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15:36 5 juillet 2011 | mise à jour le: 5 juillet 2011 à 15:36 temps de lecture: 4 minutes

Mylène Paquette veut aller au bout d’elle-même, au bout de l’Atlantique

Mylène Paquette ne savait presque pas nager, ni ramer. Cela ne l’a pas empêché de traverser l’océan Atlantique Sud à la rame en compagnie de cinq Européens. Après avoir relevé ce défi, la Montréalaise de 32 ans tente maintenant de franchir toute seule l’Atlantique Nord dans un bateau à rames, au cours de l’été 2012.

Mylène Paquette a parlé de son aventure et de ses projets, hier soir, dans le cadre d’une conférence de deux heures présentée devant une trentaine de personnes au Spa des Neiges de Sainte-Anne-de-Beaupré.

«Nous étions voisins de kiosques au Festival Plein Air Baie de Beauport et comme nous voulons redonner le fleuve aux gens de la Côte-de-Beaupré, nous avons invité Mylène à donner une conférence, elle qui a à cause l’environnement et qui est ambassadrice de la Fondation David Suzuki», a précisé un des cinq propriétaires du commerce ouvert depuis trois mois sur le boulevard Sainte-Anne, Christian Rouleau.

La vie trépidante de la préposée aux bénéficiaires à l’hôpital Sainte-Justine qui s’est improvisée rameuse transatlantique a débuté en août 2010 lorsqu’elle a aperçu sur un site Internet des gens qui tentaient des traversées d’océans à rames.

Pour se faire la main, elle s’achète un bateau de sept mètres pour prendre part à la traversée du Lac Saint-Jean à la rame qu’elle remporte d’ailleurs.

La seule assez folle

«Je voulais absolument le faire, aller au bout de moi-même. Il fallait dénicher 28 000 $ pour participer avec une équipe de cinq hommes. Ils m’ont choisie, car j’étais la seule assez folle pour ça», confie Mylène Paquette.

Malgré les blessures aux fesses et au genou, les deux faux départs, les tempêtes en mer, elle et ses partenaires ont réussi à franchir la distance entre le Maroc et la Barbade en 58 jours.

Meublée de nombreuses anecdotes savoureuses comme lorsqu’elle a perdu une rame ou qu’elle devait aller à la toilette devant les autres rameurs, la conférence de Mylène Paquette a permis de découvrir une femme qui a surmonté une foule d’obstacles pour arriver à ses fins.

D’opposant à allié

«Mon père ne m’a pas parlé durant six mois parce qu’il s’opposait à mon projet. Pourtant, il était là sur le quai de Port Saint-Charles (Barbade) pour m’accueillir avec les autres membres de ma famille. Il m’a surprise lorsqu’il m’a dit qu’il avait la chienne que je fasse la traversée seule. Il avait un bon pressentiment», a raconté Mylène Paquette. Son père est devenu le plus grand allié pour celle qui s’embarque maintenant dans une aventure de 100 jours et 2700 milles nautiques qui la mènera de Gaspé ou des Îles-de-la-Madeleine à Lorient, ville côtière en Bretagne, dès mai 2012.

Elle devra dénicher plus de 350 000 $, dont 45 000 $ pour son bateau de 24 pieds, totalement équipé en matériel électronique de navigation. Elle pourra aussi compter sur un météorologue et un mécanicien à distance. «Il y a un danger de mort. En 2003, on a retrouvé la barque de l’Américain Nélal Bélic près de l’Irlande et son corps n’y était plus», a-t-elle affirmé. Des peurs irréelles

Il faut dire qu’elle avoue redouter davantage les blessures que la mort. Il avoue avoir peur de choses irréelles telles les fantômes ou les anguilles géantes.

«Quand il y aura des tempêtes, j’attacherai mon équipement, je mettrai mon casque et je rentrerai dans la cabine», a-t-elle prévu.

En tout, elle pourra y rester quatre jours sans sortir, si jamais elle tombait sur un sacré coup de tabac. L’autopilote lui permettra de garder le cap.

«L’important est de ne pas se blesser lorsque je vais chavirer puisque je passerai 100 jours en mer, a signalé la rameuse. «Je vais chavirer, a-t-elle répété, mais le bateau est conçu pour toujours revenir à sa position de navigation.»

Le fleuve: un bon test

Afin de finaliser sa préparation, elle est en route depuis le 25 juin, de Montréal, vers les Îles-de-la-Madeleine, où elle devrait accoster vers le 23 août. Elle fera escale ce midi à la marina de Saint-Laurent durant 24 heures.

«Plusieurs marins disent que le golfe du Saint-Laurent est plus dangereux que l’Atlantique, car il y a beaucoup plus de circulation, a-t-elle enchaîné, alors ce sera un bon entraînement.»

Dix personnes seulement ont réussi l’exploit de traverser l’Atlantique Nord, en 33 essais, dont deux femmes, dit-elle. Elle apportera de la nourriture pour 140 jours. L’un des objectifs de ce périple vise à sensibiliser le public aux impacts de l’activité humaine sur les écosystèmes marins.

Pour suivre l’aventure de Mylène Paquette, consultez le site Internet http://www.mylenepaquette.com

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