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18:02 27 juillet 2018 | mise à jour le: 27 juillet 2018 à 18:02 temps de lecture: 4 minutes

Pénurie de main-d’œuvre: les pompiers touchés

On entend régulièrement parler de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la restauration, mais le milieu du service incendie, notamment sur la Côte-de-Beaupré, s’inscrit lui aussi dans la tangente,  étant confronté à une problématique du même ordre. 

La Côte a besoin de pompiers.

Photo – Deposit Photos

Depuis quelques années, les normes de sécurité ont dû être modifiées pour répondre adéquatement aux appels d’urgence. C’est pourquoi, en vertu de la loi de la sécurité pour les incendies, un nouveau schéma de couverture de risque a été instauré en 2002 pour desservir l’ensemble de la MRC.

Ainsi, on demande désormais qu’un certain nombre de pompiers se rendent sur les lieux à l’intérieur d’un délai déterminé, exigence qu’une municipalité ne pouvait pas remplir à elle seule. L’entente d’entraide automatique oblige désormais la caserne voisine à se déplacer en renfort à celle sollicitée.

«Tout ça a facilité le travail, en nous permettant de maximiser nos ressources. Au lieu d’engager 60 pompiers, on peut s’entraider pour arriver sur les lieux rapidement», confirme Patrick Goupil, directeur du service de sécurité incendie des municipalités de Saint-Joachim et de Saint-Tite-des-Caps, localisé à Beaupré, depuis 2014, moment du regroupement de ces trois entités auparavant distinctes.

Formation à l’interne

Alors qu’il travaille à la Ville de Beaupré depuis l’an 2000, M. Goupil juge que les difficultés de recrutement de la main-d’œuvre sévissent depuis environ cinq ans. Des concours ont même déjà été effectués pour procéder à l’embauche de candidats à temps partiel.

«Un pompier qui a déjà fait sa formation, un DEP ou un DEC, se cherche un emploi à temps plein, mais il n’y a aucun service sur la Côte-de-Beaupré qui soit en mesure d’offrir un tel poste», souligne-t-il, ajoutant que seuls les grands centres comme Québec, Lévis et Montréal peuvent se permettre d’engager à temps complet, le territoire et le bassin de population étant plus grands à desservir. 

Les casernes de la Côte-de-Beaupré ont pris le mandat de former sous leur toit les futurs employés, à l’aide d’une formation de 330 heures, soit environ un an et demi, de soirs et de fins de semaine. En fonction de la demande, la personne est appelée à vaquer à ses occupations quotidiennes, jusqu’au moment où on lui transmet un appel d’urgence. Elle sera donc payée un minimum de trois heures pour son déplacement.

Les changements de carrière ou de situation familiale et les déménagements à l’extérieur sont, pour le directeur, les principales causes expliquant la difficulté de recruter des candidats disponibles de jour, la semaine. En effet, les gens ne sont pas tous en mesure de quitter le travail pour se déplacer rapidement sur un appel d’urgence.

Beaupré compte quatre véhicules et 30 pompiers, à Saint-Tite, on en dénombre 20 qui voyagent dans trois camions, tandis qu’il n’y a aucune caserne à Saint-Joachim

Photo gracieuseté – Alexandre Garceau

Un service inclusif

Rien ne semble arrêter la première pompière inscrite en 2011 à la formation sur la Côte-de-Beaupré, Audrey Thomassin, aujourd’hui âgée de 25 ans. Elle qualifie le métier de «très accessible» pour toutes celles qui en ont toujours rêvé. Comme son frère est un grand brûlé, elle a vite été interpelée par la cause, sensible au fait de pouvoir sauver des vies.

«Je sais que mon métier me permet d’empêcher de faire vivre aux gens tout le parcours difficile que ma famille a rencontré», confie Audrey.

Celle qui s’est bien intégrée à la brigade de Saint-Tite-des-Caps il y a près de huit ans a livré un message paritaire, lorsque questionnée par L’Autre Voix sur la présence des femmes dans un milieu à prédominance masculine.

«Le sexe n’a pas d’importance, selon moi, tant qu’on est capable de remplir nos tâches, établit la jeune pompière qui souhaite depuis longtemps avoir un impact bénéfique dans la population. C’est sûr que je suis parfois moins massive que certains hommes, mais justement, tout le monde est prêt à me donner un coup de main au moment où ces restrictions me nuisent.»

Audrey Thomassin témoigne : «Il ne faut pas se priver parce qu’on est une femme. Mon conjoint et moi sommes pompiers et nous avons trois enfants, bientôt quatre. Les patrons sont très ouverts au fait que nous ne puissions pas être disponibles en tout temps.»

Photo gracieuseté

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