Actualités
15:36 28 avril 2016 | mise à jour le: 28 avril 2016 à 15:36 temps de lecture: 5 minutes

Un an plus tard: que reste-t-il des CLD?

DÉVELOPPEMENT. Préservé, intégré ou carrément aboli, le destin des centres locaux de développement (CLD) s’est retrouvé entre les mains des villes et MRC après l’adoption, il y a tout juste un an, du projet de loi 28 qui a changé la donne dans le milieu municipal.

Le 20 avril 2015, le projet de loi 28 venait ébranler le monde municipal, prédisant la disparition des Conférences régionales des élus (CRÉ), des pactes ruraux et des CLD. Le gouvernement déléguait aux MRC le pouvoir en matière de développement économique régional, en plus d’amputer le budget alloué à cette cause.

Fin embrouillée pour le CLD de Québec

L’administration de la ville de Québec avait décidé avant même l’adoption du projet de loi 28 de mettre fin aux activités de son CLD, en ne renouvelant pas son entente avec l’organisme qui prenait fin le 31 décembre 2014. Contactés pour commenter les événements, les anciens employés du CLD ont décliné l’invitation, disant préférer tourner la page à cet épisode difficile.

La conseillère municipale Natacha Jean, responsable du dossier, croit que la ville de Québec se devait de revoir la structure pour assurer le développement économique dans la région. «Ce n’est plus comme avant, beaucoup d’entrepreneurs vont chercher de l’information par eux-mêmes, affirme-t-elle. Avec 50% de l’enveloppe en moins, il fallait faire quelque chose.» Selon la conseillère, la région offre déjà de nombreux organismes dont la mission concerne le développement économique.

«Ç’a pris un an pour qu’on établisse notre erre d’aller, admet la conseillère. On n’a pas senti de choc dans le secteur. Le CLD avait émis un envoi postal à tous les organismes qui étaient avec eux pour dire qu’ils pouvaient venir chercher leurs dossiers. On avait aussi mis en place une ligne téléphonique directe pour aider la transition.»

Changement de nom, même mission

Du côté de la Côte-de-Beaupré, on a choisi de préserver la structure du CLD, en leur déléguant le mandat de développement économique de la région, puis en renommant l’organisme. «On a senti nécessaire à l’été 2015 de changer notre dénomination sociale, affirme le directeur général de l’organisme, Bernard Paré. On voulait affirmer au milieu qu’on était toujours là et qu’on sait s’adapter.» Maintenant connu comme Développement Côte-de-Beaupré, l’organisme se porte bien, avec une croissance de 15% des investissements actifs et une entente de cinq ans avec la MRC.

Le modèle d’affaires robustes qu’avait établi le CLD a permis une transition en douceur après l’adoption de la loi 28. «On était moins dépendants des subventions, renchérit Bernard Paré. On a montré que notre organisation était une plus-value.» Du côté de la MRC de l’île d’Orléans, on a choisi d’intégrer la structure de l’ancien CLD à la MRC, assurant un suivi des dossiers chez les entrepreneurs.

La suite à la page suivante

 

 

25% moins d’interventions depuis un an à Thetford Mines

Obligée de revoir sa structure et ses actions, la Société de développement économique (SDE) région de Thetford a vu ses interventions diminuer de 25%. «C’est sûr que nous avons beaucoup moins de ressources monétaires. Chez nous, au moins deux postes ont été supprimés, soit un commissaire et un chargé de projets en moins. Ces coupures ont fait en sorte qu’on ne peut plus faire le même type ou le même nombre d’interventions», souligne le directeur général de la SDE région de Thetford, Luc Rémillard.

Les élus de la MRC des Appalaches tenaient à conserver sa structure de développement économique régionale dans sa forme actuelle. Après une année houleuse en raison des décisions à prendre et des changements, la SDE peut de nouveau compter depuis janvier sur des ressources pour son plan d’action.

«Avant, nous investissions 100 000 $ par année dans le plan d’action. Des projets tels que le parc éolien et le gaz naturel en ont notamment fait partie. Cette enveloppe est malheureusement restée vide l’an dernier, mais depuis janvier, la MRC y a remis de l’argent, ce qui est une bonne nouvelle», raconte M. Rémillard. Plusieurs ressources comme le Fonds de développement en milieu rural et le Fonds jeune promoteur n’existent toutefois plus à la suite des coupures. «Même si nous avons pu conserver nos structures, nous ressentons encore les effets du projet de loi 28», se désole le directeur général de la SDE.

Bras économique dans Lotbinière

Dès l’annonce des coupes l’an dernier, la MRC de Lotbinière a décidé de sauver le CLD pour en faire son bras économique. C’est désormais l’organisation régionale qui fixe les objectifs du Centre local de développement qui doit produire un rapport annuel. Le CLD se définit toujours comme un organisme à part entière avec son propre conseil d’administration.

Une réflexion, qui s’est étirée sur six mois, a toutefois eu lieu. Elle a permis d’orienter l’organisme de développement vers une nouvelle offre de services. Depuis ce temps, le CLD se concentre sur l’aide aux entreprises et aux municipalités.

Avec la collaboration de Claudia Fortier et de Vincent Breton

Québec Hebdo

Articles similaires

Commentaires 0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *