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17:30 12 décembre 2017 | mise à jour le: 12 décembre 2017 à 17:30 temps de lecture: 4 minutes

Des motels de Sainte-Anne-de-Beaupré disparaissent

HÉBERGEMENT. La Basilique Sainte-Anne est l’un des principaux attraits de la Côte-de-Beaupré et de nombreux établissements situés le long de la route 138 en profitent.

De nombreux motels sont sur le boulevard Sainte-Anne, mais peu seraient viables.

(Photo TC Media – Geoffré Samson)

Durant la saison estivale, certains motels et hôtels de la région affichent complet puisque plus d’un million de pèlerins et de visiteurs convergent vers Sainte-Anne-de-Beaupré. Pourtant, certains établissements ferment leurs portes définitivement.

Une des causes

Le dossier juridique qui oppose la Ville aux pères Rédemptoristes suggère que l’hébergement à coût modique offert par l’Auberge Sainte-Anne affecterait les autres commerces hôteliers et de restauration du secteur. Selon plusieurs gestionnaires hôteliers du boulevard Sainte-Anne, les activités de l’organisme, administré par les Rédemptoristes, auraient une conséquence directe sur leur taux d’occupation.

Les propriétaires du Motel Deblois, M. et Mme Shinouda.

(Photo TC Media – Geoffré Samson)

C’est le cas de Michel Shinouda, propriétaire du Motel Deblois, situé en plein cœur de Sainte-Anne-de-Beaupré. Lorsqu’il a acheté son entreprise, il y a trois ans, le taux d’occupation était déjà en déclin depuis près d’une décennie. Ce facteur ne l’a pas empêché de s’installer sur la Côte, malgré des taxes, foncière et scolaire, de 12 000$. « Je travaillais dans le Vieux-Québec et je peux confirmer qu’il n’y a pas une grande différence entre leur taux d’occupation de 35% et le mien qui est près de 30%. »

La propriétaire de Motel et Condo chez Charley, Johanne Gagnon, dit que son taux frôle le 40% annuellement. En plus des clients qu’elle perd au profit de l’auberge, la propriétaire dit avoir un problème au niveau des taxes foncières. « Je paie des taxes à la ville, les B&B le font, pourquoi pas eux? » Mme Gagnon pense que l’Auberge de la Basilique a fermé son restaurant pour ne pas en payer.

D’ailleurs, l’Auberge de la Basilique est toujours présente sur un site populaire de réservation internet. Elle apparaît sous la rubrique « Auberge de jeunesse », mais n’offre aucune possibilité de réservation, car elle est fermée durant la période hivernale.

Rappelons qu’en octobre, le Tribunal administratif du Québec avait statué que l’organisme pouvait être exempt de taxes à cause de son statut religieux, ce que dénonce encore l’administration de Sainte-Anne-de-Beaupré qui a porté cette décision en appel.

Manque d’entretien

En 2010, il y avait une quinzaine de motels à Sainte-Anne-de-Beaupré, il y en a moins de la moitié aujourd’hui et plusieurs sont à vendre. Selon certains entrepreneurs, les fermetures n’auraient pas été causées par le manque de clientèle, mais parce que les bâtiments tombaient en décrépitude. Ce serait le cas du Motel Joanne qui a récemment été détruit. « Si tu n’entretiens pas ton commerce pendant 15 ans, il est difficile de rattraper », confie la propriétaire de chez Charley. Une opinion partagée par un associé du Quality Suites qui avance que les motels ne rénovent pas ou très peu.

Avec la venue du G7 en juin, à La Malbaie, il ne serait pas étonnant que plusieurs commerces bénéficient de l’événement, mais rien n’est encore certain. Des établissements hôteliers auraient déjà reçu des réservations à cet effet.

Taux d’occupation

Selon l’Office du Tourisme de Québec, depuis janvier jusqu’au 31 octobre, le taux d’occupation des établissements de la Côte-de-Beaupré est de 46,5%.

L’occupation des centaines d’Airbnb de la Côte-de-Beaupré, qui offrent des locations « occasionnelles », n’est pas du compte. Ces hébergements à revenus peuvent, aussi, être une cause du manque de clientèle des commerçants.

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