L'Autre Voix
09:15 13 novembre 2020 | mise à jour le: 16 novembre 2020 à 11:26 temps de lecture: 6 minutes

Deux policiers sauvent une vie

Deux policiers sauvent une vie
Les agents Gingras et Saint-Amant sont dans la police depuis 10 et 5 ans respectivement. (Photo gracieuseté)

Fait vécu. Il y a des moments dans la vie où l’on se trouve au bon endroit au bon moment. C’est ce qui est arrivé aux agents Martin Gingras et Kelley Saint-Amant du Centre de services de Sainte-Anne-de-Beaupré   qui ont pu sauver la vie de Dominique Godin en septembre dernier.

Le samedi 12 septembre vers 17h30, les deux agents font une intervention dans les environs de L’Ange-Gardien. Ils sont dans un dépanneur depuis à peine 30 secondes quand un homme arrive en VTT dans le stationnement du commerce et leur fait de grands signes pour les interpeller.

«On sort du dépanneur et il dit très vite: « Il y a un gars qui fait une crise de cœur dans le sentier ici à côté!” Tout de suite, je prends le défibrillateur dans notre véhicule et je monte sur le VTT du monsieur pendant que l’agent Saint-Amant se rend à pied directement», explique l’agent Gingras.

L’homme n’est pas bien loin dans le sentier. À l’arrivée des policiers il est affaissé sur le dos et il reçoit un massage cardiaque par une dame alors qu’une autre est en pleurs à leurs côtés. «On s’est approchés. Il ne présentait plus aucuns signes vitaux. Pas de pouls, pas de respiration. Il dégageait une sorte de râlement. Il commençait à avoir les lèvres, le côté droit du visage, l’oreille et la joue bleus,» poursuit l’agent Gingras.

L’état de Dominique Godin est clairement très grave. L’agent Saint-Amant soulève le t-shirt de l’homme et installe le défibrillateur. «C’est comme des patchs collantes qu’il faut mettre de chaque côté du cœur. L’appareil analyse et détecte si le cœur a de l’activité et s’il faut envoyer une décharge ou pas», enchaine l’agent Saint-Amant.

Comme une fois l’appareil installé ce dernier a besoin d’un certain temps pour faire son analyse, les policiers ne perdent pas de temps et débutent le massage cardiaque. Ce n’est pas temps de se soucier des rapprochements et de la Covid-19. «Je suis dans la police pour sauver des vies, affirme sans hésiter l’agent Gingras. Est-ce que je suis prêt à me contaminer pour sauver une vie? La réponse est oui! Sauver une vie c’est une priorité totale et absolue.»

L’appareil fait sa première analyse et recommande un choc. Il faut reculer et laisser de l’espace autour du patient. L’agent Gingras administre un premier choc. «Il n’y avait aucuns signes vitaux après le premier choc. C’est quand même assez rare que l’appareil nous recommande de faire des chocs. Depuis 10 ans que je suis dans la police c’était la première fois que ça m’arrivait», renchérit l’agent Gingras.

Selon la formation reçue dans la police, le cœur fébrile pendant 8 minutes après un arrêt cardiaque, donc il faut administrer le choc dans ce laps de temps pour qu’il y ait une chance de repartir le coeur. «On était vraiment dans la bonne période de temps pour le sauver. Les astres étaient alignés, on était juste à côté!»

«L’appareil a fait une deuxième analyse et a encore recommandé un choc. À partir de ce moment-là, le pouls est revenu. C’est comme si on avait reparti le cœur. On a continué à masser un peu et on l’a vu revenir à la vie. Il a recommencé à respirer par lui-même, alors on a arrêté les manœuvres», raconte l’agent Saint-Amant.

Les ambulanciers sont arrivés et à partir du moment où ils l’ont mis sur la civière, il a commencé à marmonner et à reprendre connaissance graduellement. Un moment dont ne se souvient pas la victime.

(Photo gracieuseté)

«Je n’ai rien vu venir! »

«C’était une petite promenade de quatre roues de samedi après-midi avec mes amis. On s’est arrêtés pour jaser et j’ai perdu conscience d’un coup. Je n’ai rien vu aller, rien senti. Mais après j’ai eu mal aux côtes pendant un mois à cause des massages cardiaques que mon amie et les policiers m’ont faits. Ç’a été pire pour mes côtes que pour tout le reste. C’est un petit caillot qui a monté au cœur d’un coup il parait. Ils m’ont gardé une semaine à l’hôpital, mais je suis revenu comme avant. J’ai recommencé à travailler. Je n’ai juste pas le droit de conduire pendant quelque temps selon les normes de l’hôpital.

On pense que ça arrive aux gens qui ne sont pas en forme, qui font du cholestérol, mais non, moi je suis agent laitier je marche et je bouge tout le temps. Ç’a été plus difficile pour mes amis, eux ils ont paniqué, ils pleuraient, ils criaient. L’une des filles qui était avec moi je l’avais sauvée il y a quelques années quand elle s’était étouffée. C’est comme si on s’était redonné la vie l’un à l’autre. C’est bien pratique d’avoir des bases en secourisme. Les policiers qui m’ont sauvé m’ont appelé une semaine après. Je n’avais pas peur de mourir, mais je suis bien content d’être en vie!»

-Dominique Godin

«C’est une belle intervention et on est content de l’avoir ramené. Ce n’est pas la première fois qu’on fait les manœuvres, mais c’est la première fois que les astres étaient alignés. Devoir sortir le défibrillateur ça arrive souvent, mais c’est rare que l’on sauve carrément une vie. C’est un sentiment spécial!»

Les agents de police Martin Gingras et Kelley Saint-Amant

 

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