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16:02 25 juillet 2017 | mise à jour le: 25 juillet 2017 à 16:02 Temps de lecture: 4 minutes

Les travailleurs de l’ombre derrière le Vélirium

VÉLO DE MONTAGNE. Depuis plus d’un mois, ils assèchent, taillent, coupent, débroussaillent et tapent les côtes du Mont-Sainte-Anne. Leur mission: livrer des pistes dignes de ce nom pour les coupes du monde de descente et de cross-country du Vélirium.

Serge Veuthey est à la tête de l’équipe de production des parcours du Vélirium.

(Photo TC Media –Prisca Benoit)

Serge Veuthey est un habitué du Mont-Sainte-Anne et de son Vélirium. Suisse d’origine, il participe depuis 1998 à la confection du site où les meilleurs cyclistes de vélo de montagne s’affrontent. Installé de façon permanente sur la Côte-de-Beaupré depuis, il est devenu le directeur de production et responsable des parcours.

Plus l’été avance, plus l’équipe de Serge Veuthey s’agrandit pour le dernier droit avant l’événement.

(Photo TC Media –Prisca Benoit)

«Notre travail, c’est de créer des parcours autant de cross [country] que de descente de niveau mondial, donc avec assez de défis», résume-t-il. Chaque année, c’est son équipe et lui qui donne du fil à retordre aux cyclistes venus des quatre coins du monde pour s’affronter sur les mythiques pentes du Mont-Sainte-Anne.

Est-ce difficile de répondre à toutes les normes de l’UCI, les responsables du circuit de la Coupe du monde? «Pas vraiment, avoue-t-il. Il faut dire que ça fait plus de 25 ans qu’on s’en occupe, alors ils nous font confiance.» Chaque année, certains segments du parcours sont revus et corrigés, mais on voit rarement de grands changements radicaux. «Comme en descente, le début et la fin du parcours sont sensiblement les mêmes qu’au tout début», s’amuse M. Veuthey.

À l’assaut de la montagne

Dès le début de l’été, à la fin juin, les troupes commencent à s’activer dans les deux parcours. Après une première inspection, au tout début des préparatifs, on règle les pépins causés par l’hiver. Puis, commence l’élaboration des parcours avec leurs changements, avant que toute l’équipe parte faire son bout de chemin dans la montagne. Rendu là, c’est l’heure du débroussaillage, puis de la construction des formes et des sauts. Pour les plus grands changements, on demande l’aide d’un opérateur de pelles mécaniques, mais sinon, la majorité du travail se fait «à la mitaine».

Même si le plus gros du travail se fait dans les pistes, il ne faut pas négliger toutes les installations pour le public qui sont aussi montées par l’équipe de la production. Les bars, estrades, scènes, podiums et régies techniques sont tous des éléments entre les mains de l’équipe de production.

Ceux qui s’occupent de la production doivent s’assurer de l’état de l’ensemble des parcours de vélo de montagne.

(Photo TC Media –Prisca Benoit)

Pour le Cross-Country, l’équipe de production fait aussi l’effort de faire passer une bonne partie du parcours à la base de la montagne, à la vue des spectateurs. «Autrement, les cyclistes pourraient disparaître ½ heure dans la montagne, passer trois fois par ici et ce serait fini», illustre-t-il.

L’équipe de production doit produire un beau terrain aux cyclistes, mais d’autres éléments doivent aussi être calculés, notamment la place du public et de la télévision. «On ne peut pas juste se dire qu’on fait une belle course, parce que si personne ne peut la voir, ce n’est pas bien, si personne ne peut y accéder ou filmer, ce n’est pas bien non plus. Même chose si on ne peut pas évacuer de blessés, etc.»

Et les plus capricieux parmi tout ce beau monde? «La télévision, dit-il sans hésiter, un brin amusé. En même temps, ce sont eux qui font qu’il y a de l’image, de l’argent, des commanditaires, ce qui fait que c’est un mal nécessaire.» Il faut dire que le travail des télévisions reste assez compliqué, nuance M. Veuthey. «Il n’y a pas de Wi-Fi, ce n’est que du filage.»

Les concepteurs des pistes doivent aussi s’arranger pour faire évoluer les parcours d’une année à l’autre, en fonction des avancées dans le sport. «En 30 ans de vélo de montagne, ç’a beaucoup évolué, ce qui permet de faire des sauts plus hauts et de passer des obstacles beaucoup plus difficiles, tout en allant plus vite.» Le prochain grand défi de l’équipe de Serge Veuthey: la préparation pour les championnats du monde de vélo de montagne de 2019.

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