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00:04 19 novembre 2016 | mise à jour le: 19 novembre 2016 à 00:04 temps de lecture: 4 minutes

La vasectomie: «il faut en parler!»

CHIRURGIE. En 2016, la journée mondiale de la vasectomie en est à sa quatrième édition. Selon le docteur Michel Labrecque, spécialiste dans le domaine, la journée mondiale de la vasectomie est très importante pour une simple bonne raison: il faut en parler.

«Le but c’est que les hommes soient conscients qu’ils peuvent participer à la contraception. C’est un moyen efficace et peu coûteux en comparaison à la contraception féminine. Les hommes ne posent pas le geste que pour eux, mais pour les femmes aussi», lance le professeur de la Faculté de médecine de l’Université Laval, rencontré durant la Journée.

Au pays, le Dr Labrecque a été l’un des précurseurs de la technique qu’il utilise depuis près de 25 ans: la vasectomie sans bistouri. «La technique a été développée par un médecin chinois en 1974. En Amérique, c’est arrivé vers les années 1980», se rappelle celui qui a été le premier Canadien à adopter le procédé en 1992.

Selon lui, la technique est devenue le standard. «Les gens semblent plus en confiance. On utilise deux instruments, mais pas de bistouri. Ça diminue les risques de saignement et d’infections. Plus de 50% des gens ne sentiront même pas un tout petit pincement.»

Il faut toutefois que la décision soit prise de façon éclairée. «Il y a une technique pour reconnecter le canal appelée vasovasostomie, mais ça ne fonctionne qu’environ une fois sur deux et c’est très complexe. Il faut considérer la vasectomie comme une opération permanente!»

Si des études tentent actuellement de découvrir une alternative de contraception masculine moins permanente, le Dr Labrecque est d’avis que nous n’y sommes pas encore tout à fait. «Il y a des études en cours, mais ce n’est pas très prometteur», croit-il.

Un processus répandu

Partout dans le monde, la vasectomie sans bistouri est pratiquée, d’où le titre de journée mondiale. «On vise de plus en plus les pays en développement, lance celui qui a procédé à des vasectomies dans plusieurs pays du monde. J’ai participé à la formation de médecins dans ces pays parce que j’ai à cœur que ça marche. Je donne au suivant parce que j’ai l’expertise», raconte le spécialiste.

Lors de la journée mondiale de la vasectomie, le Dr Labrecque a lui-même procédé à une vingtaine de chirurgies, ce qui représente «une bonne journée» en termes de quantité. «Avec deux de mes collègues, on fait environ 2500 vasectomies par année, ce qui représente environ 15% de tout ce qui se fait au Québec. Il y a plusieurs personnes qui viennent de l’extérieur parce que le service est bien rodé et très rapide (visite pré-opératoire et intervention à l’intérieur de 30 jours environ).»

Une procédure qui met en confiance

Pour Jean (nom fictif), si c’était un pur hasard que sa chirurgie se déroule lors de la journée mondiale de la vasectomie, la réputation du Dr Labrecque l’a mis en confiance afin de subir cette intervention. «Mon médecin m’a référé cette clinique. Il n’avait que des bons mots pour le Dr Labrecque, il m’a dit que c’était la référence. Il le réfère à tous ses patients et ça m’a mis en confiance», explique celui qui a préféré ne pas être nommé.

Selon lui, le fait que la procédure soit sans bistouri a eu un lien quant à sa décision. «Le fait que ce soit sans bistouri a probablement changé quelque chose pour moi. Je ne peux pas vraiment comparer, mais je crois que oui parce qu’il y a moins de manipulations et évidemment pas de bistouri. Ça m’a mis en confiance et ça n’a pas fait mal. Ça a à peine pincé. On parle d’un petit dix minutes, ça a passé vite. J’étais étonné à quel point c’était une petite chirurgie. La technique sans bistouri, c’est un impératif.»

Comme plusieurs hommes à un certain point de leur vie, il était temps pour Jean de «fermer boutique.» «Pour moi c’était le temps d’arrêter. Ma fille a 18 ans et a fini le cégep. Je suis rendu à autre chose. Je suis en train de profiter d’une liberté retrouvée et pour moi c’est hors de question de retourner dans les couches 18 ans plus tard», a-t-il affirmé quelques minutes après son intervention.

Pour plus d’informations, consultez le www.vasectomie.net.

Québec Hebdo

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