L'Autre Voix
11:20 18 août 2021 | mise à jour le: 10 septembre 2021 à 11:23 Temps de lecture: 4 minutes

La Côte, riche en histoire

La Côte, riche en histoire
Photo: /Photo gracieusetéLa Côte-de-Beaupré avec ses terres fertiles, a été le grenier alimentaire de la région à travers les époques.

Archéologie. Endroit de prédilection pour le passage et la pêche à l’anguille pour les Iroquoïens, la Côte-de-Beaupré recèle des trésors archéologiques dans trois sites principaux : le site de la Grande ferme, la Petite-Ferme du cap Tourmente et le site d’Aux Trois Couvents qui a été fouillé en 2010. Marie-Michelle Dionne, archéologue spécialiste et administratrice du conseil d’administration de Gaia, coopérative de travail en archéologie ainsi que vice-présidente du conseil d’administration de l’éthique et aux standards de l’Association des Archéologues du Québec, a participé à ces fouilles.

«C’est moins évident de le visualiser maintenant à cause du remblayage qui été fait pour construire la route actuelle et le chemin de fer, mais la berge du fleuve était à l’époque plus près de l’emplacement d’Aux Trois Couvents. Cet endroit était un lieu de pêche avant de devenir une communauté rurale bien organisée. Il y a eu à la période de la Nouvelle-France, un premier village, et la période du moulin d’Aux Trois Couvents, ensuite d’autres communautés religieuses et laïques s’y sont succédées. C’est donc un point central de l’histoire de la Côte-de-Beaupré. On y a retrouvé des vestiges de la séquence chrono culturelle fascinants pour un site de petite envergure comme celui-là», explique-t-elle.

Lors des fouilles de 2010, l’objectif était surtout d’explorer l’arrière du Couvent, où l’on retrouvait les vestiges d’une latrine. «Sa présence était connue, elle était sur les plans. On ne savait pas trop par contre quelle était l’ampleur de la structure sous-jacente. La maçonnerie était très imposante pour une latrine du début 19eme siècle, ce qui révélait à quel point les religieuses étaient au fait des plus récentes avancées en termes d’hygiène. Avant de savoir que les bactéries se propageaient par les eaux, leur soucis était d’enfermer les bactéries dans l’air, raison pour laquelle les murs étaient aussi épais», explique l’archéologue.

Parmi les artefacts retrouvés alors, elle nomme: des morceaux de céramique autochtones, un outil en pierre de style grattoir et un os de phoque. «Ce qui était assez particulier parce que cela contrastait avec les restes de boucherie habituels retrouvés en fouillant les dépendances, telles des restes de bœuf, de mouton et de cochon. Le phoque, une viande sauvage, était une preuve que le site avait été exploité par les autochtones avant l’arrivée des Européens.»

Avant le chemin de fer, le fleuve montait plus haut. Le ruissèlement de la falaise devant le Couvent amenait naturellement les résidus vers le fleuve. «C’était une sorte d’égout naturel qui utilisait la topographie des lieux. Mais avec l’arrivée du chemin de fer, il y a eu des reflux et des infiltrations d’eau dans le Couvent. Selon les archives tout le monde était malade, il y a eu des cas de dysenterie et des décès. En explorant la latrine on a compris ce qui s’était passé. C’est ce qui est passionnant dans le métier d’archéologue:  faire le lien entre les sources écrites et ce qu’on trouve dans le sol.»

Exposition archéologique: Fenêtre sur notre passé

Aux Trois Couvents, situé à Château-Richer, présentait récemment une toute nouvelle exposition sur le métier d’archéologue qui présente le patrimoine archéologique de trois sites de la Côte-de-Beaupré. Intitulée Fenêtre sur notre passé, l’exposition sera accessible au grand public jusqu’au 30 avril 2022.

Cette exposition temporaire centrée sur l’archéologie a pour but de montrer en primeur des vestiges archéologiques de plusieurs sites de la Côte-de-Beaupré. Elle a été réalisée en collaboration avec le Laboratoire Archéologique du Québec, Gaia, coopérative de travail en archéologie, l’Association des Archéologues du Québec, La Grande Ferme, site historique et le TNO de Sault-au-Cochon. De celle-ci, en découlera un tout nouvel atelier éducatif qui sera également offert aux écoles et aux visiteurs.

Institution muséale reconnue et soutenue par le ministère de la Culture et des Communications, Aux Trois Couvents est un lieu de diffusion régional qui cherche à faire connaître, mettre en valeur et promouvoir l’identité culturelle de la Côte-de-Beaupré.

 

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