné à chaque porte jusqu’à ce que le répartiteur entende qu’on frappait à la bonne place», raconte M. Cloutier. L’appel logé à 10h06, c’est seulement à 10h39 que la dame a été retrouvée toujours inconsciente.

«La centrale nous avait prévenus que nous pouvions quitter si on le voulait, comme on ne savait pas si c’était fondé ou non, ajoute Josiane Lapierre. Mais pour nous, il n’était pas question qu’on parte sans qu’on l’ait retrouvée.» Il en était moins une pour Mme Martel, alors que la dame, en plus d’être inconsciente et en hypothermie, s’était brûlée l’abdomen au 3e degré en tombant sur le calorifère. «Il était temps qu’on arrive, elle aurait pu y rester», croit l’ambulancière.

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Selon Mme Lapierre, les efforts lors de la recherche et les soins apportés ont sauvé la vie à cette dame. «Oui, ça fait partie de notre routine, mais des journées comme celle-là, tu te donnes une petite tape dans le dos, admet-elle. C’est gratifiant, surtout quand tu sais que la patiente s’en est bien sortie.» Aux dires de l’ambulancière, au moment du transfert de la patiente de l’hôpital de Sainte-Anne-de-Beaupré vers l’Enfant-Jésus, à Québec, ce n’était déjà plus la même personne. «Elle pouvait s’asseoir et nous parler sur le chemin vers Québec.»

Le verdict est tombé quelque temps après son entrée à l’hôpital: en plus de sa brûlure au 3e degré, Charlotte Martel était atteinte du cancer de la glande thyroïde. Elle a dû rester intubée jusqu’au 19 décembre. Par la suite, les traitements contre le cancer ont commencé.

Plus de deux ans plus tard, désormais en pleine force et encore émus par cette histoire, le couple désirait rendre hommage aux ambulanciers et aux policiers qui sont venus au secours de la femme. «Ils ont usé de persévérance et d’ingéniosité, croit M. Cloutier. Ils méritent une citation pour civisme.» L’homme a contacté le Secrétariat du Comité sur le civisme, mais celui-ci lui a expliqué que comme les huit intervenants étaient en fonction lors de l’intervention, ils ne sont pas admissibles à une médaille de bravoure.

Québec Hebdo

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