Communaute
09:02 9 avril 2021 | mise à jour le: 9 avril 2021 à 13:51 temps de lecture: 4 minutes

Physiothérapeute prisonnière de la maison

Physiothérapeute prisonnière de la maison
Isabelle Grenier a mentionné qu’elle a trouvé une place à Stoneham et Sainte-Brigitte-de-Laval durant ses recherches, mais que c’était simplement trop loin pour accepter. Photo gracieuseté

Témoignage. Isabelle Grenier a 35 ans et représente très bien l’image de la femme moderne. Femme active, la physiothérapeute n’a jamais eu l’intention de rester à la maison une fois son congé de maternité terminé. C’est pourtant le sort qui lui est réservé depuis bientôt deux ans alors qu’elle est incapable de trouver une place en garderie pour ses deux jeunes enfants.   

La physiothérapeute confirme qu’elle a ressenti beaucoup de compétition à travers ses recherches comme s’il fallait donner le CV de son enfant. Photo gracieuseté

«C’est un problème réel. Je n’aurais jamais pensé qu’au départ cela devienne aussi difficile de trouver une garderie pour mes enfants et ce n’est pas que je n’ai pas essayé», mentionne celle qui fait partie du mouvement social Ma place au travail qui a comme mission de répondre à la pénurie des places en garderie au Québec.

Selon l’organisme, il y a 51 000 enfants dans la province qui n’ont pas de place actuellement en garderie. La pandémie accentue le problème alors que 1500 milieux familiaux ont fermé leurs portes. Les mesures du gouvernement afin de créer entre 5000 et 7000 nouvelles places sont jugées insuffisantes par l’organisme qui qualifie la situation de critique.

Processus frustrant

L’épopée d’Isabelle Grenier commence en 2018 alors qu’elle apprend qu’elle est enceinte. Elle ne perd pas de temps et s’inscrit immédiatement au guichet d’accès aux places en services de garde La Place 0-5.

«Tu t’inscris et tu vois que ton nom va sur une liste d’attente. De façon un peu candide, tu appelles dans les centres de la petite enfance (CPE), tu reviens rapidement sur terre quand tu te fais dire d’oublier ça immédiatement. Tu essaies par la suite les garderies subventionnées et les milieux familiaux, mais tu t’aperçois que tu n’as pas plus de chance.»

C’est en avril 2019 que la jeune mère accouche de son premier enfant toujours sans aune place en garderie. «Au début, tu te dis que ce n’est pas grave et que tu vas sûrement trouver quelque chose. Puis, les semaines passent et toujours rien. Tu continues à passer des coups de fil et d’envoyer des demandes, mais c’est peine perdue. Je recevais au moins trois ou quatre refus par semaine, c’est très frustrant! Pendant ce temps, il y a un stress financier qui s’installe. Il y a seulement un salaire qui rentre à la maison.»

Pour passer à travers cette difficile période, la famille a été obligée de serrer la ceinture. Photo gracieuseté

 

Au-delà de l’argent

La nouvelle mère de famille tombe enceinte à nouveau en mai 2020. Il faut maintenant trouver deux places en garderie avant de retourner sur le marché du travail.

«Je veux préciser que j’adore mes deux enfants. J’aime mes cocos, mais j’aime également mon travail. Je m’accomplis à travers celui-ci. Les gens me manquent et je suis chanceuse parce que je vais encore avoir ma place avec mon employeur CISSS Chaudières-Appalaches, certaines personnes perdent carrément leurs emplois parce qu’ils n’ont pas de place en garderie. Ce qui est encore plus sarcastique, c’est qu’il manque de main d’œuvre dans mon domaine», précise la fière Lorettaine.

Finalement une place

Après avoir accouchée de son deuxième enfant en janvier 2021, ce n’est que très récemment que la mère de famille a trouvé un endroit pour sa progéniture. Elle a trouvé une place en septembre 2022.

«Ce que je me suis aperçue également à travers mes recherches, c’est qu’il faut connaître quelqu’un dans ce domaine. Cela facilite grandement le processus. Ce n’était pas le cas de mon conjoint et moi et cela a corsé les choses. Je pourrais continuer de chercher pour avoir une place avant septembre, mais j’en ai ras le bol. C’est du temps et du stress et je n’ai plus de force à consacrer à cela. C’est vraiment long et je préfère consacrer ce temps à mes enfants et ma famille», termine la physiothérapeute qui n’aura pas pratiqué sa profession pendant presque quatre ans lors de son retour en septembre prochain.

Isabelle Grenier qui pratique son métier. Photo gracieuseté

 

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