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20:12 2 mars 2011 | mise à jour le: 2 mars 2011 à 20:12 temps de lecture: 4 minutes

Un projet de centrale modifié, mais toujours invisible

Le site de la chute Sainte-Anne renfermait une surprise de taille pour le groupe AXOR, le promoteur du projet de centrale hydroélectrique: l’absence de roc à l’emplacement prévu du déversoir. Les ingénieurs ont donc redoublé d’ingéniosité pour que, malgré des modifications importantes, le projet demeure invisible aux visiteurs du Canyon Sainte-Anne.

Le chargé de projets, division énergie, chez AXOR, Simon Gourdeau, a apporté ses précisions, hier soir, lors d’une troisième consultation publique de 75 minutes tenue en présence de 54 citoyens, dont plusieurs maires de la Côte-de-Beaupré et les propriétaires du Canyon Sainte-Anne, à la salle municipale de Saint-Joachim.

«Après avoir finalisé la cartographie géographique afin de raffermir nos connaissances du terrain, nous avons constaté l’absence de roc à la hauteur de la chute Sainte-Anne, un effet de l’ère glaciaire», a noté M. Gourdeau.

L’emplacement du déversoir de la centrale hydroélectrique de 23 200 kilowatts a été déplacé vers le sud où l’on retrouve du roc, car le projet doit s’harmoniser avec les installations récréotouristiques du Canyon Sainte-Anne. Afin de rendre le déversoir invisible, il sera camouflé par une cascade d’eau artificielle aménagée en empilant des blocs de roc en pente graduelle.

Partenariat

Le projet de 58,2 M$ a été mis de l’avant grâce à un partenariat entre la Municipalité régionale de comté (MRC) de La Côte-de-Beaupré, la municipalité de Saint-Joachim (51 %) et le groupe Axor (49 %) qui forme la Société Hydro-Canyon Saint-Joachim.

L’électricité générée par le site sera vendue à Hydro-Québec au coût de 7,5 ¢ du kW durant 20 ans, avec une indexation de 2,5 % par année. Le projet permettra de desservir 4800 résidences en énergie renouvelable.

Pas de risque financier

La MRC et Saint-Joachim ne prendront aucun risque financier dans le développement du projet, AXOR prenant à sa charge tout dépassement de coût. La MRC et Saint-Joachim recevront des redevances annuelles de 500 000 $ en moyenne pour les 20 premières années d’opération.

Saint-Joachim conservera 65 % des redevances contre 35 % pour la MRC qui créera un fonds pour des projets à caractère régional.

«La MRC a ce projet à cœur. Nous tenons à effectuer la démarche en toute transparence et nous apprécions l’appui du milieu que nous avons déjà», a déclaré le préfet de la MRC de La Côte-de-Beaupré, Pierre Lefrançois.

Des débits à respecter

Les principales interventions des citoyens ont porté sur la sécurité du site en cas de fortes secousses sismiques, la présence du frasil et le partage des responsabilités.

Le développement comprendra un déversoir avec évacuateur de crue pour maintenir le niveau en amont de la rivière. Une prise d’eau avec passe à poissons, un tunnel, une centrale et une sous-station et une ligne électrique reliant le site à Hydro-Québec. Des débits écologique et esthétique (10 m3/s) maintiendront la valeur environnementale et la qualité visuelle de la chute.

Dénouement en 2013

Les audiences du Bureau des audiences publiques en environnement (BAPE) devraient avoir lieu cet automne. Les travaux de construction devraient débuter en mai 2012 et se terminer en novembre 2013. Ils seront exécutés prioritairement par la main-d’œuvre et les entreprises locales. Durant les travaux, près de 70 employés travailleront lors des périodes de pointe le projet s’effectuera sous le contrôle de la communauté, conformément à la Stratégie énergétique du Québec.

Durant les travaux de construction, les retombées économiques atteindront plus de 30 M$ sur une période de 19 mois. Durant les 20 prochaines années, elles s’élèveront à 23,8 M$.

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