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11:32 29 juillet 2015 | mise à jour le: 29 juillet 2015 à 11:32 temps de lecture: 3 minutes

Appui massif à la gestion de l’offre

AGRICULTURE. Alors que le gouvernement canadien est en pleine négociation d’accords économiques pour ouvrir ses marchés, les producteurs craignent que les importations augmentent et déstabilisent le marché agricole, déjà fragilisé.

Les frères François et Luc Turcotte sont des éleveurs de volailles de l’Île d’Orléans. Depuis 1946, leur famille élève de la volaille sur leur terre. «Les gens ne se rendent pas toujours compte que la nourriture qui se retrouve sur leur table vient de chez nous, au Québec», admet Luc Turcotte. Tout comme le marché du lait et des œufs, leur production est régie par la gestion de l’offre agricole.

Le Canada négocie présentement l’accord de libre-échange du Partenariat transpacifique (PTP) avec les pays de l’Asie pacifique et des Amériques. Plusieurs de ces pays exportateurs de produits agricoles pressent le gouvernement d’ouvrir ses importations, gérées pour l’instant par la gestion de l’offre agricole.

Sur la Côte-de-Beaupré et l’Île d’Orléans, 35 des 193 fermes fonctionnent selon le principe de gestion de l’offre. Depuis les années 1970, une estimation totale de la consommation de ces produits est faite dans l’ensemble du pays. Par la suite, chaque producteur se retrouve avec un quota qu’il doit atteindre. En fonctionnant de cette façon, on évite tous les surplus de production et les coûts excédentaires. «Ce sont les seuls producteurs qui peuvent se faire un budget et avoir un peu de sécurité», rapporte le président de l’UPA de l’Île-d’Orléans, François Blouin.

Un des trois piliers chamboulé

La gestion de l’offre agricole fonctionne grâce à trois piliers qui se doivent de rester les mêmes pour réussir: la gestion de la production, les coûts de la production et le contrôle de l’importation. C’est ce dernier aspect qui est mis à risque dans les négociations du gouvernement canadien. «Chaque poulet que nous importons de l’extérieur et un poulet de moins dans les élevages de volailles du Québec, affirme Luc Turcotte. Ce sont des centaines, voire des milliers d’emplois qui sont menacés si on ouvre la porte à une plus grande importation.» Au Québec, ce sont 92 000 emplois qui sont reliés aux secteurs laitiers et avicoles.

Le gouvernement du Canada répète qu’il veut protéger les intérêts des Canadiens dans ses négociations pour le PTP. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Joséphine Laframboise, affirme même que «le gouvernement est déterminé à défendre notre système de gestion de l’offre.» L’inquiétude règne malgré tout auprès des producteurs affirme le président de l’UPA de la Côte-de-Beaupré, Réjean Morency. «Ce qu’on veut, c’est un engagement clair que la gestion de l’offre ne bougera pas», dit-il. Une manifestation s’est tenue en Beauce devant les bureaux du ministre Maxime Bernier pour défendre cette cause. Les frères Turcotte étaient présents, tout comme une dizaine de producteurs du secteur.

La semaine prochaine, découvrez les avantages et les défis de la production agricole au Québec.

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