L'Autre Voix
13:06 16 mars 2021 | mise à jour le: 12 mars 2021 à 11:50 temps de lecture: 5 minutes

Une piste de Crashed Ice à l’ile

Photo: COLIN ROUSSEAU PHOTOGRAPHELa vue de la piste est magnifique par beau temps. /Photo gracieuseté – Colin Rousseau Photographe
Photo: COLIN ROUSSEAU PHOTOGRAPHE/Photo gracieuseté – Colin Rousseau Photographe

Gabriel Renaud et son beau-frère, Luca Dallago, ne se sont pas laissé décourager par l’annulation cette année du défi Crashed Ice à cause de la pandémie. En effet, en quelques jours à peine, ils ont pu rassembler tout ce qu’il leur fallait pour construire leur propre anneau de glace pour pratiquer leur sport favori, à Saint-Pierre de l’ile d’Orléans.

Gabriel Renaud pratique ce sport particulier depuis six ans. Sur le circuit Crashed Ice il est top 30 au monde. «L’hiver, je suis toujours parti six à huit semaines pour des compétitions, raconte l’athlète de 28 ans. Ma sœur, Clémence Renaud, a travaillé au Crashed Ice à Québec en 2015 et c’est là qu’elle a rencontré l’Autrichien Luca Dallago qui est 3e au monde. Ils sont ensemble depuis ce temps. Avec la pandémie, ils n’ont pas pu se voir donc ils ont décidé d’aller se marier au Danemark et là il est ici depuis le mois de septembre.»

Luca Dallago fait actuellement des démarches pour obtenir un permis de travail, il apprend le français et finit ses cours à distance. Comme toute la famille travaille autour de lui et que le Crashed Ice est annulé, il a beaucoup de temps libre.

«C’est moi qui lui ai proposé de construire un anneau de pratique. J’ai donc fait un appel sur Facebook et c’est comme ça que j’ai rapidement trouvé François Boily qui nous a offert d’utiliser son terrain à Saint-Pierre, avec vue sur le fleuve.»

Dès l’idée lancée, le projet s’est réalisé très vite. «On a impliqué un autre athlète de Québec, Steven Cox, qui lui est 13e au monde. C’est un gars de free-style et de ski, qui a travaillé avec Gestev et Vélosolutions, donc il a beaucoup d’expérience pour bâtir ce type de piste. Ça été lui notre chef pour la construction», ajoute Gabriel Renaud.

«On s’entraine tous les jours en fin de journée depuis qu’on a la piste. Il faut en profiter pendant qu’il fait froid parce qu’on ne veut pas briser notre glace, c’est beaucoup d’entretien, et c’est difficile à arroser. On va devoir la laisser aller dès qu’il va pleuvoir ou faire près ou au-dessus de zéro.»

-Gabriel Renaud

Beaucoup d’aide

Pour faire une piste de patinage en pente, ça prend de l’eau, beaucoup d’eau. Groupe Lambert a donc prêté une pompe pour tirer l’eau du lac, qui est situé au centre de la piste. Un autre bon samaritain, Pavage F&F, a fourni une grosse lumière pour l’éclairage de soir. «Plein de monde a mis la main à la pâte pour permettre ce projet. On a décidé de la faire le 10 février et en cinq jours on a tout trouvé. Ensuite, ça a pris cinq jours de construction. Cette année c’était un pilote, une bulle qui nous est passée par la tête. Quand j’ai mis ce post-là sur la communauté des insulaires, pour voir si quelqu’un nous offrirait un terrain, je pensais que ça n’arriverait jamais. Mais on a eu plein de signaux qui nous ont dit qu’il fallait aller de l’avant. Steven était comme par hasard à Québec. Tout le monde embarquait facile. Ça été super motivant», exprime l’athlète enthousiaste.

Ce projet inattendu a permis aux trois athlètes de ne pas se laisser abattre par la situation de la Covid et de à pratiquer un sport où il est plutôt difficile de s’entrainer. «Il faut vraiment être créatif dans notre entrainement en faisant du ski, du patin, des sports d’équilibre, parce qu’on n’a pas de piste d’entrainement. Tu arrives à une course n’importe où dans le monde et tu es direct dans l’action avec seulement la possibilité de faire quelques descentes d’entrainement et les qualifications. Il y a très peu de temps de pratique, c’est un gros challenge. On en parlait justement avec les deux autres et on se disait comment on s’est améliorés sur plein de points techniques en se pratiquant sur notre piste.»

L’an prochain, les gars ont l’intention de s’y prendre plus tôt en saison et de créer un genre de centre d’entrainement. Pour ce faire, la piste qui a actuellement 200 mètres et permet une descente de 16 secondes serait doublée à 400 mètres, avec des défis plus techniques. «Tourisme ile d’Orléans nous a même approchés, mais nous sommes limités parce que c’est un terrain privé.»  Qui sait où cette brillante idée pourra les mener.

 

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