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14:00 18 juillet 2018 | mise à jour le: 18 juillet 2018 à 14:00 temps de lecture: 4 minutes

Canicule: les fraises écopent

Avec les chaudes températures qui se sont abattues sur la province au début du mois, on pourrait croire que les récoltes en auraient considérablement souffert. Or, on n’a pas sonné l’alarme sur la Côte-de-Beaupré, alors que les producteurs n’y voient, pour la plupart, que de minimes dommages.

Le commerce les Jardins du Petit-Pré est situé à Château-Richer.

Photo gracieuseté – Les Jardins du Petit-Pré

Presqu’à l’unanimité, les agriculteurs de fruits et de légumes se sont réjouis des bénéfices de la chaleur intense pour les champs. Ils ont qualifié cette température d’«idéale», parce que sa bipolarité, alternant entre le soleil et la pluie, a contribué au rendement, tout en évitant la sécheresse.

Par exemple, les légumes qui ont besoin d’un ensoleillement en continu ont en général presque doublé de taille, le mauvais temps du printemps ayant œuvré à causer un retard d’environ deux semaines dans la production agricole.

En guise de contrecoup de la canicule, les producteurs dénotent une augmentation du temps alloué au cerclage, la mauvaise herbe étant plus encline à croître sous un soleil ardent. Aux dires de Mélanie Giroux, propriétaire des Jardins du Petit-Pré, 80% de ses heures au travail pendant cette période ont été consacrées à faire du désherbage.

Plus dur sur les fraises

Tous Les producteurs de fraises dénombrent toutefois quelques pertes dans la production des fruits rouges, qui étaient, pendant la canicule, en plein cœur de la récolte. En plus de certaines parcelles de terrain, les variétés plus hâtives ont dû être abandonnées en raison d’un mûrissement précipité et du manque de temps pour les cueillir à point.

Selon eux, la saison sera écourtée et des pertes pourront même être engendrées. Arthur Cauchon, propriétaire de la ferme du même nom située à Château-Richer, précise que le problème n’est pas tant de ramasser les fraises mûres, mais plutôt dans le fait que son volume de ventes n’augmente pas à un rythme proportionnel à celui des récoltes.

«Ce n’est pas parce qu’on a plus de stock que les ventes augmentent pour autant, se désole-t-il. Normalement, on récolte ce que l’on pense vendre, mais là on s’est fait rattraper par Dame Nature.»

De son côté, David Simard, de la ferme Gilles Simard de Sainte-Anne-de-Beaupré, ne cache pas qu’il a dû user de créativité pour écouler les surplus. En plus d’offrir des spéciaux de quantité, David Simard annonce que c’est le tour des pops aux fraises de faire leur apparition exclusive au kiosque situé tout près du marché IGA de Sainte-Anne-de-Beaupré.

«On a pu en utiliser une bonne quantité et les gens ont beaucoup apprécié, surtout avec le temps qu’on vit actuellement, ajoute celui qui proposait déjà au public de la sloche aux vraies fraises, notamment au marché de Limoilou. Je ne vois pas comment je vais passer le week-end, ils sont trop populaires!»

Plus dangereux pour les employés

Évidemment, l’ombre est souvent absente dans les champs, où les cueilleurs passent de nombreuses heures consécutives. Il est donc primordial d’être sensibilisé à la nécessité de s’hydrater et de prendre des pauses sur une base régulière.

«Chez nous, on a fait finir les travailleurs à 15h pour qu’ils aient l’occasion de se reposer», explique Mme Giroux des Jardins du Petit-Pré, qui a observé que le mercure dans la serre a atteint 41 degrés, sans compter le facteur humidex.

Quant à lui, M. Cauchon croit qu’il n’y a pas lieu de craindre la suite de la période estivale. «L’agriculture, c’est saisonnier. Il en faut de la chaleur et de la pluie pour faire pousser les plants, alors si on commence à choisir nos journées, on ne travaillera pas de l’été, parce que c’est comme ça au Québec.»

On n’a pas sonné l’alarme sur la Côte-de-Beaupré

Photo gracieuseté – Les Jardins du Petit-Pré

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