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14:24 22 avril 2011 | mise à jour le: 22 avril 2011 à 14:24 Temps de lecture: 4 minutes

Projet de supermarché contesté à Boischatel

La possibilité de «faire son épicerie» à Boischatel ne fait pas l’unanimité auprès de citoyens de la municipalité qui vivent dans le secteur de l’avenue Royale où un supermarché pourrait être implanté.

Une centaine de personnes ont pris part, hier soir, à la salle du conseil de l’hôtel de ville de Boischatel, à une assemblée publique de consultation, portant sur un projet de règlement visant l’implantation d’un Programme particulier d’urbanisme (PPU).

Le PPU vise l’élargissement et la consolidation commerciale dans le secteur du noyau commercial traditionnel de l’avenue Royale compris entre le pont de la rivière Montmorency (limite ouest) et la rue Garneau, incluant quelques terrains situés à l’est de cette rue.

Trois résidences à détruire

Le problème survient lorsque, parmi les interventions proposées dans le PPU, on mentionne le projet d’implantation de supermarché dans le noyau commercial. Afin d’aménager un IGA du promoteur Alain Gagné qui en possède quelques-uns dans la région de Québec, trois résidences doivent être démolies. Deux propriétaires ont accepté de vendre leur propriété de gré à gré. Reste celle de Nicole Vézina.

«Ça fait deux ans que je me fais harcelée par des courtiers immobiliers qui viennent chez moi ou qui me téléphonent. Je me sens attaquée. Nous n’étions pas au courant des intentions de la ville. C’est de l’hypocrisie. La clause d’expropriation du PPU devrait être retirée», a lancé Mme Vézina, une dame qui s’oppose fermement à quitter sa maison et sa qualité de vie pour laisser la place à un supermarché. Elle a fait signer une pétition de 53 noms de résidents du secteur pour s’opposer au PPU.

Les urbanistes vont faire leur travail

Le maire de Boischatel, Yves Germain, lui a répondu qu’une demande de supermarché n’avait été présentée à la municipalité et que peu importe ce qui pourrait arriver, les employés de l’urbanisme s’assurent de tous les impacts possibles d’un tel projet. D’autres citoyens vivant à proximité du 5118, avenue Royale, ont confié leur inquiétude face à l’arrivée d’un supermarché à côté de leur résidence. «Nous avons choisi Boischatel parce que c’est la campagne en ville. C’est beau et c’est proche de tout. Nous ne voulons pas être dérangés par un stationnement, des camions de déneigement ou de livraison la nuit ou encore par l’achalandage automobile», a déclaré Mariko Gagné. Débuté il y a huit mois par la firme Apur urbanistes-conseils, le projet de PPU a été élaboré sous la supervision du conseil consultatif d’urbanisme de la municipalité. Selon Yves Germain, il ne vise pas les expropriations massives, ni la destruction de résidences.

Mixité souhaitée

«Les usages prévus lors de la conception du plan d’urbanisme en 1994 demeurent. Nous souhaitons conserver la mixité entre les résidences et les commerces et mettre en valeur le patrimoine bâti», a souligné le maire.

Stagiaire en architecture et résident de Boischatel, Matthieu Lachance a noté certaines discordances dans le projet de PPU.

«On ne tient pas compte de l’ensemble de la ville qui s’étend sur 5 km. La place publique devrait être située à l’entrée du Parc de la Chute-Montmorency et non dans le noyau commercial. Si un supermarché voit le jour, il devrait avoir pignon sur rue et ne pas être érigé en retrait. Il y a trop de stationnements. Pourra-t-on rester de simples citoyens sur l’avenue Royale?», a commenté M. Lachance.

Pas tous en désaccord

Parmi l’assistance, certains ont confié à L’Autre Voix espérer l’arrivée d’un supermarché à Boischatel. «Notre municipalité est super. Il ne manque qu’un aréna, une bibliothèque et un supermarché. Beaucoup de résidents le souhaitent», a souligné Daniel Morin qui demeure à Boischatel depuis 46 ans. Le maire Germain a aussi signalé qu’à la suite de sondages, des citoyens ont demandé l’implantation d’un supermarché sur le territoire. Le projet de PPU sera adopté à la prochaine réunion du conseil en mai. Il pourrait être modifié en fonction des commentaires émis par les citoyens, hier soir. Il devra ensuite être approuvé par la Municipalité régionale de comté de La Côte-de-Beaupré dans les 120 jours suivants.

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