Rouge et Or
15:08 12 mars 2020 | mise à jour le: 13 mars 2020 à 12:44

Le bureau à souvenirs de Pascal Clément

Le bureau à souvenirs de Pascal Clément
Le bureau de Pascal Clément est un véritable musée à souvenirs. (Photo Métro Média – Jean Carrier)

VOLLEYBALL. Le mot légende est souvent galvaudé dans le giron sportif. Cependant, il est difficile de ne pas apposer cette étiquette à l’entraîneur de volleyball masculin du Rouge et Or, Pascal Clément, qui tire sa révérence à la tête du programme de l’Université Laval. Les chiffres sont simplement hallucinants avec 23 championnats du RSEQ en 28 essais dont une séquence de 12 saisons consécutives comme champions. Il a ajouté neuf médailles lors des Championnats canadiens universitaires avec cinq finales et deux titres canadiens. Il a été élu l’entraîneur de l’année de la conférence RSEQ à 17 reprises en plus de l’être à trois reprises sur la scène nationale. Au lendemain d’une défaite cuisante face aux Carabins de l’Université de Montréal en finale provinciale, le pilote lavallois a accepté de nous livrer ses souvenirs dans un entretien émotif qui l’a forcé à revivre les nombreuses sensations fortes de sa carrière et également les quelques défaites difficiles de son palmarès dans le franc-parler qu’on lui connaît bien.

La formation championne de 1994. (Photo gracieuseté Rouge et Or)

Ses meilleures équipes

Un championnat national à sa deuxième saison (1994): «J’ai tout appris avec eux comme coach. J’ai appris à gagner avec eux, mais j’ai aussi appris à me casser la gueule avec eux. À ma première saison, nous n’avions même pas réussi à nous classer pour le Championnat canadien. L’année suivante avec pratiquement le même groupe nous avons tout gagné. Un cycle de trois ans mémorables avec cette formation où on a gagné trois médailles canadiennes consécutives (or, argent, bronze).»

Un championnat à domicile (2013): «Un groupe qui a vécu de l’adversité comme ce n’est pas possible. Une équipe qui a perdu la finale canadienne l’année précédente en 2012. Beaucoup de blessures, je me souviens de Tommy Bélisle qui a joué avec des chevilles en carton et un triceps déchiré. Nos grands-parents parlent souvent des gens qui ont fait la guerre comme des personnes très dures, mais je peux t’affirmer que Bélisle est de cette trempe. Pour gagner un Championnat national, ça prend un talent athlétique, mais également la résilience qui est un talent mental indéniable.  De gagner ça à la maison dans notre gymnase, avec une ambiance de feu, c’est le summum dans une carrière.»

La formation championne de 2013 après son triomphe face à McMaster. (Photo gracieuseté Rouge et Or – Yan Doublet)

Les équipes qui ont passé proche (2019, 2012, 2009, 2001, 1999, 1996, 1995): «La formation de l’année dernière (2019) parce que cela a été un vrai beau championnat spectacle à la maison. Je pense également à l’édition de 2009. Un autre groupe de joueurs qui va me faire brailler quand j’y repense. Les finissants de cette édition n’avaient jamais traversé le premier tour au canadien. Nous avions joué la finale contre l’Alberta dans leur gymnase après notre victoire incroyable en demi-finale contre McMaster. L’annonceur maison avait fait son introduction comme dans les films en mentionnant que les deux équipes avaient des fiches parfaites et que malheureusement il y en a une qui devrait perdre. J’en ai encore des frissons. Je veux également parler du groupe de 1999 et 2001 lorsqu’on a eu le Championnat canadien pendant trois ans consécutifs dans notre gymnase. C’est tellement passé proche avec les deux équipes. Nous étions un peu une surprise en 1999, mais la formation de 2001 a tout donné et de perdre en cinq sets en finale à la maison, cela a été crève-cœur. J’étais en larmes après la rencontre.»

Ses meilleurs joueurs

Selon Pascal Clément, Michel Cazes a déjà offert une outarde à un professeur pour espérer avoir une gratification académique. L’histoire ne dit pas si le stratagème a réussi. (Photo gracieuseté Rouge et Or)

Michel Cazes: «Il a remporté trois médailles d’or au Championnat canadien et il m’a dit que son seul regret de son passage universitaire est ne pas en avoir remporté cinq. Ça résume bien l’athlète. C’est le compétiteur ultime! Ses qualités mentales dépassaient largement ses qualités physiques qui étaient déjà très bonnes. On ne s’ennuyait pas avec Michel, c’était un leader original et unique. Il a raté une semaine d’entraînement parce qu’il a été à la chasse en me faisant croire qu’il avait un stage en géographie. Je l’ai appris à la fin de la saison! Comme il nous avait fait gagner le tournoi final et il avait été élu le joueur par excellence du Championnat canadien, je ne lui en ai pas tenu rigueur.»

Ses passeurs: «Mes passeurs auront toujours une place particulière pour moi. On bâtit l’équipe autour d’eux un peu comme le quart-arrière au football. Ils sont souvent les capitaines de la formation. Quand j’ai fêté mes 25 ans de carrière, j’ai seulement invité les passeurs chez moi. Frédéric Bolduc (2017), Ethan Allison (2018), Francis Morin (94), Olivier Faucher (2009), Justin Boudreault (2013), Jérôme Leclerc (2001), Gabriel Giguère (2000) et plusieurs autres.»

Ses pointeurs: «Les gars qui ont marqué des points. C’est important d’avoir des gars qui finissent les échanges. Je pense à Vicente Ignacio Parraguirre Villalobos (2019), Karl De Grandpré (2012), Éric Lebreton (2001), Tommy Bélisle (2013), Jérémie Lortie (2013) et plusieurs autres.

 

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