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09:39 12 novembre 2020 | mise à jour le: 12 novembre 2020 à 12:17 temps de lecture: 4 minutes

La douleur de laisser partir son cheval

La douleur de laisser partir son cheval
La nouvelle jument de Renée-Claude, Rosy. (Photo Métro Média – Julie Rose Vézina)

Témoignage. Renée-Claude Laperrière est encore bouleversée par le décès récent de Jessy, sa première jument achetée au mois de mars dernier, juste avant la COVID. «J’ai de bons souvenirs, j’ai appris à jouer au ballon avec elle, entre autres, mais ç’a été de courte durée», commente-t-elle, la gorge nouée.

C’est après un cours d’équitation le 12 mai que Renée-Claude s’assoit et enroule la laisse de Jessy sur sa chaise de métal. Un coup de vent épeure la bête qui relève brusquement la tête et part au galop. Renée-Claude est projetée à terre. Malheureusement, la laisse reste prise dans la chaise qui, au cours de la course de l’animal, lui frappe à plusieurs reprises le derrière des pattes. Au retour de sa course folle, la jument boite. La blessure à la patte gauche est profonde.

Au bout de bien des soins faits à l’écurie et des antibiotiques, l’infection réapparait. Le verdict tombe: la seule solution c’est l’hôpital vétérinaire de Saint-Hyacinthe et les frais seront de 7000$ à 8000$. «Je n’étais pas prête à la laisser partir», résume-t-elle en pleurant.

Renée-Claude instaure un Go Fund Me sauf qu’il est impossible d’attendre cet argent pour faire soigner la jument. Jessy se fait opérer le 13 juillet. Elle a une infection à l’os. Une grosse opération l’attend car il faudra enlever une partie du jarret. La jument a beaucoup de difficultés à se remettre de l’opération et, le 28 juillet, le vétérinaire annonce qu’il faut opérer de nouveau. «C’est le choc, on est rendus à 9200$ de facture déjà et je ne peux même pas voir mon cheval à cause de la COVID.»

Il faut prendre une décision rapidement parce que la jument souffre. «J’étais découragée, mais ma mère m’offre de payer la seconde opération.» Celle-ci se déroule bien et la jument est debout en 24h, elle recommence à manger. Pourtant, quelques jours plus tard, elle recommence à boiter.

«Le suivi de l’hôpital a été formidable!»

Renée-Claude Laperrière

Deuil

La jument est très mal en point. Renée-Claude demande à la voir une dernière fois. «J’ai pris la décision de la laisser partir. J’ai assisté à l’euthanasie. L’équipe était fantastique. Je suis revenue avec une crinière et un bout de queue.»

Renée-Claude fait habituellement incinérer ses animaux, mais pas cette fois. Cela aurait coûté plus de 2000$. La facture totale s’élève à 13 728$.

Renée-Claude s’attend à faire un deuil aussi long que pour un être humain. «En plus j’ai des dates qui vont me rester en tête à vie. Son opération a eu lieu le jour de ma fête. Et elle a été euthanasiée le même jour que mon père est décédé. »

Pour s’aider dans son deuil, la femme s’est déjà acheté un nouveau cheval. «Quand Jessy est partie, je lui ai demandé de m’envoyer une autre jument. J’ai raconté l’histoire de ma jument sur Kijiji et j’ai expliqué que je n’avais plus les moyens d’avoir un cheval. Et un homme m’a écrit pour me faire un vrai deal pour deux juments et un poulain. J’en avais besoin pour m’aider dans mon deuil. Si je n’avais pas eu ça, je n’aurais pas été capable de fonctionner», explique Renée-Claude qui a vécu beaucoup de culpabilité en lien avec l’accident dû en partie à son manque d’expérience.

À Lire samedi : La thérapie par le cheval

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