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14:11 19 juillet 2018 | mise à jour le: 19 juillet 2018 à 14:11 Temps de lecture: 4 minutes

La résilience d’une mère

À l’aube de ses 50 ans, Jeanne Bouchard, dont les deux filles sont atteintes d’insuffisance rénale, avait le désir de redonner à la Fondation canadienne du rein, pour tout le soutien qu’elle a reçu au cours des dernières décennies. 

Jeanne a amassé des fonds en faisant financer à 20$ chacun des 250 kilomètres parcourus. «Chaque don est comme un peu de gaz dans le réservoir.»

Photo gracieuseté – Fondation canadienne du rein

Au départ de Québec, le 3 juillet, en compagnie de sa fille Kim, Jeanne Bouchard se lançait dans une aventure qui aura marqué sa vie pour toujours : une marche d’une envergure significative jusqu’aux Escoumins, sa terre natale. Au profit de la Fondation canadienne du rein, la marche d’une distance de 250 kilomètres en solo s’échelonnait sur 12 jours, à raison de 25 kilomètres par jour.  

C’est arborant fièrement son chandail aux couleurs du projet et auquel étaient apposés tous les noms des contributeurs financiers ou matériels que Jeanne a débuté, le long de la route 138, la concrétisation du défi qui germait dans son esprit depuis l’automne 2017.

Initialement, l’un de ses objectifs était de souligner son anniversaire de façon marquante, elle qui franchissait un cap important au début de l’été.

«Je viens tout juste de fêter mes 50 ans et je voulais que cette étape de ma vie soit marquante. Pour être certaine de bien m’en souvenir je me suis dit, “pourquoi ne pas le faire en m’associant à une cause importante pour moi?”», révèle Mme Bouchard.

Du jamais vu pour la Fondation

C’est donc tout naturellement que la Fondation canadienne du rein est venue à son esprit. Stéphanie, l’aînée, est décédée en août 2009, tandis que sa plus jeune sœur, Kim, aujourd’hui âgée de 27 ans, a finalement bénéficié d’une greffe à l’hiver dernier, un cadeau que la famille attendait depuis 13 longues années. Avant, elle devait être dialysée trois à quatre fois par semaine pour assurer sa survie, en continuant d’espérer un rein.

«Le chemin Québec-Escoumins que je fais depuis maintenant 30 ans représente pour moi la route parcourue à répétition pour amener les filles jusqu’à Montréal, avant leurs 16 ans, car les reins ne se traitaient qu’à l’hôpital Sainte-Justine», se souvient-elle.

C’est à ce moment précis que Jeanne Bouchard a eu besoin de la Fondation canadienne du rein, organisme national bénévole qui se dédie à alléger le fardeau des maladies rénales chez les familles touchées.

«Il y avait toujours quelqu’un au bout du fil pour m’épauler et me soutenir dans ce que nous vivions», reconnaît celle qui a aussi obtenu

une aide financière temporaire lorsque les séjours à l’hôpital se multipliaient.

Plusieurs levées de fonds ont déjà eu lieu au profit de la Fondation, mais elle affirme être la première à chapeauter un projet d’une telle envergure.

Un long processus

Depuis le mois de janvier, elle a donc procédé à une remise en forme, afin d’être bien préparée au grand parcours qui empruntait les légendaires pentes de Charlevoix. Elle avoue de plus avoir porté une attention particulière à son alimentation, ce souci ne faisant pas vraiment partie de ses habitudes quotidiennes.

Même si son corps était prêt pour le périple, elle convient que la chaleur accablante a favorisé l’épuisement précoce. Les trois premiers jours se sont en effet avérés être les plus difficiles.  

Or, sur son chemin, Mme Bouchard affirme avoir rencontré des gens qu’elle qualifie d’«anges», car ils l’ont encouragée à continuer. À titre d’exemple, une fillette de 10 ans qui a offert des bouteilles d’eau, dans le coin de Baie-Saint-Paul.

Moment touchant

Pour la grande finale de la marche, le 14 juillet, Jeanne s’est recueillie au cimetière St-Marcellin aux Escoumins, là où sa fille a été enterrée.

Un souper spaghetti a ainsi eu lieu au profit de la Fondation canadienne du rein, où étaient attendues pas moins d’une centaine de personnes à la salle de l’Âge-d’Or.

Au moment d’écrire ces lignes, ce sont plus de 7000$ qui avaient été amassés au profit de la Fondation canadienne du rein, alors que l’objectif initial fixé par Mme Bouchard était de 5000$. 

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